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La classe politique s’apprête à se lancer dans la course des élections communales à un moment où les avis et positions sont partagés au sujet de la pertinence de la tenue de ce scrutin. Pourtant, le président de la République, à l’occasion de la clôture de la journée des communes, avait laissé entendre que ces élections se tiendront en Avril 2009.

Alors, pourquoi les uns et les autres ne parviennent-ils pas à raccorder leurs violons pour affronter cette épreuve? Les raisons sont nombreuses, même si on n’est jamais suffisamment prêt pour aller à une élection, quand on sait qu’en général ce sont les ressources financières qui font le plus défaut aux partis politiques pour mener des campagnes électorales conséquentes.


Les mêmes arguments aux mêmes élections

Aujourd’hui comme hier, au sein de la classe politique, il y a les mêmes arguments, les mêmes alibis relatifs à la non fiabilité du fichier électoral, à la révision imparfaite des listes électorales, à l’absence de garde fous nécessaires à la transparence et la crédibilité du scrutin.

Somme toute, les mêmes griefs formulés depuis les premières élections démocratiques au Mali. Cela nous amène à comprendre qu’il n’y aura jamais l’unanimité au sein de la classe politique autour des conditions d’organisation des élections au Mali.


Des mauvais perdants

C’est pourquoi, il y a toujours de mauvais perdants dans un contexte où les fraudeurs sont pratiquement de tous les bords politiques indépendamment de la volonté des leaders des partis.

Ce que l’on sait, c’est que chaque parti, au niveau de la base, mise sur les prouesses de cadres ou militants dans la fraude pour sortir vainqueur des compétitions électorales.

Si bien que parfois, on a l’impression que ce sont les voleurs qui crient au voleur! Alors, que faire? Il est difficile de réunir l’unanimité autour de la problématique de l’organisation des élections dans notre pays.

Des facteurs non négligeables

Pour des acteurs politiques, parlant des problèmes de l’organisation et du déroulement des élections, la ball est toujours dans le camp des autorités, notamment la CENI, la DGE et le ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales. En revanche, pour les acteurs politiques, tout le mal viendrait de la manière dont les structures en charge de l’organisation des élections opèrent.

D’ores et déjà, il y a un quiproquo entre les deux partis qui cache mal les véritables faiblesses constatées au cours des élections au Mali. Au nombre de ceux-ci, on peut noter les faiblesses inhérentes aux partis politiques eux mêmes. Cela se traduit notamment à travers les difficultés, sinon la négligence des leaders de partis par rapport à la formation des cadres et militants pour la supervision des élections.

Ces dernières années, l’IMD a beaucoup fait en terme d’appui aux partis dans le cadre de la formation tant en ce qui concerne la supervision sur le terrain, la gestion des partis au plan financier et administratif, mais aussi les astuces devant permettre aux représentants des partis de déjouer les cas de fraudes lors du déroulement des élections.

La confusion généralisée

Il apparaît que malgré ces efforts soutenus, les partis ont du mal à s’assumer pleinement, en particulier au niveau des bureaux de vote. Dans un tel contexte, les plaintes ne peuvent cesser. Mais à qui faut-il en vouloir?

Les représentants de la classe politique sont à présent dans une situation de confusion généralisée pour la simple raison que chacun semble être en train de surestimer sa capacité de mobilisation, sa force électorale.

Pourtant, aujourd’hui, il ne fait pas de doute que les rapports de forces sur l’échiquier politique national ont été tellement modifiés qu’il faudra attendre la fin des élections communales de 2009 pour en avoir une bonne lisibilité.

Mais d’ici là, les uns et les autres continueront à s’agiter exprimant des inquiétudes au sujet du bon déroulement du scrutin. D’autres pensent qu’il faut carrément reporter la date de ces élections. Ils argumentent leur option. Mais qu’est-ce qui est bon pour le pays, la démocratie et les partis? Ces différents intérêts ne doivent-ils pas converger?


Bien exploiter le rapport Daba Diawara

Heureusement que le président de la République a honoré à son engagement en confiant la réflexion sur le processus démocratique au Mali à une éminente personnalité, M. Daba Diawara, qui a déjà produit un rapport mis à la disposition du chef de l’Etat.

Les différentes composantes de la classe politique et de la société civile ont ainsi une opportunité de s’impliquer activement pour apporter des correctifs qui s’imposent afin d’éviter qu’à tous les coups, il y ait des suspicions et désaccords autour des processus électoraux.

Moussa SOW

29 Janvier 2009