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Le risque de crise humanitaire encouru par les pays sahéliens semble préoccuper l’Union européenne. En effet, selon la Commission européenne, l’UE a décidé de débloquer 2014 142 millions d’euros soit 1 milliard 320 millions d’euros d’aide humanitaire en faveur de la région africaine du Sahel. Celle-ci risque à nouveau de connaitre cette année une grave crise alimentaire et nutritionnelle. La Commission rappelle que cette année, les taux de malnutrition sévère aiguë continuent de dépasser les seuils d’alerte dans de nombreuses régions du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Nigéria, du Sénégal et du Tchad.

L’institution souligne que près d’un million et demi d’enfants sont exposés cette année à un risque élevé de malnutrition sévère. Aussi, elle précise que près de trois millions de Sahéliens ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence. La Commission rappelle par ailleurs que la priorité sera accordée aux soins nutritionnels vitaux apportés aux enfants et aux mères, tout en offrant aux populations les plus vulnérables une aide alimentaire et un accès aux services de santé de base et à l’eau potable.

S’agissant particulièrement du Mali, la Commission indique que de nombreux Maliens ont besoin d’aide humanitaire dans le nord du pays. Ce soutien, précise-t-elle, permettra aussi à des centaines de milliers de réfugiés et personnes déplacées dans leur propre pays de continuer à recevoir une aide vitale.

Rappelons qu’en marge de l’appel lancé par les Nations Unies sur la situation au Mali, le 3 février dernier à Rome, 11 organisations humanitaires ont tiré la sonnette d’alarme sur la situation extrêmement critique qui sévit dans le nord du Mali. Avant d’appeler à une augmentation immédiate du financement de l’aide humanitaire d’urgence. Parmi les causes de cette situation, ces organisations évoquent la faiblesse des récoltes au cours de ces deux dernières années et le contexte sécuritaire relativement précaire.

Ces organisations avaient malgré tout exprimé leur scepticisme quant au respect des engagements pris par les bailleurs pour résorber cette situation. S’appuyant sur le fait que l’appel d’urgence humanitaire des Nations Unies pour le Mali à couvrir les besoins humanitaires pour 2013 n’a été financé qu’à 55%. Espérons que le premier jalon posé par l’UE sera suivi par d’autres bonnes volontés.

Massiré Diop

SOURCE: L’Indépendant du 6 fév 2014.