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Le président de la commission de l’UEMOA et chef de file de l’U.R.D a été aperçu auprès de ATT pendant toute la campagne électorale. C’est dire que s’il a soutenu la réélection du président sortant, ses amis espéraient sa nomination comme Premier ministre. Ses visites fréquentes à Bamako après le 2e tour des législatives ont donné l’impression qu’il venait en consultation. ATT lui avait-il promis le poste? L’a t-il roulé par la suite? A l’U.R.D les militants et dirigeants sont déçus !
Mais Soumaïla Cissé pouvait -il être nommé Premier ministre?

Pourtant contre toute logique politique qui voudrait qu’un parti politique aille à la conquête du pouvoir, l’URD et son président , arrivés pourtant 2e en 2002 contre le même ATT , se sont faits le fer de lance de la réélection de l’actuel locataire de Koulouba dans l’espoir que celui-ci lui ferait la courte échelle , en somme qu ‘il lui renverrait l’ascenseur. Echange de bons procédés !

C’est ainsi que malgré l’obligation de réserve que lui commandent ses fonctions actuelles, on a vu le président de la commission de l’UEMOA sillonner le pays et même les pays étrangers, avec le candidat ATT, pour battre campagne.

Nul doute qu’à ces occasions il ait réitéré ses promesses de gestion partagée du pouvoir à celui qui ne fait pas mystère de son intention d’être un jour le Président du Mali.

L’on se souviendra aussi les déclarations du président de l’URD, l’ honorable Younoussi Touré, sur les antennes de RFI faisant état de la candidature de son parti au poste de président de l’Assemblée nationale et qui en fin de compte n’a pas présenté de candidat pour laisser toutes ses chances à son chef et surtout pour ne pas offrir un prétexte à ATT de ne pas nommer l’ancien ministre de Alpha Oumar Konaré à la primature!

Soumaila Cissé du reste veillait au grain. Il a effectué depuis la fin des élections législatives, une demi douzaine de fois le déplacement de Bamako comme pour à la fois se rappeler au bon souvenir d’ ATT, tâter le terrain et en même temps activer ses réseaux.

Peine perdue! Soumaila Cissé, contre toute attente, n’a pas été nommé Premier ministre! Pourquoi ATT n’a-t-il pas désigné celui qui lui a tant apporté? Pourquoi a t-il changé ses plans ? A-t-il jamais eu un tel plan?

Une des premières raisons serait que Soumaila Cissé était un concurrent à qui il faut faire rendre gorge jusqu’au bout et l’alliance de ces derniers mois n’y changera rien.

C’est une simple question d’approche, qui est dans la logique d’un homme qui veut coûte que coûte faire l’unanimité, chose impossible en politique et même ailleurs.

En outre, Soumaila Cissé est un fin connaisseur de l’appareil d’Etat. Le manager qu’il est pourrait être un obstacle au type de gestion monarchique qu‘affectionne ATT.

Par ailleurs, Soumaila Cissé aurait été un président bis, un co-président compte tenu de la position qu’il occupe aujourd’hui à la présidence de la commission de l’UEMOA. Il connaît tous les chefs d’Etat de la sous région dont il est l’interlocuteur. En devenant Premier ministre, il garderait cet avantage, ce qui le placera dans une position de co-président du Mali, position qu’il n’ aurait pas dédaignée.

Enfin la nomination de Soumaila Cissé au poste de Premier ministre aurait ouvert de façon prématurée la campagne présidentielle de 2012 parce que ses ambitions pour le poste sont connues.

La position du président de l’URD est assez revélatrice de certaines raisons pour lesquelles Soumaila Cissé n’a pas été nommé au poste de Premier ministre.

De l’avis de Younoussi Touré : “si on replace la nomination du Premier ministre dans son véritable contexte, rien ne pouvait présager que Soumaila Cissé soit nommé Premier ministre. Dans la mesure où le président de la République ne fait pas partie d’une formation politique, il n’est pas tenu par la constitution de nommer un Premier ministre dans la majorité parlementaire. Donc à mon avis, Soumaïla Cissé pouvait ne pas être le Premier ministre aujourd’hui choisi par le président de la République. Je ne suis pas surpris. Le fait également que le président de l’Assemblée nationale soit un politique issu d’une composante de l’accord entre les partis politiques n’indique pas que la seconde composante qui est l’URD ait la charge de Premier ministre. Puisque ce ne sont pas les partis politiques ou l’Assemblée nationale qui désignent le Premier ministre, il n’y a pas une relation directe entre ces deux phénomènes”.

Pour toutes ces raisons ATT a préféré… Modibo Sidibé.


02 octobre 2007.