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Hier, le président du Conseil national de la Jeunesse (CNJ-Mali) a été forcé de suivre des hommes armés et conduit dans un lieu qu’il ne saurait décrire. Retenu deux heures par ceux-ci et menacé, il a finalement été libéré.jpg_une-2816.jpg

Ce rapt qui a eu lieu dans la mi-journée du 20 mai 2014 serait lié à l’organisation du sit-in devant l’ambassade de France à Bamako suite au regain de tension à Kidal, où des dizaines de personnes ont péri dans des affrontements entre l’armée et les groupes rebelles qui ont assassiné de sang-froid six représentants de l’état, désarmés, le samedi 17 mai . «Tout ce qu’ils m’ont dit, c’est que la France n’est pas coupable de cette affaire», a expliqué Mohamed Salia Touré, contacté par nos soins, quelques heures après sa libération.

Les 19 et 20 mai, quelques deux cent maliens, essentiellement des jeunes, ont manifesté devant la représentation diplomatique française dans le but «d’interpeller la France par rapport à sa position concernant Kidal», selon le représentant des jeunes.

«La position de la France est très ambiguë dans la gestion de la crise de Kidal. Elle a été au cœur de la libération des autres régions du nord. Il est inadmissible pour nous que cette France, si elle veut bien aider le Mali, continue à faire en sorte que Kidal échappe à l’autorité de l’Etat», soutient le leader de la jeunesse.

Le Rapt se serait déroulé dans les locaux de l’organisation avant que la victime ne soit déportée vers un lieu inconnu. Les auteurs de l’agression restent non identifiés mais Touré croit à une ramification du groupe rebelle dans Bamako. «Je pense finalement que ces gens du mnla ont des répondants à Bamako. Ils veulent mettre le bâton dans les roues des autorités pour que cette histoire de Kidal ne puisse pas être tirée au clair», a-t-il indiqué. Avant d’ajouter : «Hier, on a fait le sit-in, aujourd’hui, on l’a fait et nous allons le répéter demain. Nous allons continuer à interpeler la France».

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE

Le 21 Mai 2014