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De même, il estime qu’il revenait aux partis ayant combattu ATT aux 1er et 2e tours de la présidentielle dernière d’accepter de jouer leur rôle d’opposition responsable et crédible.

Il fait, sans nul doute, allusion à l’ADEMA qui a combattu ATT au profit de son candidat Soumaïla Cissé. C’est le même ADEMA qui a donné naissance à l’URD. Son appel ne peut donc concerner que ces deux formations politiques qui ont refusé de jouer le rôle qui leur revient dans une véritable démocratie.

Des débats politiques sont dominés, depuis plusieurs semaines, par la signature des accords d’Alger et la publication du Manifeste pour la Démocratie.

Concernant ce dernier point, ses auteurs multiplient les rencontres avec les partis politiques pour leur expliquer le bien-fondé de leur démarche. Et surtout les convier à participer à la table ronde qu’ils entendent organiser.

C’est ainsi que le RPM et le PARENA leur ont manifesté leur totale adhésion alors que l’ADEMA reste perplexe sur la question. Le CNID et SADI ont, quant à eux, rejeté l’analyse faite par le Pr. Abdoulaye Traoré dit Diop, président de l’Association Démocratie et Justice, initiatrice du Manifeste pour la Démocratie.

La dernière formation politique rencontrée reste le BARA du Pr. Yoro Diakité. Dans une déclaration déposée à notre rédaction et signée par ce dernier, on relève qu’une importante délégation de l’Association Démocratie et Justice (A.D.J) conduite par Monsieur Moustaph Soumaré a été reçue au siège du BARA, autour de son document intitulé «Manifeste pour la Démocratie».

Après de longs et fructueux débats, d’explications et d’échanges, tant sur le manifeste que sur l’état de la démocratie au Mali, les deux délégations ont noté des points de convergence politique, mais aussi de divergence sur la forme et le fond du manifeste.

S’agissant des divergences, le BARA estime que le régime ADEMA a une grande responsabilité dans l’éclatement et la déconfiture des partis politiques : «au bout des dix ans du président Alpha Oumar Konaré, les partis étaient complètement laminés, réduits à leur plus simple expression par la manipulation, la corruption et transformés en partis politiques alimentaires. Le BARA soutient qu’un candidat indépendant élu, ne peut gouverner qu’en s’appuyant sur une coalition de partis. Il revient aux partis l’ayant combattu au 1er et 2e tours, d’accepter de jouer leur rôle d’opposition responsable et crédible, en animant la vie démocratique parlementaire à l’Assemblée nationale…».

Ces mots du Pr. Yoro Diakité s’adresse à l’ADEMA de Dioncounda Traoré qui a combattu ATT aux premier et second tour de la présidentielle passée. C’est cette ADEMA qui s’est scindée en deux avec la création de l’URD de Younoussi Touré. Donc, au-delà du parti de l’abeille, celui de la poignée de mains est également visée par l’ancien N°2 du gouvernement IBK.

Dans une démocratie civilisée, l’ADEMA et sa benjamine auraient dû être dans l’opposition puisque c’est bien le candidat des rouges et blancs, Soumaila Cissé qui a mordu la poussière au second tour de la présidentielle de 2002 face au Général ATT. Mais, au lieu de cela, nous avons assisté à l’embrigadement du vainqueur par le vaincu qui ne cesse de chanter les louanges de son tombeur.

Depuis, la démocratie a pris un nouveau tournant au Mali et les ATTistes bon teint tentent de réinventer un nouveau modèle démocratique made in Mali. Ce système n’a convaincu personne en dehors de ses laudateurs.

Il est unique au monde. S’il était mieux, nombreux sont les pays voisins et autres qui allaient ruer vers le Mali pour s’en inspirer.

A quelques mois de la fin du quinquennat présidentiel, il est fort à parier que le futur président même si c’était ATT n’oserait plus réexpériementer un système aussi anachronique, inique et anti-démocratique.

Il faut désormais une opposition et une majorité parlementaires. Que la première joue correctement son rôle et que la seconde gouverne dans les normes prescrites par la loi.


Chahana TAKIOU

13 septembre 2006.