Partager

Le Mouvement démocratique a repris un nouveau souffle, samedi dernier au CICB, où ses principaux partis politiques, associations et organisations démocratiques étaient réunis pour la première fois depuis mars 1991.

jpg_Aly_D.jpg Dans l’entretien ci-dessous, le Pr. Ali Nouhoun Diallo, président du comité d’organisation de cette journée commémorative du 30 décembre 1990 (jour de la marche unitaire), évoque les raisons de la commémoration et invite le Mouvement démocratique à s’unir.

Les Echos : Peut-on dire qu’après cette rencontre, le Mouvement démocratique a pris un nouveau souffle ?

Pr. Ali Nouhoun Diallo : Sûrement. Cette commémoration a pour objectif de montrer qu’unis les démocrates et les patriotes sont forts. Désunis, ils deviennent faibles et ne sont pas respectés. Et cette commémoration va se perpétuer. Il ne faudrait pas que d’autres écrivent l’histoire du Mouvement démocratique à la place du Mouvement lui-même. II ne faudrait pas que nos enfants aient honte de ce que nous avons fait pendant 30, 40, 50 ans… pour d’autres.

Il faudrait que les démocrates se retrouvent et désormais commémorent cette journée du 30 décembre, commémorent à leur façon le 20 janvier, parce que comme je disais tantôt, les 18 et 19 janvier, les deux associations principales de l’époque, le Cnid et l’Adéma, voulaient bien affirmer la solidarité entre le Mouvement démocratique civil et les démocrates qui étaient au sein des forces armées.

Désormais, le Mouvement démocratique prendra en charge lui-même les manifestations de la Semaine des martyrs. Bien sûr, nous y associerons tous ceux qui seront à Koulouba, mais il faudrait que le Mouvement démocratique soit le maître d’œuvre des commémorations de la Semaine des martyrs.

Les Echos : Pourquoi avez-vous attendu aussi longtemps pour vous organiser et pourquoi la date du 30 décembre ?

A. N. D. : Les raisons sont que simplement nous n’étions pas prêts. Nous l’avons imaginé et nous nous sommes rendus compte que le 30 décembre était mardi, un jour ouvrable. Deuxièmement, la dispersion du Mouvement démocratique était telle qu’il fallait voir chacune des associations, chacun des partis pour que tous se sentent concernés. Il fallait prendre le temps. Nous avons choisi le samedi 3 et là nous avons vu aussi que le temps était très court. Voilà comment nous sommes arrivés au 10 janvier.

Les Echos : La mobilisation de ce matin vous incite-t-elle à l’optimisme quant aux objectifs du Mouvement ?

A. N. D. : Moi, je n’ai jamais douté d’une chose : les hommes qui aiment réellement leur pays, qui sont dédiés à leur peuple ne peuvent pas diverger longtemps. J’avais dit en son temps que tous les partis issus du Mouvement démocratique étaient des enveloppes au contenu hétérogène. Je le disais au lendemain de la Conférence nationale et que ces enveloppes vont éclater tôt au tard, mais que ceux qui se ressemblent vont s’assembler.

C’est une foi et une conviction fortes en moi que ces hommes et femmes que j’ai connus dans la lutte ne peuvent pas s’ignorer longtemps surtout quand nous voyons la crise mondiale, les problèmes de notre école, de la sécurité du pays, de son développement industriel, agricole. Des choses ont été faites depuis le 26 mars, mais qui méritent d’être grandement améliorées. Et quand les démocrates et patriotes prendront conscience de cela, ils vont oublier leurs ego, se ressaisir, se retrouver et travailler ensemble.

Les Echos : Est-ce que le peuple vous entendra ?

A. N. D. : Le peuple est toujours uni. Ce sont les leaders en général qui, lorsqu’ils ne sont pas d’accord, travaillent à la casse. Le peuple malien n’aspire qu’au développement, à la sécurité, à la paix.

Les Echos : Un seul leitmotiv est revenu au cours de cette rencontre : la retrouvaille du Mouvement démocratique. Pensez-vous qu’il sera aisé de changer la mentalité de nos hommes politiques ?

A. N. D. : Je crois en la possibilité de transformation des hommes, leur évolution. Je crois aussi que travailler en commun, examiner ensemble le parcours, faire le bilan ensemble amènera les uns et les autres à comprendre pourquoi nous avons achoppé, sur quoi nous avons achoppé et comment faire pour que maintenant on avance. C’est une intime conviction et nous les aînés seront là pour aider.


Propos recueillis par

Denis Koné

12 Janvier 2009