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Les jeunes de Yirimadjo projettent bientôt un sit-in devant l’OMATHO et le ministère du Tourisme

C’est à travers un sit-in devant l’hôtel-bar Milano que des jeunes de Yirimadjo (Commune VI) ont voulu protester contre la réouverture de cet espace. Qu’ils qualifient : « d’ un lieu de débauche « , en porte-à-faux avec l’article 3 du  » Décret 06-340 PRM du 10 Août 2006 portant réglementation de l’agrément et de l’exploitation des établissements de Tourisme au Mali « .

Pour obtenir la fermeture définitive du lieu incriminé, les jeunes projettent d’organiser un sit-in, le 22 octobre devant l’Office Malien de Tourisme et de l’Hôtellerie (OMATHO) et le 5 novembre devant le ministère de l’Artisanat et du Tourisme.

« Après le sit-in d’aujourd’hui (mercredi 8 octobre), si le directeur de l’OMATHO ne reconsidère pas sa décision de réouverture de l’hôtel bar Milano, nous allons organiser un sit-in le 22 de ce mois devant sa structure et le 5 novembre devant le ministère de l’Artisanat et du Tourisme. Et, parallèlement à ces actions, nous allons engager une procédure judiciaire pour obtenir l’annulation de sa décision controversée « .

C’est sur ce ton ferme et dur que les militants de l’Association pour le Développement de Yirimadjo Château (ADYC), du Mouvement Jeunesse Avenir (MJA) et les populations riveraines de l’établissement incriminé, réunis mercredi en sit-in devant l’hôtel-bar Milano, ont exprimé leur colère sur la réouverture de l’hôtel-bar « Milano« . Qu’ils qualifient, « d’ un endroit de débauche ».

Pour les organisateurs du sit-in , c’est l’emplacement de l’hôtel (situé à 30m côté ouest du Stade du 26 Mars, face à l’école La Référence et bâti entre des maisons) qui constitue le principal sujet de discorde.

 » L’article 3 du Décret 06 -340 PRM du 10 Août 2006 portant réglementation de l’Agrément et de l’exploitation des établissement de Tourisme au Mali, stipule : qu’aucun établissement de tourisme ne peut être établi à proximité des édifices ci-après: les lieux de culte, les cimetières, les établissements scolaires, les établissements hospitaliers et centres de santé et les casernes. Un établissement de tourisme ne peut être établi entre deux maisons d’habitation ou à proximité de maisons s’il est de nature à créer des nuisances de voisinage « , argumente Amadou Coulibaly président du MJA.

« Or, cet hôtel fait face à un établissement scolaire, il est bâti entre des maisons à usage d’habitation. Bref, il perturbe la quiétude des voisins », précise également Fakoro Niambélé, vice-président de l’ADYC. « C’est fort de ce constat que le maire de la commune VI, Souleymane Dagnon, a fermé l’endroit le 22 juillet. Mais à notre grande surprise, le directeur de l’OMATHO l’a réouvert. Arguant que le maire n’a pas qualité pour décider la fermeture d’un établissement hôtelier », regrette t-il.

« Une chose est sûre, on ne peut inculquer nos valeurs sociétales aux enfants quand ils jouent ou étudient en face d’une chambre de passe« , regrette Mme Sangaré Salimata Diarra, promotrice de l’école La Référence, laquelle fait face à « Milano ».

En tout cas, le moins qu’on puisse dire, c’est que rien ne va plus entre les associations de jeunes de femmes, des populations riveraines et le promoteur de l’hôtel Milano. Car les habitants du quartier Yirimadjo n’aspirent, aujourd’hui, qu’à un seul vœu : la fermeture de Milano.

Kassoum THERA

10 Octobre 2008