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Il ne se passe pas de jour sans qu’on n’entende des histoires drôles à Bamako. Souvent certaines d’entre elles frisent le ridicule. C’est le cas de l’histoire de ce couple qui s’est tapé quinze ans de mariage au cours duquel six enfants sont nés.

Depuis cinq ans, le couple est installé à Bamako et habite dans un quartier de la rive droite. Le mari se “débrouille”, et la femme est vendeuse de salade. Mais tous deux vivaient en parfaite harmonie,… jusqu’au mois dernier.

La femme, qui, avant de venir à bamako, devait certainement faire partie d’un groupe de femmes organisatrices de paris (tontines), demanda à son mari de lui donner… le prix d’un uniforme que ses amies avaient décidé de porter.

L’uniforme en question, c’était du bazin “Gagny Lah” bien teinté et qui necessitait donc une forte somme.. que son homme ne possédait évidemment pas. Aussi, malgré la force de l’amour qu’il éprouvait pour sa femme, le pauvre mari n’a pu réunir l’argent nécessaire. Néanmoins, il parvint, on ne sait comment, à réunir 25 000 FCFA qu’il présenta à sa douce moitié.

Mais la dulcinée, non contente de la modicité du “cadeau ” financier, se mit en colère. Alors elle se répandit en propos très durs à l’endroit… du mari. En dépit des apaisements et prières de ce dernier, aidé en cela par ses amis, la colère de la capricieuse femme ne faisait au contraire qu’envenimer.

S’étant finalement aperçue que son mari est dans l’incapacité de satisfaire ses désirs, voire ses caprices, la “chère épouse” ne fit ni une, ni deux : elle plia bagages et rejoignit son domicile parental, dans sa région natale. Le mari, qui n’a rien compris de cette brutale attitude de sa femme (et pour cause) ne pipa mot, préférant… s’en remettre à Dieu.

Ainsi, voyant que pendant plus de six mois, son mari ne faisait aucun signe de vie, ni n’allait voir ses beaux-parents (pour réconciliation, espérait-elle), la dame fugueuse tenta de rejoindre la capitale pour récupérer le reste de ses affaires.

Alors ses parents décidèrent de venir à Bamako pour demander des comptes à leur gendre. Mais ils furent estomaqués par les explications de de dernier. Aussi, ils décidèrent à leur tour de chasser leur fille qui se retrouve à Bamako comme… aide-ménagère.

Quant au mari, plutôt à son ex-conjoint, il s’apprête…à se remarier, et cela, dès le mois prochain. Quant aux six rejetons de l’ex-couple, ils sont tous rentrés au village. Depuis l’annonce du remariage de son ex, la pauvre femme est en train de remuer ciel et terre pour revenir au bercail conjugal. Mais il est trop tard, semble-t-il.

Cette attitude de la femme capricieuse est aujourd’hui décriée par tous. Pour les uns, elle se croyait tout permis. Pour les autres, ses mauvaises compagnes de la ville et surtout, la tentation et le gain facile, ont complètement changé son train de vie.

L’homme, qui est aujourd’hui envahi par les personnes les plus respectées du quartier (pour réconciliation), acceptera-t-il le retour de la femme? Selon certains, il continue toujours d’aimer cette femme qui a pourtant oublié les vertus du mariage. C’est que pour un couple pauvre, il n’est pas facile d’élever six enfants. Mais ce n’est pas une raison pour obéir à ses caprices, jusqu’à divorcer…

En attendant l’issue heureuse de son affaire, l’aide -ménagère, pardon, la femme continue de consulter marabouts et autres “somas” pour que son mari reviennne à de meilleurs sentiments. Tout ce qui compte aujourd’hui pour elle, c’est de revenir dans son foyer. Et peu lui importe désormais l’arrivée de sa coépouse qui est annoncée pour le mois prochain.

Il semble que la leçon qu’elle a subie et l’attitude du mari suite à sa fugue ont complètement changé sa façon de voir les choses conjugales. En tout cas, si elle ne retourne pas chez son désormais ex-mari, elle ne devrait s’en prendre qu’à elle-même, pour avoir confondu les leurres de la ville aux lueurs de la réalité. Et sa mésaventure pourrait servir de leçon à nos soeurs mariées qui débarquent pour la première fois en ville avec leurs maris.

Sadou BOCOUM

28 Mai 2008