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web.jpgMonsieur a donc découvert le message adressé à son épouse et ce message dit ceci : « Ce soir à la même heure et au même lieu ». Ce qui troubla le mari tout autant que le message, c’était le numéro de l’expéditeur. Ce numéro lui disait vaguement quelque chose. Et pour vérifier ces incertitudes, il sortit avec le portable de son épouse et se rendit au domicile de la meilleure amie de cette dernière.

Par chance, elle était seule. Il bavarda un peu avec elle et feignant de vouloir parler à son mari, il lui demanda le numéro de son portable. Naturellement, elle le lui donna. C’était le même numéro qui était affiché sur l’écran du cellulaire de son épouse et qui lui disait : « ce soir à la même heure et au même lieu ». Il sortit l’appareil et montra le message à l’épouse de celui dont il était certain maintenant, sortait avec sa femme.

Celle-ci découvrit le message et c’est de justesse qu’elle ne s’est pas évanouie tant le choc de cette découverte fut grand. De retour chez lui, il remit l’appareil à sa propriétaire tout en lui expliquant qu’il était allé montrer le message à sa meilleure amie. S’en suivit une scène honteuse où madame par ses explications maladroites et contradictoires ne réussit qu’à enraciner les certitudes de son mari.

Bien entendu, sa meilleure amie ne perdit aucune occasion pour informer parents, amis et connaissances de ce que sa meilleure amie la trahissait singulièrement en « bakarisant » bassement avec son époux. La nouvelle se répandit comme la poussière d’avril au Sahel. La cocufieuse l’avait su par les chuchotements dans son dos. Par ces doigts que l’on pointait furtivement à son passage et par des propos vexants du genre : « … attends je vais aller voir à la maison si mon mari est là-wôô… il y en a qui ne sont jamais rassasiées-wôô… ! »

Quelquefois, la honte fait adopter des attitudes suffisamment étranges pour ne pas que l’on s’en étonne. Quelqu’une d’autre à la place de la trompeuse se serait faite toute petite dans ses chaussures ou serait allée essayer de se faire pardonner par celle qu’elle a blessée. Pas madame. Elle fit tout à fait le contraire en allant porter plainte contre sa meilleure amie, enfin son ex-meilleure amie pour diffamation, comme quoi elle sortait avec son époux.

Ce qu’elle ignorait c’est que contrairement à elle avec son mari, son amant avait tout avoué à sa femme. La rencontre devant le magistrat eut donc lieu en présence des deux époux. Le débat ne fut pas long. Le mari de son ex-meilleure amie prit la parole et s’adressa directement à elle à peu près ainsi : « Ecoute là, il faut arrêter cette histoire ! Toi-même tu sais ce qu’il y a eu entre nous ; si maintenant on est découverts, on a qu’à arrêter ce n’est pas la peine de fatiguer encore les gens pour rien.. moi je reconnais que tu as été ma maîtresse mais je jure de tout arrêter à partir de maintenant … ».

Honte et confusion sur la plaignante. Son mari resta la tête baissée. Le magistrat la réprimanda sévèrement avant de les laisser partir. Arrivée chez elle, madame avala une cinquantaine de comprimés pour se suicider. Elle fut sauvée de justesse.

Que dire finalement de cette histoire ? Vraiment, je n’en sais absolument rien, sinon que : SOS foyers en danger !

Sacré Chédou OUEDRAOGO | Sidwaya

16 juillet 2007