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Après que la nouvelle ait pendant longtemps été murmurée et chuchotée dans les rues et les salons feutrés de Bamako, la candidature du docteur Cheick Modibo Diarra ne souffre plus aujourd’hui d’aucune ambiguïté. Et pour cause : après s’être maintes fois rébuffé et perdu en conjectures sur la question, en faisant même souvent sa profession de foi, le savant malien de la NASA semble finalement décidé à s’aligner sur la ligne de départ, pour l’élection présidentielle de 2012.

En effet, après moult hésitations, Cheick Modibo Diarra rechignerait aujourd’hui à l’idée de rester confiner entre les quatre murs de son bureau et à espérer que le “destin présidentiel” vienne l’y chercher. Ce qui paraîtrait utopique, comme en concluerait d’ailleurs n’importe quel savant de son rang.

D’où sa courageuse décision de descendre dans l’arène, ou du moins, dans les quartiers de Bamako, en vue de prendre le pouls des populations, sinon de prendre langue avec ces électeurs qui en 2012, seront appelés à trouver un successeur à ATT sur la colline de Koulouba.

Dans cet exercice pour le moins difficile et fastidieux, le docteur Cheick Modibo Diarra et son staff de campagne ne semblent guère avoir lésiné sur les moyens. En effet, chaque déplacement et chaque agenda a eu sa grosse dose de déploiement massif de “Sotramas” et autres mini-cars en vue de drainer le maximum de personnes vers les lieux de rencontres.

Ainsi, le mardi dernier, du côté de Banankabougou-Faladié, en Commune VI, nombreux sont les curieux qui, face à un déferlement aussi inhabituel de “Sotramas” dans les rues des quartiers, se demandaient de quoi retournait cette exceptionnelle mobilisation.

Aussi, sachant peut-être que le président ATT n’avait pourtant aucun homologue a recevoir en terre africaine du Mali, les plus inspirés n’ont guère hésité à s’enquérir auprès des gens qui convoyaient ces “Sotramas” habitués à tout sauf à effectué de telles parades dans les rues de la capitale.

“C’est Cheick Modibo Diarra, le grand savant de la NASA, retourné au pays pour participer à la construction nationale, qui doit rencontre la population”, s’entendaient-ils clamer à l’oreille, en guise de réponse à leurs questions. “Et où se tient la réunion ?”, demandaient-ils derechef. “Dans le grand espace jouxtant de peu le terminus de Banankabougou, en face de la Cour d’appel”, les renseignait-on.

Et voilà “l’enfant prodige” qui débarque sur le lieu dit et à l’heure indiquée, c’est-à-dire, aux environs de 16 heures 30 minutes, en compagnie d’une délégation forte d’une dizaine de membres. Le beau petit monde est aussitôt accueilli par des applaudissements nourris d’une assistance essentiellement composée de femmes. Mais l’on comprendra plus tard que c’est cette couche de la population bamakoise qui est spécifiquement ciblée.

N’oublions surtout pas que de par la NASA, M. Cheick Modibo Diarra est “Américain”, tout comme le président Barack Hussein Obama. Disons plutôt qu’il a même fait mieux que ce dernier qui n’a guère été sur la Lune, encore moins envoyé une sonde sur la planète Mars.

Quoi donc de plus normal pour lui, si l’homme de la NASA effectue une campagne “à l’américaine”, en ciblant surtout les femmes qui sont deux fois plus nombreuses que les hommes qui sont tous sous leur coupe, tout comme les enfants d’ailleurs, même ceux qui ont 18 ans révolus. Du reste, “qui est fou?”, comme se demandait l’autre. En effet, ne dit-on pas que “derrière chaque grand homme se trouve une grande dame“ ?.

C’est dire que le savant malien de la NASA a du flair, car celui qui contrôle les femmes contrôle tout. C’est pour cette raison peut-être qu’au menu des débats de cette campagne figuraient en bonne place les voies et moyens permettant aux femmes maliennes d’accéder à l’indépendance économique.


“Beaucoup de gens pensent que je suis en train de mener ces actions parce que je veux être président de la république”,
a déclaré le Dr. Cheick Modibo Diarra avant d’ajouter, comme pour le démentir : “Il n’y a rien de tel. Vous savez, j’ai constaté que les femmes maliennes ne font rien, en tout cas, pour la majorité d’entre elles. Ce qui ne fait que contribuer à rendre notre pays encore plus pauvre. Je dis que cela n’est pas normal, et qu’il faudrait faire tout pour renverser la tendance”. C’est du moins ce qui, selon le Dr. Cheick Modibo Diarra, explique toute sa démarche.

Néanmoins, il a été clair : “Ceux ou celles qui pensent qu’on va distribuer de l’argent aux femmes se trompent. Je suis décidé à vous aider ; mais il va falloir que vous vous aidiez d’abord” . Il invitera alors les femmes à s’organiser en associations, groupements, coopératives…, et à entreprendre des initiatives créatrices de revenus.

Cependant, il précisera que celles d’entre les femmes qui auront fait preuve d’engagement, et qui se seraient faites initiatrices de projets porteurs, pourront bénéficier de l’appui de Cheick Modibo Diarra.

Au-delà des mots, la vérité

Voilà, en tout cas, décrite une des activités de la nouvelle trouvaille du Dr. Cheick Modibo Diarra, c’est-à-dire sillonner les quartiers les rues, rencontrer les populations et échanger avec elles à propos de leur bien-être, et les encourager, sinon les galvaniser à devenir plus entreprenantes. Quoi donc de plus normal et de plus noble dans tout cela?

Mais le célèbre savant de la NASA a beau faire et dire, il ne pourra guère ôter de la tête des gens qu’en effectuant ces périples, il est bel et bien entré en campagne pour l’élection présidentielle de 2012. Et effectivement, il l’est ! Aussi, la question qui se pose à présent, c’est de savoir : sur quoi entend-il s’appuyer pour atteindre les “cimes” de Koulouba en 2012 ?

Cela est d’autant plus vrai que le MPR, un parti qu’on a toujours dit “héritier du général Moussa Traoré”, apparaît aujourd’hui comme une formation politique moins parlante et moins pesante sur l’échiquier politique malien.

Mais par ailleurs, de quel “miracle” pourrait donc user le représentant de “Microsoft-Afrique” pour ravir la vedette à un ADEMA-PASJ plus que jamais requinqué à bloc et déterminé à reprendre ce qu’il a perdu en 2002? Ou encore, à une URD dont le parrain et non moins fondateur, M. Soumaïla Cissé, pense que 2012 deviendra son heure “présidentielle” ?

Mais comme il été dit (sans preuve du reste) concernant ATT en 2002 et en 2007, peut-être bien que le Docteur Cheick Modibo Diarral possède déjà la “carte rose”, voire le satisfecit et l’aval de l’ADEMA-PASJ (qui sait?), un “sésame” bien prisé en tout cas, pour tous qui aspirent à “escalader la colline de Koulouba”. A l’exception, bien sûr, du parti de l’Union pour la république et la démocratie de Soumaïla Cissé.

Quoi qu’il en soit, et quoi qu’on en dise, c’est la suite des évènements nous en dira des nouvelles plus convaincantes.

Adama S. DIALLO

09 Juillet 2009.