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Ce spécialiste de la restauration et promoteur du bistrot Bafing au Quartier du fleuve de Bamako était venu au salon pour y chercher du goût. Il est l’un des rares artistes culinaires venus explorer le potentiel alimentaire de cette foire.

Devant le stand de Mme Oumou Dembélé, transformatrice des produits agricoles à Ségou, il tient en main un sachet de viande séchée. « Voila ce qu’on doit faire dans ce genre d’activité« , nous lance-t-il quand on lui demande les raisons de sa visite au salon.

Pour Ibrahim Tounkara, un salon de l’agriculture doit inclure dans ses activités des séances de dégustation. Ce qui ne peut advenir sans faire appel aux professionnels de la restauration.

Cet oubli va, sans doute, influer sur le succès de l’événement. A moins qu’un stand face office de sauveur. Pourquoi pas celui de Oumou Dembélé, membre de l’Union régionale des transformateurs des produits agro-alimentaires (URTPA) ? Un stand qui propose une gamme très variée de produits transformés.

A partir de céréales diverses, cette ancienne animatrice du Fonds international pour le développement agricole (FIDA) produit de la crème de mil, du couscous, du fonio précuit, du « pop » de mil et de sorgho (graine salée, éclatée à la chaleur), du couscous de haricot, de la brisure de riz précuit, de la farine de mil et de maïs.

Elle propose également du « didégué » à base de farine de riz et d’arachide, du gingembre séché, des chips de coco, de l’oignon séché, des croquettes de sésame, de la mangue, papaye et ananas séchés.

Au rayon des boissons, elle fait fort aussi : sirop à base de miel, gingembre, tamarin, oseille de Guinée, balanitès égyptiaca (datte sauvage ou zèguènè en bamanan), kinkéliba, citronnelle et citron. Notre transformatrice excelle aussi dans les cosmétiques et fabrique des savons et des pommades à base de miel.

Tout ce travail de transformation est logé dans une petite unité que la dame Dembélé a installée dans sa maison familiale à Ségou, nous confie-t-elle. Elle est équipée de matériel simple de transformation comme des séchoirs en bois. Grâce à l’appui du Programme de compétitivité et de diversification agricole (PCDA), elle a acquis un appareil d’extraction de jus.

Aujourd’hui, malgré les efforts d’amélioration de la qualité de ses produits, Mme Dembélé ne tire pas grand profit de son activité. C’est un potentiel qui est peu exploré par les consommateurs, constate-t-elle. D’ailleurs, c’est grâce à des fonds récoltés auprès de bonnes volontés qu’elle a pu construire un kiosque métallique qui lui sert de boutique pour vendre ses produits, raconte-t-elle.

Pour sa première participation au Siagri, Mme Dembélé aimerait retourner à Ségou avec un carnet d’adresses bien rempli. C’est le préalable, est-elle convaincue, pour promouvoir son activité et faire découvrir ses produits, comme inscrit dans les objectifs du salon. « C’est la seule manière, à mon avis, de me faire connaître et de participer à l’essor économique de mon pays à travers l’agro-alimentaire », juge l’exposante.

« Si je dispose de moyens, je peux bien fournir le marché national et même réaliser une marge pour l’exportation », assure-t-elle.
Ces propos sont appuyés par Fatoumata Goïta de l’Office du périmètre irrigué de Baguinéda. L’Ong Tanima 2000 qui encadre les femmes de la zone d’intervention, est une habituée du Siagri.

Le stand de l’office sert de vitrine à la transformation des produits agricoles au salon.
Sur les étals qui encombrent l’entrée du stand sont exposés tous les fruits et légumes frais qu’on retrouve au Mali. Les mêmes produits sont transformés ou séchés. Les feuilles vertes des légumes sont asséchées et conservées dans des sachets en plastique pour la consommation.

Mais, la principale activité de l’office qui est la production céréalière est aussi diversifiée. Le projet Akadi, à travers l’intensification du périmètre irrigué de Baguinéda, promeut le développement des filières riz, maïs, sorgho et mil.

Il travaille à améliorer la productivité agricole, renforcer les compétences des producteurs, gérer les terres aménagées, organiser les producteurs en structures autogérées et améliorer l’accès des femmes au service de la vulgarisation.

Au Siagri, ce ne sont pas les produits et les initiatives qui manquent, mais plutôt, les visiteurs. La présence massive d’exposants et de produits contraste avec le peu d’affluence. Un des objectifs de base du salon n’est-il pas de faire découvrir notre savoir-faire national et international aux consommateurs ? Les exposants espéraient tous que le week-end gonflerait l’affluence.

C.A. DIA

28 Avril 2008