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Hier lundi, pour exprimer leur mécontentement face aux résultats des négociations engagées avec le département de la Santé, la Coordination nationale des internes a organisé un sit-in à l’hôpital Gabriel Touré, où ils ont bloqué les issues de l’établissement, empêchant les malades et autres usagers d’y accéder.

En effet, la Coordination nationale des internes avait observé une grève de 48 heures, à partir du 30 octobre dernier, chose qui avait provoqué des échauffourées entre eux et les forces de l’ordre à l’hôpital du Point G. Hier lundi, c’était au tour de l’hôpital Gabriel Touré de connaître la même situation.
Moussa Konaté coordinateur national adjoint des internes et coordinateur des internes de l’hôpital Gabriel Touré, a affirmé que durant les récentes négociations, responsables du département de la Santé ont remis en cause des acquis.

Ebauches de solutions auraient été trouvées sur trois des quatre points des revendications actuelles des internes, qui sont la gratuité des examens complémentaires, la vaccination contre l’hépatite B et la connexion à Internet des salles de garde.

C’est au niveau du point ayant trait à l’augmentation de l’enveloppe financière globalement affectée aux internes par les établissements hospitaliers que les divergences persistent. En effet, les internes réclament 500 Fcfa par jour et par interne.

Par trimestre, les hôpitaux du Point G et de Gabriel Touré, allouent chacun à cette fin, 2,6 millions de Fcfa aux internes.

Daba Diawara, secrétaire général du département de la Santé, avait proposé de porter l’enveloppe globale à 3,5 millions de Fcfa.

Les internes selon Moussa Konaté ont refusé cette proposition. Alors, responsables du département ont remis en cause les acquis sur les 3 autres points de revendication, a-t-il soutenu.

Le professeur Sinè Bayo, directeur général de l’établissement, a tenté par la voie du dialogue de dissuader les internes de bloquer les issues de l’établissement en vain : « Nous ne pouvons utiliser d’autres moyens que le dialogue, ne nous poussez pas à la violence car elle ne sert à rien », a-t-il fait remarqués aux manifestants.

Le professeur Bayo s’est avoué surpris par l’agressivité verbale de certains internes et décrie l’attitude de certains étudiants extrémistes, qui ont poussé à bloquer les portes de l’hôpital, attitude qu’il ne peut accepter, car elle pénalise la population que l’on doit soigner.

Aussi devant le refus des internes d’obtempérer, la direction a fait appel aux forces de l’ordre pour dégager les issues.
Suite aux échauffourées qui ont alors éclatées entre les grévistes et les forces de l’ordre, trois personnes ont été blessés légèrement du coté des internes. Et comme lors des incidents de l’hôpital du Point G, les blessés ont été immédiatement pris en charge par le service des urgences chirurgicales sur instruction de la direction.

Quant au directeur général de l’hôpital Gabriel Touré, tout en indiquant que les négociations ne se déroulaient plus au niveau des hôpitaux, a constaté que certains points de revendication pouvaient être pris en charge immédiatement.

En effet, instruction avait été donnée par le département de la Santé à la Section immunisation, ancien Centre de transfusion sanguine (CNI), de mettre à la disposition de l’hôpital des doses de vaccin contre l’hépatite B, qui sont aujourd’hui disponibles à l’hôpital, a confirmé le chef de la Section immunisation, le Dr Nouhoun Koné.

En milieu de journée, le calme était revenu au sein de l’établissement, et les usagers pouvaient pénétrer sans le moindre problème dans l’enceinte de l’établissement.

Etudiants de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie qui ne sont pas dans la situation de « faisant fonction d’interne », ont également rallié le mouvement.

14 novembre 2006.