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Négociations, guerre, négociations et … ? Telle est la succession des différents actes du scénario de la crise malienne. Sincérité ou diversion de la part des groupes armés du Nord-Mali dans ces négociations en vue d’une sortie de crise définitive devant permettre l’organisation sereine des élections ? Ces élections ne devant pas se passer sans la réunification du Mali, cette interrogation a tout son sens, quand on sait que ces groupes armés semblent à l’étroit dans cette affaire. C’est en effet des organisations essoufflées qui font face à une armée malienne prête à marcher sur Kidal.

Si la situation à Kidal peut être débloquée par les « concertations » de Ouagadougou, c’est tant mieux, mais tant que les choses piétinent, ce sont les groupes armés qui en tirent le plus grand profit, au grand dam du calendrier des élections voulues par Paris et Bamako. Justement, juillet, c’est pour bientôt, il y a urgence et les choses ne doivent pas trop trainer. Les protagonistes doivent tout faire pour que ces concertations n’accouchent pas d’une souris. Sinon, qu’adviendra-t-il ? La reprise des hostilités ? En tous les cas, ces négociations ressemblent fort à des négociations de la dernière chance pour le MNLA et le MIA. S’ils ne font pas de concessions, cela risque de les isoler davantage.

Mais si ces négociations, qui remettent en scelle le médiateur pour le compte de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) aboutissent, on organisera les élections et on réintègrera les mouvements irrédendistes. Car, il s’agit après de trouver un bon statut pour l’Azawad, en termes de projets de décentralisation et de développement pour le Nord du Mali. Quid de l’impunité ? Ne l’oublions pas, c’est le MNLA qui a provoqué la première étincelle du grand feu qui a failli réduire le Mali en cendres. C’est aussi le MNLA qui a égorgé des soldats maliens, à Aguelok.

Ce mouvement a donc du sang sur les mains. Si ces concertations sont un succès, elles aboutiront au retour (jusque-là refusé par le MNLA et le MIA) de l’armée malienne et de l’administration au Nord-Mali. Sur ce retour, la proposition de Hollande n’est pas la meilleure. Lui, propose le retour de l’administration avant celui des militaires. Cette solution n’est pas pour faciliter les choses.

Que peut faire une administration dans une zone non sécurisée au préalable ? Elle a besoin de se sentir en sécurité, elle a besoin d’un fort sentiment de paix pour être efficace. Le bon scénario consiste donc à envoyer d’abord l’armée malienne, ensuite l’administration. Au besoin, il faudra taper du poing sur la table face aux hommes bleus, car on les a trop caressés dans le sens du poil.

Boureima DEMBELE

Publié le lundi 27 mai 2013

Source : Lepays.fr