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Cela remonte à un 8 juin 2002, lorsque les Maliens ont été scandalisés de voir le président Alpha Oumar Konaré, en fin de mandat, s’attribuer lui-même une résidence d’ancien chef de l’Etat à Titibougou. Une pratique qui est loin d’être républicaine, courtoise et même réfléchie dans la mesure où un pays comme le Mali ne peut pas se payer le luxe de construire un «palais» pour tous ces anciens chefs de l’Etat, qui se sont pourtant enrichis irrégulièrement dans l’utilisation opaque de «fonds spéciaux» de la Présidence.

Cette pratique déplacée, que Dioncounda Traoré veut remettre, ne saurait engager l’Etat dans un cercle vicieux ; d’autant que le contexte actuel ne s’y prête pas à cause de l’état de dégradation du Palais de Koulouba, qui doit recevoir le nouveau président de la République. Qui n’a pas été surpris de voir le président Jacques Chirac, ne voulant pas habiter à Corrèze où il a une maison, se faire héberger par un ami à Paris.

Et tout près, au Sénégal voisin, cette pratique n’existe pas non plus.
Dioncounda Traoré doit nécessairement céder cette résidence qu’il occupe du fait de l’intérim qu’il assurait. Il doit quitter dans la mesure où l’Etat du Mali n’a pas de résidence pour le président élu et mieux il possède une résidence privée à Hamdallaye ACI 2000.
Ibrahim Boubacar Kéita n’ignore tout de même pas que les symboles de l’Etat pour un Président passent par l’occupation des bureaux de la Présidence, mais aussi celle d’une résidence d’Etat. Son nouveau statut de président de la République ne peut s’accommoder avec l’occupation de sa résidence privée sise à Sébénicoro, qui occasionnera des travaux de mise à niveau de confort avec des dépenses supplémentaires injustifiées.

Avec toute son expérience de la gestion de l’Etat et d’homme politique, IBK ne doit pas tomber dans un tel piège, car tous errements de sa part ne seront ni une erreur, ni une faute, mais un choix et seront exploités, sans état d’âme, par ses opposants. Dès lors on comprend cette assertion de ses détracteurs qui affirment qu’IBK pourrait décevoir au bout de trois mois.
A lui de prouver tout le contraire.

Amy SANOGO

L’Inter de Bamako du 2 Septembre 2013