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La complicité de la Mauritanie dans la déstabilisation du Mali est connue de tous. Dans les milieux politiques, intellectuels et auprès d’experts de la région, cette présence mauritanienne aux côtés des bandits armés responsables de nombreux crimes au Mali ne souffre d’aucun doute.

Le président mauritanien, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme a plusieurs fois pointé du doigt le Mali qu’il accuse être le maillon faible des pays du champ. Par la même occasion, il avait déclaré que l’armée malienne n’arrivait pas à mettre fin aux agissements d’une poignée d’individus. C’est encore ce même président qui s’est dit engagé à apporter son appui au Mali pour venir à bout des bandes armées. Seulement, le bon sens voudrait que non seulement le GénéralAbdel Aziz mette un terme à sa collaboration avec ces bandits, mais qu’il accepte également de les livrer à la justice malienne.
our cerner la complicité de la Mauritanie dans la déstabilisation du Mali, il est important de connaitre certains détails. Le gouvernement malien a toujours discuté avec les Ifoghass, l’ethnie touareg jugée hostile à toute forme d’administration et, par ailleurs, à l’origine de toutes les rébellions ayant secoué le Mali depuis les années 1960.

Cela, en vue d’un règlement politique de l’irrédentisme touareg. Ce groupe ethnique, aux yeux de certains, représente la tutelle naturelle de l’ensemble des tribus arabes et touarègues. Ce qui était très mal vécu par nombre d’entre elles. C’est ainsi qu’est née une alliance des Imgades (une autre branche touareg) contre Bahanga lorsque ce dernier avait refusé, en 2006, de déposer les armes et de les rendre au gouvernement malien. Pour contrer cette alliance, Bahanga demanda l’aide du gouvernement mauritanien. C’est cette alliance, conduite par un certain Ould Meydou, officier supérieur de l’armée malienne, qui avait attaqué en son temps les partisans de Bahanga, les mettant en déroute et les obligeant à se réfugier en Libye. C’est dans ce pays que le renégat séjourna jusqu’à la mort de Kadhafi. Plus tard, il reviendra au Mali où il trouvera la mort dans un accident de la route.

Le soutien de la Mauritanie s’est manifestée également à travers l’accueil par le régime du président Abdel Aziz, de l’ancien ministre de Moussa Traoré, Mahmoud Ag Hammet. Ce dernier utilisa ce pays comme base arrière du mouvement national de libération de l’Azawad.On se rappelle que c’est depuis les salons huppés de Nouakchott que cet ncien baron de la dictature UDPMiste a concocté son projet machiavélique à l’encontre du Mali. Comme si cela ne suffisait pas, le président mauritanien reçut également Nina Ag Walet, le Colonel Bouna Ag Teybe, précédemment en poste à Kayes et toute la bande des caïds cherchant à déstabiliser le Mali.

Le président mauritanien, dans plusieurs sorties médiatiques, a déclaré que le Mali est le maillon faible de la lutte contre le terrorisme dans le sahel et que l’armée malienne n’arrive pas à faire face à une poignée d’individus. Il avait estimé les bandits armés entre 300 et 400 personnes.

Avec la tournure des événements, le président Aziz se rendra bientôt compte que son pays est sur le point d’être qualifié de » dindon de la farce « . Et pour cause, de plus en plus de voix se sont élevés au Mali, en Europe et ailleurs pour dénoncer la complicité de la Mauritanie avec les terroristes d’Ansar Dine et les bandits du MNLA.

C’est pourquoi, en recevant Saïd Djinnit, le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, le week-dernier, Mohamed Ould Abdel Aziz a assuré son visiteur que son pays est disposé à appuyer les efforts » entrepris en commun » pour résoudre la crise malienne.
Ce soutien de la Mauritanie à notre pays a fait dresser les cheveux sur la tête. Beaucoup de Maliens, qui doutent de la sincérité de cette déclaration du président mauritanien estiment à juste titre que celui-ci doit d’abord faire le ménage chez lui.

Cela passe forceément par l’extradition des responsables du MNLA accusés de crimes d’assassinats, de viols et de pillages par la justice malienne Amnisty international et Human Wriths Watch. Nous savons aussi que la Cour pénale internationale (CPI) entend se saisir du dossier et l’a même annoncé il y a de cela quelques jours.

C’est dire donc que le président mauritanien doit d’abord prouver sa bonne foi et s’efforcer à soigner l’image de son pays suffisamment compromise depuis sa connexion avec les bandits armés et les terroristes d’AQMI qu’il prétend combattre.

Moussa SIDIBE

L’Indépendant du 7 Juin 2012