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Bien d’observateurs de la scène politique nationale sont unanimes à reconnaître que l’élection présidentielle qui a porté Ibrahima Boubacar Keïta (IBK) à la magistrature suprême a donné le signal fort à un nouveau départ dans la vie politique du pays, et pour cause :

Malgré les milliards de billets de banques mobilisés pour acheter les consciences populaires pour encore une fois imposer un candidat à notre peuple, c’est bien IBK qui a été le choix de l’écrasante majorité des électeurs pour prendre en main leur destin (tout au moins pendant le premier mandat de l’élu).

Une façon de dire que dans des situations historiques comme celles des élections de 2013, l’argent ne fait pas le poids devant l’engagement du peuple.
Comme d’habitude au Mali, les escrocs de la scène politique ont coutume de faire des retournements de veste pour se transformer en véritables courtisans comme les vautours au cou nu. Le candidat élu a tenu à lever l’équivoque en disant qu’il n’a rien promis à personne et qu’il ne se sent nullement les mains liées à personne.

Ce message, s’il est tenu comme annoncé, va décourager ceux là des gros charognards qui tournent comme des goujats sans le moindre sens de la décence et de l’honneur, pourvu qu’ils obtiennent des postes où ils pourraient boire et manger à satiété.

Les regroupements politiques soudés jusque là autour de la magouille, de l’affairisme, de l’escroquerie tous azimuts et de la cocufication se disloquent de façon spectaculaire.

IBK a déjà bien compris que bien de têtes qui veulent sa bénédiction se sont déjà suffisamment mouillées avec les différents régimes (comme on le sait responsables de la débâcle et du déshonneur de notre peuple laborieux. En conséquence, le candidat élu doit opter pour une rupture complète avec toutes celles et tous ceux ayant activement participé à la gestion calamiteuse des régimes dits démocratiques de Moussa Traoré, d’Alpha Oumar Konaré et d’Amadou Toumani Touré (ATT).

Car comme IBK l’a dit lui-même, le Mali a longtemps été victime de sa gestion politico- administrative et que ça suffit.

En tout cas, IBK prendra le risque fondamental de remettre en scelle les déprédateurs du tissu socio- économique et politique national. Cela est d’autant plus exact que ceux qui ont perdu le pouvoir ou qui ont perdu les élections ne peuvent «l’aimer vraiment» et qu’à chaque occasion, ils tenteront de salir sa gestion en vue de la discréditer.

IBK doit se rendre à l’évidence que ceux qui viennent pleurer à ses pieds sont honnis par ceux là qui l’ont élu le 28 août 2013.

IBK doit savoir enfin que ce sont les alliances contre nature qui ont pourri le régime ATT. Il est temps qu’il le comprenne pour éviter de décevoir notre peuple travailleur qui compte beaucoup sur le changement véritable. Ainsi, il évitera d’entreprendre un changement de façade.
Tout porte à comprendre que c’est la fin de la gestion des escrocs de la scène politique qui s’annonce au Mali.

Fodé KEITA

26 Août 2013