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Le mot d’ordre de grève annoncé pour hier et aujourd’hui par la section syndicale de la douane a été levé in extremis suite à la signature d’un protocole d’accord entre le Bureau dirigé par Yacouba Katilé et le ministre de la Fonction Publique, de la Réforme de l’Etat et des Relations avec les Institutions.

En apposant sa signature sur ce document, le gouvernement qui reconnaît enfin le nouveau bureau syndical, s’engage à « mettre en place une « Commission de bons offices par arrêté ministériel pour prendre en charge la plate forme de revendication, objet du préavis de grève« .

Finalement la grève de la Section syndicale de la douane qui avait fait l’objet d’un préavis déposé le 14 juin dernier au ministère de la Fonction Publique, de la Réforme de l’Etat et des Relations avec les Institutions avec ampliation à l’Hôtel des Finances et à l’UNTM, n’a plus eu lieu.

En effet, une rencontre tenue le 28 juin, soit la veille de la grève, entre le ministre Bady Ould Ganfoud, assisté par son secrétaire général et une délégation de sept membres du bureau syndical de la douane conduit par son secrétaire général adjoint, Issoufi Daga, a abouti à un protocole signé par les deux parties.

Ce document stipule en premier point qu’il est convenu, dans le but de trouver un dénouement heureux au préavis de grève, de la mise en place d’une Commission de bons offices dès hier jeudi 29 juin 2006 par arrêté ministériel pour prendre en charge la plateforme de revendications objet de la grève. En second point, ladite commission débutera ses travaux dès le lundi 3 juillet à partir de 9 heures dans la salle de conférence du ministère de la Fonction Publique.

En contre partie de cet engagement du gouvernement d’examiner les doléances du syndicat, celui-ci s’est engagé à lever son mot d’ordre de grève en invitant ses militants à se présenter normalement au travail.

La conséquence directe de la signature de ce protocole est la reconnaissance tacite du bureau syndical issu de la conférence de section tenue le 30 décembre 2005 sous l’égide du Syndicat national des travailleurs des administrations d’Etat (SYNTADE).

Dirigé par le camarade Siaka Diakité, ce syndicat avait reçu mandat du 11ème congrès du SYNTADE de mener des consultations et de superviser par la suite ladite conférence.

Faut-il rappeler que la décision d’observer une grève avait été décidée par le bureau de Yacouba Katilé pour protester contre d’indifférence du ministère de l’Economie et des Finances face à leur Cahier de charges déposé à son niveau le 28 avril dernier.

Malgré deux lettres de rappel, Abou-Bakar Traoré et ses collaborateurs étaient restés muets sur ce document mettant en doute ce bureau syndical.

En effet, ces jeunes syndicalistes veulent donner une nouvelle impulsion à l’activité syndicale au sein de la douane qui avait, jusqu’à ces dernières années, été un instrument entre les mains de quelques renards.

Le cahier de charges est un condensé des revendications des gabelous pour améliorer leurs conditions de vie et de travail. Il porte notamment sur l’octroi des primes de risques aux douaniers, l’octroi de logement administratif au Directeur Général, au Directeur Général Adjoint ainsi qu’aux Directeurs Régionaux de la douane comme c’est le cas dans les autres services publics, l’utilisation à bon escient du fonds d’équipement, l’intégration des 300 agents conventionnaires dans la fonction publique qui sont d’un apport capital dans l’atteinte des objectifs de recettes de la douane, l’évaluation de la mutuelle de la douane qui n’est d’aucune utilité pour ses adhérents, un traitement équitable entre les agents exerçant aux ports de Dakar et d’Abidjan et les autres fonctionnaires relevant du ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, l’attribution du statut d’officier de police judiciaire aux douaniers pour faciliter la rapidité dans leurs interventions sur le terrain, l’utilisation rationnelle du fonds d’équipement par l’achat de matériels de service tels que les véhicules d’intervention, la dotation des agents en arme individuelle pour faire face aux risques qu’ils encourent dans l’exercice de leur fonction.

Lors de son point de presse tenu le jeudi 22 juin, le bureau syndical avait clamé sa disponibilité à négocier avec les ministères concernés les différents points de revendication qui pourraient faire l’objet d’un chronogramme d’application en fonction des priorités.

Youssouf CAMARA

30 juin 2006.