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En effet, selon la communauté soufie, à la surprise générale, le spot publicitaire a été brusquement interrompu, et la cassette a été confisquée par le Directeur de la Télévision, M. Manga Dembélé et le Directeur des Programmes, M. Mamadou Kolly Keïta, en l’absence du Directeur Général de l’ORTM, M. Sidiki Konaté.

Les raisons d’une colère

Dans le feu de l’action, Cheick Soufi Bilal, accompagné du Président de l’Union des Jeunes Musulmans du Mali, Mohamed Maki Bah et quelques responsables de ce mouvement de jeunes, sont allés à la rencontre de Manga Dembélé et de Mamadou Kolly Kéïta. Au sortir des débats houleux, il était convenu, entre les deux parties, d’enregistrer l’émission pour la soumettre à un examen pouvant conduire à une éventuelle censure.

Ainsi, c’est le mercredi 28 Janvier, dans une salle archi-comble de la Bibliothèque Nationale, que s’est déroulé l’enregistrement de l’émission, en présence des invités venus nombreux du Mali, du Burkina-Faso, de la Côte-d’Ivoire…Aux dires de la communauté soufi, l’émission montée et présentée à la commission de censure ne comportait aucun passage digne de censure. Elle pouvait donc être diffusée sans problème.

Mais encore une fois, à la surprise de tous les fans de l’émission et de l’invité du jour, et malgré le retour de Sidiki Konaté de son voyage, l’émission enregistrée n’est pas encore diffusée, près d’un mois après son enregistrement, s’indigne la communauté soufie. Or, habituellement, les émissions enregistrées sont diffusées une semaine après leur enregistrement. Mais la stupeur de la communauté soufie s’est transformée en colère lorsque le Directeur Général de l’ORTM a fini par se rallier à ses subordonnés.

Aussi, le monde soufi, de se poser des questions. Entre autres, pourquoi la télévision, qui passe pourtant, sur ses antennes, des films d’acculturation, s’oppose-t-elle au passage de leur guide spirituel ? Pourquoi, hormis Cheick Soufi Bilal, tous les autres auteurs, quel que soit le titre donné à leur livre, sont enregistrés et diffusés dans le délai, dans l’émission “En Toutes Lettres” ? Ont-ils plus de droit que Cheick Soufi Bilal ? Pourquoi un livre intitulé “Sourate Ikhlass” fait-il peur à Sidiki Konaté ?… Les Soufis veulent être éclairés sur toutes ses questions.

Toujours selon la communauté soufie, interrogé par Cheick Soufi Bilal, Sidiki Konaté propose un créneau religieux (arabe) pour diffuser une émission littéraire française, avec des animateurs et un décor différents. Aussi, un Soufi, de s’indigner : “Quelle incompatibilité ! Ou prend-il les Soufis pour des ignares ? Peut-être, sinon, rien d’autre ne saurait justifier une telle confusion ! “.

Et la communauté, de s’en prendre à un responsable du Bureau des Ulémas à l’ORTM en fustigeant : “Cet insuffisant de Madou Koné du Bureau des Ulémas, qui réclame la diffusion de l’élément dans ses émissions réligieuses, doit plutôt chercher à remonter son retard de vingt ans sur les réalités d’un Islam qui se modernise. De tous les services de production de l’ORTM, seul le Bureau des Ulémas reste improductif. Cela est dû sans nul doute au laxisme, à la médiocrité, à la cupidité et à l’égoïsme de ses animateurs…”

Espérons sincèrement qu’un terrain d’entente sera trouvé pour la satisfaction des deux parties.
Moussa TOURE

05 mars 2009