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Dans l’interview-choc qu’il nous a accordée, Ali Nouhoun Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale du Mali, vice-président du parti Adema et de l’Association du même nom, aborde de nombreux aspects de la vie de la vie politique nationale.

Pourquoi vous êtes si absent de la scène ces derniers temps ?

Votre question m’étonne. Je suis aujourd’hui 1er vice-président de l’association Adema, président de la Cordination des associations démocratiques, vice-président du parti Adema. Je participe aux activités de tous ces organes. Il n’y a pas d’événement majeur de la vie nationale ou internation où l’Adema-association n’ait donné son avis. Tout récemment récemment, le Conseil national de la Jeunesse m’a invité aux côtés de Mme Sy Kadiatou Sow et Boubacar Bah dit Bill à une conférence sur l’orientation de la jeunesse après 50 ans d’indépendance. Je reste donc très présent.

Quelle réaction vous inspire la création du parti PDES ?

La création de ce parti est l’aboutissement des luttes menées par l’ensemble du Mouvement démocratique qui est à l’origine de l’avènement du multipartisme intégral et de la liberté d’opinion au Mali. Par ailleurs, je pense que les partis politiques sont les piliers de la démocratie. De ce fait, la situation antérieure du Mouvement citoyen dérangeait les partis: ce Mouvement faisait de la politique, présentait des candidats tout en n’étant pas soumis aux contraintes disciplinaires des partis. Nous avons dénoncé cet état de fait et c’est ainsi que nous avons vu naître le PCR de Ben Fana Traoré, le FCD de Djibril Tangara et, aujourd’hui le PDES, tous issus du Mouvement citoyen.

Le PDES est né de la prise de conscience de ses responsables quant à la nécessité de se structurer afin de remplir ses missions de mobilisation et de développement de notre pays. Il est apparu au Mouvement citoyen que pour mieux servir le pays, l’instrument idoine est le parti et non l’association. Une association idéale ne doit pas, en effet, présenter de candidats aux élections mais rester une sentinelle de certaines valeurs. Mais rester association tout en soutenant un pouvoir crée la confusion: la ccréation du PDES dissipe cette confusion et je le félicite pour cela. D’ailleurs, le PDES dit qu’il se crée pour une plus grande visibilité de son soutien à ATT et pour lui permettre de déployer séreinement son programme de développement.

Pensez-vous qu’ATT a trahi les partis alliés en soutenant le PDES?

Je ne fais pas partie de ceux qui traiteraient ATT de traître. Pour faire une allégorie, je suis contre la polygamie. Mais dès lors qu’un homme est déjà polygame, s’il n’est pas limité par sa religion, il peut prendre plusieurs épouses. La présidence d’ATT est comme un système polygamique avec tous ces partis de l’ADP et d’autres autour de lui. Qu’il ait ait eu longtemps une maîtresse en cachette et qu’il ait fini par l’épouse n’est que chose normale dans une société humaine. Le Saint Coran est clair: si tu ne peux être équitable entre tes épouses, contente-toi d’une seule. Le même Coran dit que l’homme, faible par nature, ne peut être équitable et, en somme, prescrit la monogamie à l’homme.

Dans le système polygamique, bien évidemment, les épouses qui ont été secondées crient à la trahison.J’estime qu’ATT n’a pas trahi en soutenant le PDES: il a le droit de placer ses espoirs en des hommes qui l’ont accompagner à revenir au pouvoir dès lors qu’il s’est convaincu, pour rester dans la légende, de partir du pouvoir. Cependant, je comprends les militants Adema, Urd, Parena ou RPM qui disent qu’ils cheminent avec ATT depuis longtemps, qu’ATT appartient à l’ensemble du Mouvement démocratique et qu’après avoir bu de la potasse avec eux, il devrait boire le miel avec eux également.

L’Adema ayant bâti sa force sur sa présence au pouvoir, pensez-vous que le PDES va maintenant phagocyter ce parti ?

Le PDES est dirigé par un jeune talentueux qui était dans le privé; il a pour 1er vice-président le président de la Chambre de commerce, pour 2ème vice président un ex-secrétaire général du CNID qui a fait ses armes dans différentes associations; il a pour aures vice-présidents les présidents de la chambre d’agriculture et des métiers. Un tel parti est supposé démarrer bien puisqu’il va reposer sur l’économie du pays. A moins de penser que le président de la chambre de commerce et d’industrie ne contrôle pas son monde, que le président de la chambre des métiers ne contrôle pas ses réseaux, et que le président de la chambre d’Agriculture ne maîtrise pas totalement le monde paysan.

Donc, à moins d’avoir une gtelle pensée, il y a lieu pour les dirigeants de l’Adema de prendre le PDES au sérieux et de se retrousser les manches. Mais force est de reconnaître que les hommes de l’Adema, qui ont connu d’autres épreuves, ne peuvent s’effrayer du PDES. Sans péril, on tromphe sans gloire. A mon avis, le parti Adema peut aussi compter sur ses frères qui ont quitté l’Adema pour créer des partis qui comptent: je pense à l’URD, au RPM, au Miria. L’Adema peut aussi compter sur ces gens-là ainsi que sur le Parena, composé de combattants aguerris, pour former un front démocratique, progressiste qui aura pour ambition de mettre les richesses du pays à la portée des populations qui les produisent.

Si l’Adema reste fidèle aux idéaux qui l’ont fait naître et qui ont, pour l’essentiel, défini les idéeaux du 26 mars, je pense qu’elle n’aura pas à craindre. L’émulation avec le PDES est une excellente chose.Il faudra maintenant savoir quels sont les programmes du PDES et ce qu’il deviendra après le départ d’ATT de Koulouba, quand ce parti ne bénéficiera plus du soutien appuyé de l’État.

Suite de l’interview dans notre prochaine livraison du lundi 20 septembre 2010.

La Rédaction

Le Procès Verbal du 13 Septembre 2010.