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En prêtant serment devant les juges de la Cour suprême ce 4 septembre, le nouveau président malien a défini ce qui sera la nature de son régime pendant ce quinquennat.jpg_une-2075.jpg

Elu au second tour de l’élection présidentielle avec 77,62 % des voix, Ibrahim Boubacar Keïta est redevable au peuple malien, selon le procureur général près de la Cour suprême, Mahamadou Bouaré. Le magistrat, dans un réquisitoire qualifié de «brillant» par le président de la Cour, Nouhoum Tapily, a souligné que «les maliens attendent en premier lieu la restauration de notre fierté». La présidence «n’est pas un sésame… Le navire [Mali] est chargé de trop d’événements douloureux et de nombreuses urgences et attentes» de la part de la population, a souligné le procureur général. Selon lui, les maliens aspirent, entre autre, à la sécurité, à la lutte contre la corruption, à la fin de la gestion patrimoniale de l’Etat, à une école apolitique, et à une justice «qui ne sera plus soumise ni aux groupes de pression ni aux injonctions des pouvoirs législatifs et exécutifs».

«La réconciliation ne saurait être effective sans la punition des auteurs de crimes de guerre, d’assassinat, de vol, de pillage, de viol, de prise d’otages, de destruction de monuments et autres patrimoines de l’humanité», a-t-il insisté. IBK dit avoir compris que son élection est le socle de départ d’un Mali nouveau. «La très grande confiance placée en moi ne sera jamais galvaudée. Je veillerai désormais à sauvegarder notre peuple en ses personnes et ses biens», a souligné le président de la République. Il s’est engagé à bâtir «un Etat fort, impartial… totalement dédié au service du bien être moral et matériel de la nation malienne». «Nul ne pourra s’enrichir de manière illicite et sur le dos du peuple malien», a-t-il prévenu.

La nature semble avoir imposé au nouvel élu ses premières décisions puisqu’il a affirmé vouloir diligenter«une enquête approfondie» visant à «établir les responsabilités à l’origine de cette tragédie» des inondations survenues dans plusieurs quartiers à Bamako et qui ont fait plus d’une trentaine de morts. «La vie du malien vaudrait désormais son prix inestimable», a-t-il insisté. Ibrahim Boubacar Keïta a souligné vouloir mettre fin à l’impunité.

«Je veux rassembler les maliens et les maliennes pour que triomphe la justice et l’équité, sans lesquelles il n’y a pas d’avenir viable pour une nation» plaide-t-il. La réconciliation nationale, la restauration de l’autorité de l’Etat, la gestion efficiente des deniers publics, sont entre autres axes prioritaires que le président compte instruire au gouvernement impatiemment attendu.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 4 Septembre 2013