Partager

Ils étaient quelques centaines de Bamakois à battre le pavée, samedi dernier, pour montrer à la communauté internationale la nécessité d’une intervention armée dans le nord du Mali et réclamer par le même fait une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies allant dans ce sens.

Ils étaient militants de partis politiques, membres de la société civile et simples citoyens à prendre part à cette marche qui, partie de la Place de la liberté sous les regards d’un important dispositif sécuritaire, a pris fin au monument de l’Indépendance, via l’ex-Bar Mali et la Place Omvs. Sur place, ils ont été accueillis par des membres du Gouvernement, notamment le ministre en charge de la Communication. C’était en présence du chef de Cabinet du Premier ministre. Cette manifestation procédait, nous a expliqué Idrissa Traoré, fils de l’ancien chef de l’Etat, Général Moussa Traoré et figure de proue de la marche, du cri de cœur du Premier ministre Cheick Modibo Diarra.

En effet, de retour de N’Djamena où il a effectué une visite d’amitié, il y a quelques jours, ce dernier avait lancé un appel à tous les Maliens, où qu’ils soient, à affirmer le samedi 08 décembre, sous quelle que forme qu’elle soit, leur détermination à préserver l’unité de la nation face à la crise du Nord et surtout soutenir la résolution que le Conseil de sécurité des Nations unies s’apprête à voter sur la crise malienne. Résolution qui devrait, nous l’espérons en tout cas, autoriser le déploiement des troupes étrangères au Mali. C’est pourquoi les marcheurs, majoritairement composés de jeunes, ont scandé, tout le long de leur trajet, leur hostilité à toute forme de négociation avec des «narcotrafiquants» et interpellé, par la même occasion, la communauté internationale à ne plus tergiverser.

«Jamais, il ne doit plus avoir de négociation entre les groupes rebelles et nous car, ils ont commis toutes sortes d’atrocités au Nord », martèle Massa Haïdara, arborant les couleurs du drapeau national. Selon ce karatéka, ceinture noire, 4ème dan, ces gens ne sont ni plus ni moins que des vendeurs de drogues et méritent de ce fait la mort. «Il n’y a plus de place que pour la guerre», a-t-il conclu. Mme Maïga Mariam, une élue de Gao, abonde dans le même sens estimant que la négociation est largement révolue car, a-t-elle dit, nous sommes en train de négocier depuis cinquante ans. «Qu’allons-nous négocier avec des gens qui accaparent les ¾ de notre territoire ?», a interrogé Mme Maïga, visiblement remontée. Toutefois, elle a invité les autorités en place à prendre leur responsabilité car, a-t-elle estimé, la situation que nous vivons de nos jours n’est que la rançon du désengagement de l’Etat. Maïmouna Bamba a, quant à elle, invité l’ensemble des Maliens à se donner la main et à ne parler désormais que d’une seule voix, seule condition pour la libération de nos régions. Selon elle, si négociations il doit y avoir, elles doivent avoir lieu à Bamako, en tout cas, pas hors de notre pays. Elle a enfin formulé des vœux pour que le bon sens guide le Conseil de sécurité de l’Onu.

Selon le chef de Cabinet du Premier ministre, Oumar Kanouté, cette marche était la preuve qu’il n’y a plus de divergence de vue entre les Maliens au sujet d’un déploiement des troupes étrangères au Mali. De ce fait, il ne devrait plus avoir d’obstacle pour le vote d’une résolution dans ce sens.

Il faut dire que c’est tout un peuple qui retient désormais son souffle en attendant cette résolution tant attendue du Conseil de sécurité de l’Onu. Mais la marche du samedi qui a, du reste, mobilisé peu de Maliens, aura-t-elle un impact sur le vote ? C’est en tout cas le souhait de beaucoup de Maliens, les autorités en premier. Au delà des divergences de vue qui peuvent exister entre les Maliens au Sud, il est important que le Conseil de sécurité des Nations unies ait aussi à l’esprit que les droits de l’Homme dont la protection relève de ses missions régaliennes sont quotidiennement violés au nord du Mali. De ce fait, il devrait, à travers la résolution qu’il s’apprête à voter, donner son aval à une intervention armée dans cette partie de notre pays pour ainsi mettre fin aux souffrances des centaines de milliers de nos compatriotes.

B.S.

Le Prétoire du 10 Décembre 2012