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Associations, société civile, regroupements politiques, organismes nationaux et internationaux, tous sont en train de contribuer à leur manière pour l’enrichissement du Forum National sur l’Education en vue de concocter quelque chose capable de donner un nouveau souffle au système éducatif malien au service du développement rapide et durable.

Pour sa part, l’UNESCO, Institution Internationale qui s’occupe de l’éducation vient de dévoiler son document, un apport qui permettra au Mali de définir notre système éducatif longtemps sécoué par l’incivisme des uns et l’insoucience des autres.

En effet, depuis le 23 juin 2008, le bureau de l’UNESCO de Bamako, le Réseau universitaire global pour les innovations dans l’enseignement supérieur et la commission nationale des universités du Nigeria ont conjointement organisé un atelier à Abuja au Nigeria.

Au cours de cet atelier, plus de 54 participants dont 8 par pays notamment les ministres de l’Enseignement, les Recteurs des universités et plusieurs autres acteurs et partenaires de l’école accompagnaient les délégations de l’UNESCO et de la Banque Mondaile.


Objectif

Cet atelier d’Abuja, il faut noter, avait regroupé les acteurs majeurs de l’enseignement supérieur du Mali, du Sénégal, de la Guinée, du Ghana, du Nigeria et du Cameroun.

Plusieurs objectifs étaient à rechercher lors de cette importante rencontre sous-régionale. Il s’agissait, dans un premier temps, de permettre aux participants de s’approprier individuellement et collectivement les différentes composantes de la politique éducative.

A travers l’échange d’expériences des pays représentés à cet atelier, les participants doivent pouvoir définir les stratégies nationales, sous-régionales, et régionales capables de permettre aux pays africains de tirer le maximum de bénéfices de cette politique.

Dans un second temps, il fallait définir les stratégies de diffusion de cette politique au niveau national jusqu’à l’échelle régionale et continentale.


Table ronde sur l’enseignement et la recherche scientifique au Mali

Dans le cadre de la préparation du débat national sur le système éducatif malien, notamment le forum, il a été proposé de profiter de la présence à Abuja des acteurs majeurs de l’enseignement supérieur de l’Afrique centrale et occidentale pour organiser le 24 juin 2008 une table ronde spéciale sur notre enseignement supérieur et la recherche scientifique.

En effet, l’objectif de cette table ronde est de permettre aux acteurs maliens de s’informer pleinement sur l’expérience des pays anglophones, en l’occurrence le Nigeria et le Ghana en plus du Cameroun dont les systèmes d’enseignement supérieur semblent réaliser les meilleurs résultats.

Quant à l’UNESCO, les leçons tirées de ces expériences devraient être utilisées dans le règlement de la crise actuelle et la revitalisation de l’enseignement supérieur au Mali.

Dans cette perspective, pour assurer un débat fructueux et un impact adéquat de ladite rencontre, il est proposé que les acteurs maliens préparent rapidement une liste exhaustive des questions à aborder pendant la table ronde.

Les stratégies de l’enseignement supérieur à mettre en place

En raison de son intérêt pour la compétition et la croissance, la Banque Mondiale, un partenaire financier privilégié, accorde une attention particulière au rôle du savoir et de la technologie pour le développement. Ainsi, elle entend élaborer des programmes de réforme qui pourront permettre aux pays africains de mettre sur pied des systèmes d’enseignement supérieur afin de faire face aux défis auxquels ils sont et seront confrontés.

Il s’agit également de continuer à défendre l’importance des enseignements primaire et secondaire qui conditionnent l’ensemble de la productivité de la main-d’oeuvre et constituent le point de départ d’un enseignement supérieur de qualité.

L’UNESCO estime que cette étude de la Banque Mondiale est consacrée uniquement au secteur de l’enseignement supérieur, complétant ainsi d’autres rapports de la Banque Mondiale qui analysent les autres composantes du système éducatif.

Fonder davantage le développement sur le savoir ne représente pas une option pour de nombreux pays africains. Pourtant, selon l’UNESCO, c’est la seule voie susceptible de les mener vers un développement durable et tourné vers l’extérieur. Certes, la demande sociale et politique entraîne une augmentation des taux d’inscription dans les universités publiques.

Cette forte demande telle que celle observée au cours des dernières années a détérioré la qualité et tend à saper la contribution de l’enseignement supérieur à la croissance. Par conséquent, il est fort possible que les universités privées et les campus non résidentiels puissent offrir d’autres alternatives financièrement viables en vue d’une expansion de l’offre.

Tandis que les institutions publiques traversent une période de consolidation marquée par le renforcement de la qualité, la stimulation de la recherche et la consolidation des programmes d’études supérieures.


L’importance de l’enseignement supérieur et de sa qualité

Selon l’UNESCO, il existe au moins quatre raisons permettant de justifier que la priorité soit accordée à la qualité plus qu’à la quantité au niveau supérieur. C’est dommage que ces deux types observations mentionnées font défaut à tous les niveaux d’enseignement au Mali.

En effet, la qualité accroît considérablement l’effet des dépenses en matière d’éducation sur les résultats économiques, la qualité étant intimement liée à la croissance. Aussi, il va sans dire que des travailleurs ayant un niveau d’éducation plus élevé et disposant d’aptitudes techniques et de communication et d’un esprit d’équipe sont plus aptes à assimiler une technique.

Ceci permettra d’aller au-delà des frontières du savoir, de travailler en groupe et de prendre des décisions efficaces. Troisièmement, les institutions d’enseignement supérieur disposeront de ressources nécessaires pour assurer une éducation de qualité et mener des recherches appropriées fondamentales et appliquées.

Enfin, la réalisation de deux types de conditions sont nécessaires : l’une vise à déterminer les limites de l’offre, la qualité et la diffusion du savoir au sein de l’enseignement supérieur et l’autre se rapporte à la demande de qualification et à la trajectoire à suivre vers un environnement du savoir.

Selon l’UNESCO, pour remplir les conditions sur le plan de l’offre, le gouvernement doit poursuivre six objectifs. On peut mentionner entre autres le renforcement de la gouvernance et l’autonomie des institutions d’enseignement supérieur et l’émulation de la concurrence entre elles au plan national et même régional.

Il faut aussi encourager la diversification et le brassage des institutions privées, publiques et spécialisées, soumettre toutes les institutions de l’enseignement supérieur à des conditions d’accréditation basée sur la qualité, assurer une supervision et une évaluation des performances.

Faire en sorte que les réformes dont l’introduction sera coûteuse et nécessitera des années à porter ses fruits, soient constamment soutenues par des fonds prélevées sur le Budget de l’Etat.

Toutefois, les financements publics, à eux seuls, ne sont pas suffisants et doivent s’accompagner par les frais de scolarité, les subventions, les contrats, les dons. En d’autres termes, un plan de financement global et stable comprenant des mesures strictes d’incitation à la vraie réforme d’après l’UNESCO, a toujours été la meilleure solution pour transformer un système d’enseignement supérieur.

La leçon à tirer par le comité préparatoire du forum

On ne saurait boucler ce chapitre notamment ce diagnostic de l’UNESCO sur le système de l’enseignement supérieur sans noter que le comité préparatoire du forum sur l’éducation doit tirer beaucoup profit de cette analyse.

Espérons que la commission enseignement supérieur et recherche scientifique dirigée par le Professeur Diola Bagayogo fera bon usage de cet apport pour la réforme du système éducatif malien en général, de l’enseignement supérieur en particulier afin de répondre aux attentes.

Hady BARRY

21 Août 2008