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La salle de banquet du palais de Koulouba a vécu une bonne partie de la journée du vendredi au rythme d’un incessant ballet diplomatique. Le président de la République,
Amadou Toumani Touré recevait les lettres de créance de 9 nouveaux ambassadeurs concrétisant leur accréditation dans notre pays. Rarement autant de diplomates auront eu à présenter leurs lettres de créance le même jour.

vietnam.jpgC’est le nouvel ambassadeur de la République socialiste du Vietnam, Vu Van Du qui a ouvert cette longue cérémonie protocolaire. Le diplomate dont le pays entretient de vielles et solides relations de coopération avec le nôtre est né le 6 décembre 1947, à Bac Giang. Il est détenteur d’un diplôme en sciences sociales. Vu Van Du a désormais la lourde tâche d’intensifier davantage les relations diplomatiques et humaines entre le Mali et le Vietnam. Directeur de la Commission pour la relation internationale du comité central du Parti communiste du Vietnam, c’est en
1995 qu’il entamera véritablement sa carrière diplomatique quand il fût nommé premier conseiller à l’ambassade de son pays en République fédérale d’Allemagne. Il sera ensuite nommé en Algérie comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire.

Depuis vendredi dernier, il est officiellement agrée auprès de notre pays avec résidence à Alger.

UNE EXPERTISE AVÉRÉE :

Il existe plusieurs possibilités de coopération entre notre pays et le Vietnam dont la moindre n’est pas l’agriculture. Surtout le développement de la culture du riz, un domaine dans lequel l’expertise vietnamienne est avérée. Des experts vietnamiens travaillent d’ailleurs actuellement dans le cercle de Yélimané dans le cadre d’un projet de développement de la culture du riz auquel contribuent les ressortissants du cercle en France, la mairie de Montreuil dans la banlieue parisienne, la FAO et le gouvernement.

tchequie.jpgTitulaire d’un Ph D. du Centre des études diplomatiques et stratégiques de Paris, Milan Sarapatka, 52 ans, est le nouvel ambassadeur de la République tchèque au Mali. Sportif pluridisciplinaire (tennis, golf, natation, ski etc.) et homme de culture, cet ancien patron de l’entreprise Trident establishment, et chef la section importation de l’entreprise de commerce extérieur Transakta de Prague a été l’ambassadeur de son pays à
Djakarta. Il aura certainement à cœur de donner un contenu à la coopération entre les deux pays dont le dossier est aujourd’hui pratiquement vide.

thailande.jpgLe troisième ambassadeur à présenter ses lettres de créance a été Itti Ditbanjong du Royaume de Thaïlande.

Il résidera à Dakar d’où il s’emploiera à consolider les relations de coopération embryonnaires entre Bamako et Bangkok. Jusqu’à l’ouverture de l’ambassade du Mali à Djakarta en 1996, ces relations étaient limitées à des contacts diplomatiques. Il est important de signaler que notre consulat honoraire dans la capitale thaïlandaise est la plus ancienne mission consulaire du Mali en Asie du Sud-Est.

Il existe deux projets d’accord entre les deux pays : l’un porte sur la création de la Grande commission mixte de coopération et l’autre sur un accord de coopération économique et commerciale. Par ailleurs, en marge du sommet de la Francophonie à Ouagadougou en novembre 2004, les ministres des Affaires étrangères des deux pays signaient un traité sur le transfèrement des délinquants et sur la coopération en matière d’exécution des condamnations pénales. L’application de ce traité permettra à nos compatriotes incarcérés en Thaïlande de venir purger leur peine au pays. A ce propos signalons, que la communauté malienne qui était dans dans le temps importante en Thaïlande (800) s’est aujourd’hui réduite de moitié au profit de la Chine, le nouvel « Eldorado ».
La coopération entre les deux pays pourrait porter sur les domaines tels que l’agriculture, le textile, l’informatique, le tourisme et les échanges commerciaux.

D’IMPORTANTES POSSIBILITES :

coree.jpgA la suite de Itti Ditbanjong, le nouvel ambassadeur d’un autre pays asiatique a présenté ses lettres de créance : celui de la Corée du Sud, Donghwan Choï. Les relations entre notre pays et la Corée du Sud sont relativement récentes.

Depuis l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays en 1990, l’aide coréenne a essentiellement porté sur des dons de véhicules et d’équipements. Il existe pourtant d’importantes possibilités de coopération dans le cadre du programme d’aide au développement du gouvernement coréen.

L’organisme responsable de cette aide est la KOICA (Agence de coopération internationale de Corée). L’éventail des projets financés par la KOICA couvre les domaines les plus divers : agriculture, maîtrise de l’eau, transports, communication, industries, énergie etc.

Outre les possibilités offertes par la KOICA, il existe d’autres mécanismes d’aide comme le système de crédit à long terme du ministère des Finances et de la Banque Import-Export, la coopération agricole du ministère de l’Agriculture, la coopération commerciale à travers l’Association internationale du commerce de Corée et la Chambre de commerce et d’industrie de Corée. Il y a aussi le développement des petites et moyennes entreprises avec la Korea federation of business (Fédération des PME de Corée).

japon.jpgLe nouvel ambassadeur du Japon au Mali qui résidera à Dakar comme son prédécesseur et dont la juridiction couvre la Mauritanie, le Cap Vert, la Gambie et la Guinée Bissau, se nomme Takashi Saito. Âgé de 58 ans, le diplomate aura à cœur de contribuer au renforcement des liens d’amitié et de coopération qui se développent d’année en année entre les deux pays.

Les relations avec le Japon ont été établies d’abord dans le domaine commercial, notamment par le tout premier accord signé entre les deux pays, en septembre 1964 à Tokyo, pour aboutir vers la fin des années 1970 à un vaste programme de coopération économique essentiellement axé sur l’agriculture, les travaux publics, les transports, l’hydraulique villageoise, la recherche minière, la santé et l’éducation. L’intervention nipponne est essentiellement basée sur un programme d’aide non remboursable.

Parmi les projets financés par le Japon en cours d’exécution ou de démarrage, on peut citer entre autres, le Programme d’aide à l’augmentation de la production alimentaire KR II, le soutien à l’allégement de la dette, le projet de construction et d’équipement de l’institut de formation de maître de Kati, le projet d’approvisionnement en eau potable dans les régions de Kayes, Ségou et Mopti, le programme pilote de lutte contre la désertification dans la Région de Ségou, le projet de construction de ponts sur la Falémé et sur l’axe Kita-Saraya.

Mais l’une des interventions nipponnes les plus significatives reste le programme dit « don hors projets » qui se présente sous forme de crédit marchandises. Il s’agit de fonds mis à la disposition de notre pays pour l’achat de produits à l’extérieur devant être consommés sur le territoire national.

1,6 MILLIARD FCFA POUR LES LEGISLATIVES :

De 1989 à 2003, le Mali a bénéficié de 9 dons hors projets. Tout comme le KR II, le don hors projet se caractérise par la constitution de fonds de contrepartie utilisé pour le financement de projets destinés à améliorer les conditions de vie des populations.

Cette année, le Japon a autorisé le financement de deux projets sur fonds de contrepartie des dons hors projets pour plus de 2,8 milliards Fcfa. Il s’agit du Projet d’appui aux élections législatives dont le premier tour s’est déroulé hier (1,6 milliard Fcfa) et du projet de construction de 20 nouveaux CESCOM et de réhabilitation de 10 autres, pour plus de 1,2 milliard Fcfa.

Le gouvernement japonais a également autorisé 738 millions de Fcfa pour le financement du programme de développement de la pêche et la pisciculture dans la zone de l’Office de la haute vallée du Niger.

italie.jpgGiuseppe Calvetta représente désormais l’Italie dans notre pays. C’est à travers ce diplomate chevronné que l’Italie compte intensifier ses relations de coopération avec le Mali. Rome intervient essentiellement dans trois domaines : l’approvisionnement en eau potable, les infrastructures, la santé. Cette coopération était à ses débuts particulièrement axée sur le développement des infrastructures de communication et l’exploitation des ressources naturelles.

Aujourd’hui, la coopération italienne s’est aussi étendue au secteur agro-pastoral par le projet de développement agro-sylvo-pastoral financé sur le Fonds d’aide italienne en collaboration avec le FED.

Dans le secteur des infrastructures, on peut citer les routes Kayes-Kidira et Kayes-Nioro. L’Italie a contribué la construction de cette dernière en collaboration avec le FED. Il y a aussi le projet Mali-Nord-Est Haoussa, un projet de développement agro-sylvo-pastoral d’un montant de 8,4 milliards Fcfa conjointement financé par le FED et le gouvernement italien en 1988.

Le chef de la mission diplomatique de Rome au Mali, Giuseppe Calvetta est détenteur d’une maîtrise en Sciences politiques à l’université de Messine depuis 1968. Il a été notamment deuxième secrétaire d’ambassade à Brasilia (1973) et ensuite deuxième et premier secrétaire commercial à la Représentation de l’Italie auprès des organisations internationales à Genève en Suisse.

Il a aussi exercé les fonctions de premier conseiller à la représentation permanente d’Italie, auprès de l’Union européenne (1999), avant de devenir ministre plénipotentiaire, en 2003, rattaché au directeur des Affaires politiques multilatérales et aux droits de

l’Homme.

autriche.jpgGerhard Doujak, le nouvel ambassadeur de l’Autriche au Mali est titulaire d’un doctorat en droit de l’Université de Vienne et diplômé de l’Institut universitaire des hautes études internationales de Genève en Suisse. Le diplomate est aussi diplômé du cycle de formation post-gradué en relations internationales.

Après avoir travaillé au ministère fédéral des Affaires étrangères entre 1988 et 1990, il est secrétaire d’ambassade à la représentation diplomatique de l’Autriche à Paris entre 1990 et 94. De 1994 à 1997, il est ministre-conseiller à la Représentation permanente de son pays auprès des Nations unies à New York.

Chef de division pour le contrôle armements dans le cadre des Nations unies et de la conférence sur le désarmement au ministère fédéral des Affaires étrangères, il part ensuite en 2002 au Pérou où il reste ambassadeur de l’Autriche à Lima jusqu’en 2006.

UNE THÈSE SUR TOMBOUCTOU :

Les relations entre le Mali et le Portugal sont également embryonnaires et Antonio Montenegro qui représentera désormais Lisbonne au Mali, aura la tâche d’impulser un élan à cette coopération naissante. En effet, jusqu’à une date récente, le Portugal n’avait presque pas entretenu de relations de coopération avec le Mali.

L’accord cadre de coopération signé en septembre 1999 constitue le premier instrument juridique de la coopération entre les deux pays.

Pourtant, le Mali comme le Portugal présente des potentialités économiques autour desquelles pourraient s’articuler une coopération intense mutuellement avantageuse. Il s’agit pour notre pays du coton, du bétail, des fruits et légumes et des mines et pour le Portugal du tourisme, de l’agro-industrie, de la formation, des travaux publics. Déjà en 1997 et 1998, les exportations de coton égrené malien vers le Portugal avaient été respectivement de 5 413 et 7 224 tonnes.

On peut affirmer qu’en plus de la volonté du Portugal de faire une certaine ouverture vers d’autres pays africains non lusophones, la participation du Mali à l’Expo 98 a constitué un élément déterminant des fondements d’une coopération bilatérale.

Il y a eu ensuite la visite au Portugal de Alpha Oumar Konaré alors président de la République et celui du ministre des Affaire étrangères et de la coopération internationale, l’année dernière. Les échanges de délégation de haut niveau de part et d’autre constituent un indice éloquent pour le lancement de cette coopération.

roumani.jpgMme Simona Corlan Ioan est l’unique dame parmi les 9 ambassadeurs accrédités vendredi. Elle représentera la Roumanie un pays avec lequel le Mali a entretenu de solides relations de coopération dans le temps.

Plusieurs de nos cadres ont ainsi été formés en Roumanie. Dans le lot, on compte un nombre important de médecins militaires.

Détentrice d’un doctorat de la faculté d’histoire de l’université de Bucarest en 1998, Mme Simona Corlan Ioan possède également un DEA de l’École des hautes études en sciences sociales de Paris.

Elle a soutenu une thèse sur : « Tombouctou entre légende et réalité ». Experte scientifique et professeur de sciences politiques à l’Université de Bucarest depuis 2004, elle vient d’entamer par le Sénégal et le Mali une carrière de diplomate.

Une occasion idéale pour celle qui a fait plusieurs recherches sur les civilisations de l’Afrique noire, de vérifier dans la pratique ses multiples théories.

M. N. TRAORÉ- L’Essor

02 juillet 2007.