Partager

Le Haut Conseil Islamique du Mali a informé la presse de la tenue d’un grand meeting le samedi 29 juin au Palais des sports de Bamako pour sortir le pays de la crise. «Notre pays est dans une situation que tout le monde connait ; hier c’était au nord, aujourd’hui c’est au centre. Il y a du sang versé partout, du feu dans les chambres à coucher », a déploré l’imam Ibrahim Kontao, le vice-président du Haut Conseil Islamique du Mali.
Selon les responsables de l’instance représentative des musulmans du Mali dirigée Cherif Ousmane Madani Haïdara, il s’agit d’un meeting œcuménique, rassemblant toutes les sensibilités religieuses, pour soutenir les initiatives en faveur de la paix. A ce grand meeting sont invités les musulmans, les Chrétiens et des Maliens de toute autre obédience religieuse afin d’exorciser le mal, de trouver des solutions endogènes.

L’objectif, selon le Haut Conseil Islamique, est de partager avec les Maliens des propositions de sortie de crise, puisque les forces maliennes et étrangères ont toutes échoué. «Nous avons entrepris des échanges avec d’autres couches de la société maliennes en vue de trouver des solutions ; nous allons parler du Mali et de la paix, rien d’autres », a poursuivi le vice-président du Haut Conseil Islamique.

Pour porter loin l’appel, un rôle important est dédié à l’Imamat, l’association des imams qui a des représentants dans les moindres recoins du pays. «C’est une obligation pour nous de venir en aide à nos frères et sœurs déplacés. Argent, nourriture, vêtement : tout est bien venu ; que tout le monde apporte ce qu’il peut pour aider ces déplacés. Il faut que toutes les mosquées se mobilisent, même si une mosquée se résume à un enclos, elle doit se mobiliser », a affirmé l’imam Fodé Cissé, le président de l’Imamat.

Les responsables du Haut Conseil Islamique du Mali ont eu une pensée particulière pour les victimes de la région de Mopti où une série de crimes graves a été commise. C’est ainsi que Kadia Togola, la présidente de l’Union nationale des femmes musulmanes du Mali (UNAFEM), a exprimé sa préoccupation pour le sort de ses sœurs déplacées. «Nos sœurs qui ont quitté leurs localités n’ont pas de vêtements parce que leurs maisons ont été incendiées, donc elles n’ont que les vêtements qu’elles portaient », a-t-elle fait savoir.

La présidente des femmes musulmanes du Mali a fait part de son inquiétude face à la barbarie que représentent les attaques récentes dans les villages du centre du pays. «Nous n’avons jamais vu une pareille chose ; ce ne sont plus les hommes qu’on tue: les animaux et même les greniers sont détruits », a-t-elle dénoncé. Elle a ainsi lancé un appel aux femmes chrétiennes pour qu’elles se joignent au meeting du samedi prochain.

Soumaila T. Diarra
Le Républicain du 26 Juin 2019