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On notait en plus du Premier Ministre, la présence de
plusieurs membres du gouvernement dont Mamadou Lamine
Traoré de l’Education Nationale, la société civile,
les syndicats d’enseignants, le secrétaire général de
l’AEEM, les parents d’élèves…

Au total, 16 personnes ont apposé leur signature sur
cet important document qui, à en croire les
signataires, permettra d’assurer une école saine,
apaisée et stable où l’AEEM renonce à faire de la
violence son arme de revendication d’une part et les
syndicats d’enseignants renoncent d’autre part à
prendre les cours et les examens en otage.

Depuis quelques années, l’école figure parmi les
priorités de l’action gouvernementale. La part du
budget d’Etat consacrée à l’éducation a augmenté et
représente 30,06% des charges de fonctionnement de
l’Etat contre 10% au secteur de la santé.

Le taux brut
de scolarisation a évolué de 28,8% en 1992 pour
atteindre 70% en 2004. Le gouvernement a recruté au
cours des dernières années de nombreux enseignants,
qui constituent aujourd’hui les 2/3 du personnel payé
sur le budget consacré à l’éducation.

En dépit des efforts fournis par le gouvernement et
les PTF, l’école malienne connaît une situation de
crise permanente. La qualité de la formation dispensée
se détériore progressivement.

Dans le cadre de la recherche d’une solution adéquate
à cette situation, le gouvernement a entrepris en
février 2005, une série de concertations avec ses
partenaires dans la gestion de l’école, dans toutes
les régions et dans le District de Bamako.

Le diagnostic établi à l’issue de ces
concertations fait ressortir de nombreux problèmes,
généraux ou spécifiques, qui entravent le
fonctionnement normal de l’école, ce sont entre
autres :
-le manque ou la vétusté des infrastructures et des
équipements scolaires et universitaires ;
-les problèmes d’ordre pédagogique et académique ;
-les dysfonctionnements des administrations
scolaires et universitaires ;
-l’inobservation des règles de discipline et de
déontologie ;
-les problèmes d’insécurité et de violence dans les
établissements scolaires et universitaires ;
-l’intrusion de la politique dans l’espace scolaire
et universitaire.

Les partenaires aux différentes concertations sur
l’école (administrations scolaires et universitaires,
syndicats d’enseignants, organisations de la société
civile, l’AEEM) ont proposé au gouvernement des
solutions de sortie de crise dont la mise en oeuvre
nécessite la mobilisation d’importantes ressources
financières et l’accompagnement de l’ensemble des
partenaires de l’école.

Ces propositions traduisent la volonté commune de
l’ensemble des parties prenantes à créer les
conditions optimales indispensables pour
l’accomplissement correct par l’école de sa mission
d’éducation et de formation.

Les concertations entre le gouvernement et ses
partenaires dans la gestion de l’école ont abouti à la
mise en place d’une convention appelée <>.

Ledit Accord comprend 17 articles et est composé de
trois grandes parties : les dispositions générales,
les parties prenantes et les dispositions finales.

Quant au gouvernement, il s’engage à créer un cadre
de concertation permanent entre lui et ses partenaires
dans la gestion de l’école et à promouvoir une
politique d’information, d’éducation et de
communication autour des enjeux de l’école.

Il
s’engage à augmenter le niveau actuel des ressources
publiques allouées à l’éducation. Les administrations
scolaires et universitaires veilleront au respect
strict de la législation scolaire, universitaire et du
règlement intérieur dans les écoles.

Le Rectorat de l’Université de Bamako, en partenariat
avec d’autres structures, procédront à la mise en
place d’un système de gestion informatisé et
transparent des flux d’étudiants, de leurs cursus
scolaire et universitaire ainsi que des bourses
scolaires et universitaires.

LES PARTENAIRES DE L’ECOLE

Quant aux partenaires de l’école à savoir les
syndicats d’enseignants, les organisations de la
société civile et l’AEEM, ils s’engagent à s’impliquer
aux côtés du gouvernement dans la recherche de
solutions durables aux problèmes scolaires.

LES SYNDICATS D’ENSEIGNANTS ET LA SOCIETE CIVILE

Les syndicats d’enseignants s’engagent à faire
observer par leurs adhérents les règles d’éthique et
de déontologie de l’enseignement.

L’APE et les organisations de la société civile
s’engagent à apporter leur concours au gouvernement
dans la mise en oeuvre de sa politique d’information,
d’éducation et de communication en direction du monde
scolaire, à accompagner la mise en application des
recommandations.

L’ENGAGEMENT DE L’AEEM

Elle s’engage à :
-sensibiliser les élèves et les étudiants à observer
scrupuleusement le règlement intérieur de l’école ;
-respecter l’autorité de l’administration et de
l’Université ;
-s’interdire tout recours ou toute menace de recours
à la violence comme moyen de revendication
catégorielle ;
-dénoncer tout acte de violence perpétré dans
l’espace scolaire et universitaire.

L’Association décide aussi de s’abstenir de recourir
à la violence pour faire aboutir leurs revendications.

Comme dispositions finales, le gouvernement élabore
un chronogramme de mise en application des
recommandations issues des concertations.

Ledit
chronogramme pourra faire l’objet de révisions
annuelles consensuelles pour tenir compte de
l’évolution de la situation économique. Le ministre de
l’Education Nationale est chargé du suivi de la mise
en oeuvre desdites recommandations.

Ont signé le document pour le gouvernement, outre le
Premier ministre, les ministres Mamadou Lamine Traoré,
Ousmane Thiam, Général Kafougouna Koné, Colonel Sadio
Gassama, Badi Ould Ganfoud.

Pour les partenaires ont signé les différents
syndicats d’enseignants, l’AMDH, les représentants des
Confessions religieuses islamique et chrétienne, le
CNJ et enfin l’AEEM par son secrétaire général Safouné
Togo.

Il a précisé que l’Accord de Cotonou n’abroge aucune
disposition des textes régissant l’Association.

Le président de la République qualifie l’Accord de
“Pacte national de l’Education”.

Il a parodié le slogan de l’AEEM en disant « Oser
signer, c’est oser accepter d’ouvrir de nouvelles
perspectives à l’école malienne
« . ATT a fait aussi
une série de propositions.

Le ministre de l’Education nationale et tous les
autres intervenants se sont réjouis de la signature de
cet accord historique, premier du genre dans notre
pays.

Mamadi TOUNKARA

AEEM-GOUVERNEMENT

La paix des braves-paix des complices d’hier

Le président de la République, Amadou Toumani Touré,
peut dormir tranquille, à moins qu’il choisisse de
danser le Tcha-Tcha-Tcha : le gouvernement et l’AEEM,
principal mouvement estudiantin de notre pays,
viennent de signer, chacun des deux mains et librement
un <> pour ramener le
calme et la tranquillité dans l’espace scolaire.

Dans une cérémonie solennelle (la présence de tous
était exigée par le chef de l’Etat), le ministre de
l’Education nationale et le secrétaire général de
l’AEEM, en présence donc du gotha de la République,
ont apposé leurs signatures sur un document
<> dans les locaux de la première
institution du pays : tout un symbole.

L’AEEM s’engage à quitter les hautes mers (à moins
que ce ne soit le calme qui soit revenu sur la mer)
mais pas à se saborder ; le gouvernement, lui, promet
de régler au quart de tour les revendications (et les
caprices ?) des élèves et étudiants et à faire en
sorte qu’aucun politique ne s’immisce dans l’espace
scolaire.

C’est un gentlemen agreement qu’il faut saluer même
s’il faut remonter à plusieurs années en arrière pour
comprendre un peu ce qui arrive à l’AEEM, principale
actrice de Mars 1991. L’actuel ministre signataire,
Mamadou Lamine Traoré, s’était prévalu, dans une
interview fleuve dans l’ESSOR, de contacts secrets
avec l’association alors dirigée par Oumar Mariko,
avant la chute de la dictature.

Le réseau serait-il réactivé ? Il avait même, à
l’époque, un peu dérapé en avouant que lui et <> cherchaient le moyen de se doter d’armes dans
les commissariats.

Ce n’est pas forcément, pour le
professeur Traoré, le genre de souvenir qu’il prend
plaisir à se remémorer. Si vous ajoutez à ceci le fait
que l’actuel Chef de l’Etat lui-même s’était <>
dans la même veine, on comprend mieux comment tout ce
beau monde a décidé de se donner la main. Ce n’est pas
tout.

En 1994, l’arrivée d’un homme à poigne à la
primature, IBK, qui est resté plus de six ans, a
sérieusement mis à mal la capacité de nuisance d’une
association dont, de plus en plus, on ne se rappelle
plus comment s’appelle le secrétaire général. Hormis
le temps des Mariko et Zarawana, même des étudiants ne
savent plus comment se prénomme leur secrétaire
général.

Il faut dire aussi, qu’après IBK, l’AEEM
ressemble à un poisson qu’on avale sans crainte des
arêtes coupantes, ou à un canard dont on a coupé la
tête et qui continue quand même à courir. Jusqu’à
s’épuiser le week-end dernier.

L’accord qui vient d’être signé remet un peu l’AEEM
en selle et lui donne une certaine légitimité, mais
plus personne n’est dupe face à ces jeunes pétris
d’arrière-pensées politiques, minés par les querelles
internes et surtout soupçonnés d’être friands de fric.

Il faut tout de même noter la défaite du <>, de ceux qui avaient encore des restes
d’envie que l’AEEM continue à pourrir la vie à tout le
monde et de ceux qui rêvaient d’utiliser l’Association
pour prendre l’ascenseur social.

Un accord est là,
qu’il faut bonifier, même s’il ressemble à celui
d’amis qui s’étaient brouillés et qui se sont
réconciliés.

HAIDARA M.L

18 juillet 2005