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Après une série de pré-consultation avec les organisations de la Société civile et les membres de la Commission Dialogue et Réconciliation, le Ministère de la Justice, à travers son Programme conjoint des Nations unies d’appui à la promotion des droits de l’Homme (PDH), vient de tenir sa troisième activité pour les travaux préparatoires du colloque. Ainsi, mardi 11 juin 2013, a lieu au Cicb une Journée d’information et d’échanges avec les acteurs de la chaine pénale sur le lien entre la justice transitionnelle et la justice institutionnelle.
L’atelier a été une opportunité d’apprentissage du concept de justice institutionnelle notamment pour les officiers de la police nationale, de la gendarmerie nationale et de l’administration pénitentiaire.

A travers ces activités, les organisateurs entendent mieux outiller les acteurs clés de la nation pour une meilleure participation au Colloque sur la justice transitionnelle qui aura lieu les 17-18-19 juin prochains. Pour eux, il est d’abord utile d’asseoir les véritables bases avant d’enclencher le processus de réconciliation nationale dans le contexte actuel du pays.

Dans son mot de bienvenue, le Coordinateur adjoint-résident du Pnud, Maurice Dewolf, a affirmé que le colloque permettra un échange d’expériences avec d’autres pays puisqu’il n’y a pas une solution uniforme. «Le Mali devra d’abord définir sa propre marche à suivre dans ce domaine. Mais pouvoir prendre connaissance de ce que d’autres pays ont essayé, avec succès ou moins de succès, est un avantage considérable en ce moment pour le Mali», a-t-il dit.
Justice transitionnelle, qu’en est il exactement?

Durant les phases de transition politique qui suivent les périodes de violence ou de répression, les sociétés sont confrontées aux lourdes séquelles des violations massives des droits de l’homme commises dans le passé et cherchent à leur apporter des réponses à la fois judiciaires et non judiciaires. Ces réponses peuvent inclure des programmes de réparation au bénéfice des victimes, la mise en place de mécanismes pour la recherche de la vérité sur les abus, des poursuites judiciaires, la réforme d’institutions impliquées dans la répression. Pour une réconciliation nationale durable, les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) ont réadapté leurs interventions à la nouvelle réalité et tentent de redynamiser leurs efforts de coordination à travers divers Programmes et Projets, d’où le concept de justice transitionnelle.

La justice transitionnelle est communément définie comme un ensemble de mesures qui tente de répondre à une demande de justice après des situations de conflits et de violations massives des droits de l’Homme. Elle vise surtout à affronter le legs d’exactions graves en vue de prévenir une réémergence des conflits, d’éviter l’impunité et de soutenir le rétablissement de l’État de droit et la réconciliation nationale.

Par ailleurs, notons qu’après les trois activités préparatoires du Colloque national sur la Justice Transitionnelle, les acteurs clés de la société malienne sont désormais outillés pour réussir à créer un consensus sur ce qu’on entend par Justice transitionnelle, sur ce qu’elle peut apporter comme valeur ajoutée dans le contexte du Mali, et quelles seraient les importantes recommandations pour permettre d’aller vers une réconciliation nationale.

Ibrahim M.GUEYE

14 Juin 2013