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L’histoire africaine nous apprend que la monarchie a été le régime politique le mieux partagé dans différentes contrées du continent. Ainsi, avant même la période coloniale, le roi incarnait l’autorité et la transmettait à sa descendance grâce à une forme de « contrat social » dont parlait Rousseau.

En ce temps et même aujourd’hui, le fils (surtout l’aîné) du roi n’a pas lui-même une autorité particulière. Il est aimé et apprécié surtout par son humilité. Histoire de préparer l’opinion à voir en lui le futur souverain. La colonisation a changé la donne. Les coups d’Etat des années 60 ont fortement altéré l’image du Roi, du Président (plus chef d’Etat que président de la République) !

Du coup, les enfants des chefs de l’Etat, dans la plupart des pays, sont devenus de véritables zombies pour le peuple. Sur le continent africain, certains de ces fils à papa se sont fait tristement remarquer. Tel est le cas du commandant Ousmane Conté de feu Lansana de la Guinée Conakry. Interpellé officiellement pour trafic de drogue, le fils de l’ancien maître incontesté de Conakry a, pendant longtemps, terrorisé les paisibles populations d’un pays meurtri sous une chape de plomb implacable. D’autres sources racontent les intimidations, virées, violences et autres voies de fait régulièrement perpétrées par les hommes de mains du « Commandant Ousmane » dans Conakry, Labbé, Boké et dans d’autres localités du pays. Il y a de cela quelques mois, Brahim Déby, en véritable Al Capone, s’est livré à des frasques dans Paris, avant que son corps ne soit retrouvé sans vie dans le parking de sa résidence.

D’autres cas de « fils du président » craints ont longtemps fait couler la salive, en toute discrétion ; tant la répression est mortelle pour tout citoyen qui ose défier celui-là qui est…bien né ! Au Palais ou à l’Etat-major de l’Armée, une autre propriété du père de président.

Le Commandant Ernest Gnassingbé en a fait voir de toutes les couleurs aux Togolais au temps où son père régnait dans sa toute puissance sur ce minuscule pays. Il est, selon les conclusions d’une enquête internationale, celui qui a massacré, par des tirs à l’arme lourde, une foule d’opposants, dans le centre du pays en 1994.
On l’a régulièrement vu avec un cortège présidentiel sillonnant allégrement les rues de Lomé et de Kara, semant la panique au sein des pauvres populations vaquant à leurs occupations. Des sources dignes de foi racontent que l’imprudent Commandant, de retour de violences qu’il a faites subir à certaines personnes âgées de la région de Kloto, dans le sud ouest du pays, est devenu paralysé à cause des mauvais sorts jetés contre lui par ses victimes. Cela n’empêchera pas son cadet Kpatcha Gnassingbé, précédemment ministre de la Défense, de se livrer à bien des excès dans Lomé, Sokodé, Kara…

Par ailleurs, le fils de Kadhafi est à l’origine d’un contentieux juridico-politique entre la Libye et la Suisse à cause des sévices que lui-même et sa tendre moitié sont accusés d’avoir infligé à leurs domestiques. Malheureusement pour eux, la Suisse n’étant pas un pays où ce genre de pratique est toléré, l’affaire a pris l’ampleur que nous lui connaissons. Au fait, si les enfants des dirigeants africains font tant parler d’eux, c’est bien parce qu’en plus d’être au premier cercle du pouvoir politique, ils détiennent aussi les leviers du pouvoir d’argent.

Ils sont, en effet, actionnaires dans plusieurs sociétés, grâce souvent à l’argent sale issu du trafic de drogues, d’armes, etc. Ali Bongo Ondimba, Kpatcha et Rock Gnassingbé, El Islam Khadafi, Mohamed Moubarack… ne seraient-ils pas de cette catégorie de fils qui filent du mauvais coton ? A ceux-ci, bien d’observateurs n’hésitent pas à ajouter la liste des frères de chefs d’Etat africains tels François Compaoré (par qui est arrivé le scandale de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo), Mustapha Boutéflika…La liste est loin d’être exhaustive.

Bruno D SEGDBJI

02 mars 2009