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A la faveur d’une rencontre organisée ce mardi 31 mars 2009, le Directeur Général de TRANSRAIL, M. Eric Peiffer, a présenté le nouveau plan de sauvetage de l’entreprise. Un plan qui s’articule autour de quatre axes : une réduction des charges qui doit passer par le licenciement de 376 agents ; un programme d’investissement d’urgence permettant de relever la capacité de production de l’entreprise ; et l’achèvement juridique de la concession.

En plus de ces mesures, il est également envisagé la recapitalisation de la société, puisque, selon M. Eric Peiffer, le capital de l’entreprise a été complètement absorbé par les pertes subies, notamment durant l’exercice 2006. , Des explications du DG, il ressort que ces mesures visent tout simplement à créer les conditions d’un nouveau départ pour TRANSRAIL et à garantir le maintien d’une activité de transport essentielle au développement social, ainsi que les emplois qui y sont rattachés.

En présentant ce plan dit de “sauvetage”, M. Eric Peiffer a d’abord décrit la situation dans laquelle la société TRANSRAIL est plongée depuis sa concession, Sans compter les autres charges. A en croire le Directeur Général, les salaires, à eux seuls, représentent près de 42% du chiffre d’affaires de l’entreprise. Un plan de réduction des charges passe donc soit par une réduction de la masse salariale, soit par des licenciements pour motif économique, a déclaré le DG.

Selon M. Eric Peiffer, la Direction a d’emblée écarté la première solution (la réduction de la masse salariale), puisque, dit-il, “si elle peut paraître solidaire, elle n’est ni juste, ni équitable”. Pour le premier responsable de l’entreprise, les personnels concernés par le licenciement seront ceux qui sont restés durablement inactifs ou improductifs et dont le départ n’entraînera donc aucune baisse de la capacité opérationnelle de la société, a-t-il expliqué.

Toujours selon le DG Eric Peiffer, la direction de TRANSRAIL est évidement consciente du trouble social qui résulte de telles mesures, ainsi que des situations de détresse qu’elle vont créer. Mais “cet effort douloureux ne peut être évité si l’on veut sauver la société et le reste des emplois : l’évaluation du schéma institutionnel et du fonctionnement de l’entreprise , à l’issue de trois années d’exploitation de la consention, avait permis d’identifier quelques insuffisances auxquelles il fallait apporter des solutions urgentes“, dira le DG Eric Peiffer.

Deux réunions de concertations multipartites, tenues en Décembre 2006 et Décembre 2007, avaient permis d’identifier des pistes de solutions devant permettre de corriger les faiblesses identifiées et d’assurer la pérennité de l’entreprise, informa le DG. C’est pourquoi, dans une correspondance adressée par les cadres maliens et sénégalais membres du comité de direction de l’entreprise, un appel a été lancé à l’ensemble du personnel en vue d’accompagner le plan de sauvetage qui a été proposé, pour l’atteinte de l’équilibre d’exploitation, seul gage de la pérennité de la concession de l’axe ferroviaire Bamako-Dakar.

Selon M. Eric Peiffer, l’absence d’une mise en oeuvre des solutions identifiées depuis 2006 et 2007, en dehors du changement de l’actionnariat stratégique (remplacé par le groupe ADVENS) et de l’opérateur ferroviaire (remplacé par VECTURIS), la situation de TRANSRAIL interpelle à la fois les autorités politiques, les travailleurs, les partenaires sociaux, les acteurs économiques et les populations des deux pays.

A la suite d’une rencontre organisée à Kayes, les six structures syndicales de TRANSRAIL ont examiné le plan proposé. Mais de leur constat, il résulte que le personnel n’a rien à avoir avec l’échec de TRANSRAIL ou l’impasse dans laquelle la société se trouve actuellement.

Par conséquent, le syndicat a déclaré qu’il s’oppose catégoriquement à l’option choisie par le conseil. De cette position est née une rupture des relations entre le Directeur Général et ses partenaires sociaux qui, eux, ont assuré leur disponibilité à rester toujours ouverts aux autorités concédantes et au Conseil d’Administration.

Laya DIARRA

01 Avril 2009