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Le Sylima et le Synag reconduisent leur grève illimitée le 4 mai 2009. La non-signature, par le chef de l’Etat, du décret portant prime de judicature expliquerait cela.

Le torchon brûle de nouveau entre le Syndicat libre de la magistrature (Sylima), le Syndicat autonome des greffiers, secrétaires de greffe et parquet (Synag) et l’Etat. Les deux syndicats ont déterré la hache de guerre pour reconduire leur mot d’ordre de grève illimitée à partir du 4 mai parce qu’ils s’estiment floués par une promesse présidentielle.

Le Sylima et le Synag avaient entamé une grève de 72 h à la mi-mars 2009. A partir du 20 mars, ils ont transformé leur mouvement en grève illimitée. Le gouvernement mesurant le danger qui planait sur la gestion du contentieux pré électoral des communales du 26 avril 2006 avait mis en branle une mission de bons offices pour renouer le fil de la médiation.

La Cour suprême a été ainsi mise à contribution pour que le Sylima et le Synag mettent la pédale douce. Les deux syndicats ont été mis devant leur responsabilité morale de faire échouer les communales qui ne sont pas pour l’Etat seul, mais pour l’ensemble des populations qui auraient été pénalisées dans leur gestion de proximité.

Le médiateur de la Cour suprême a assuré magistrats et greffiers de la bonne foi du gouvernement de signer le décret de valorisation de l’indemnité de judicature en fin mars.

La date de paiement a été fixée à octobre 2009. Pour mettre en confiance ses interlocuteurs, il leur a expliqué que le retard serait dû aux missions du président de la République ces derniers temps à l’étranger et que le document serait signé dès qu’il sera sur place. Le Sylima et le Synag ont accepté de lever la grève illimitée. Ils sont restés tout de même sur leur garde, en affirmant qu’ils vont remettre ça si promesse n’était pas tenue.


Roulés dans la farine

Puisque rien n’a été signé jusque-là, les magistrats du Sylima et du Synag disent qu’ils ne sont pas des partenaires à être roulés dans la farine. Ils ont prévu d’observer la grève illimitée jusqu’à la signature du décret présidentiel en cause.

Sur les 15 points de doléances déposés sur la table du gouvernement, la prime de judicature des magistrats et l’indemnité de participation et de représentation des greffiers et secrétaires de greffe et parquet paraissent les revendications fondamentales.

Le Sylima en avait fait le préalable aux négociations. L’indemnité de judicature variait de 100 000 F par mois pour les magistrats de grade exceptionnel, 95 000 pour ceux du 1er grade et 85 000 F CFA pour le 2e grade. Les doléances présentées par le Sylima visent à les augmenter à 250 000 F CFA pour le grade exceptionnel, 225 000 F pour le 1er grade et 200 000 pour le 2e grade.

L’indemnité de responsabilité et de représentation demandée par le Synag a été doublée d’une nouvelle doléance. Celle-ci s’appelle indemnité de participation à la judicature. Le montant de la prime réclamée va de 30 000 F CFA par mois, pour les greffiers en chef, à 25 000 F CFA pour les greffiers et 15 000 F CFA pour les secrétaires de greffe et parquet. Ces montants étaient initialement de 10 000 à 5000 F pour les différentes catégories de greffiers.

Les primes de judicature ne sont pas une revendication nouvelle . Les deux parties avaient trouvé un accord formel sur la question et le paiement devait être effectif en juillet 2008 avant d’être différé à octobre 2008 à cause des difficultés budgétaires auxquelles l’Etat devait faire face dans le cadre du financement de « l’Initiative riz ». L’enveloppe a été prévue dans le budget 2009.


Abdrahamane Dicko

20 aVRIL 2009