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Les comités syndicaux des enseignants du supérieur (Snesup) de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) et de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG) observent une grève illimitée depuis le mardi 16 septembre 2008. Motif : les enseignants exigent le paiement intégral des heures supplémentaires.

Joint au téléphone mercredi, le secrétaire général du comité Snesup de la FSJP, Djibonding Dembélé, a fustigé l’attitude du ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique qui, selon lui, ne respecte pas ses engagements.

Djibonding Dembélé explique que le problème remonte à l’année dernière quand le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique Pr. Amadou Touré s’est investi personnellement dans l’organisation de la 2e session de l’année universitaire 2006-2007 et qui a vu un nombre important d’étudiants recalés en 1re session et surtout à cause du contrainte de temps, car l’année universitaire suivante pointait déjà à l’horizon.

« A l’époque, nous nous sommes sacrifiés pour l’organisation de la 2e session et le ministre a promis de payer les frais de correction et de secrétariat » , rappelle le secrétaire général du comité Snesup de la FSJP, qui précise que le véritable point de discorde est aujourd’hui le non-paiement de leurs heures supplémentaires des 1er et 2e trimestres de l’année universitaire 2007-2008.

A en croire à notre interlocuteur, l’arrêté concernant le paiement de leurs dus reste bloqué au niveau du département de tutelle pour non-signature, d’où, selon lui, « la mauvaise foi du ministère ».

Par contre au niveau du ministère, l’on apprend que le ministre a déjà signé l’arrêté qui se trouve présentement au niveau du Trésor. Une source proche du département a révélé que le dossier a pris un « léger retard » à cause du fait que le ministre aurait demandé de corriger certains points car, « certains enseignants se sont accordés plus de 29 h supplémentaires et un nombre exagéré de mémoires encadrés », révèle notre source.

Le secrétaire général du Snesup, Dr. Abdou Mallé, regrette que des professeurs nouvellement recrutés dans l’enseignement supérieur n’aient touché, depuis leur prise de fonction (mai 2008) un iota de leur solde. Une situation jugée inacceptable par le Snesup qui est présentement, aux dires de Dr. Mallé, dans les préparatifs du Forum national sur l’éducation.

Pour de nombreux observateurs, ces crises de routine qui caractérisent désormais le rapport enseignants/ministère confirment déjà des doutes exprimés par de nombreux pessimistes quant au succès du Forum qui entend réunir tous les acteurs de l’école au mois d’octobre pour remettre notre école sur les rails.

Mais des inquiétudes persistent. L’on a remarqué ces derniers temps que les démons de la protestation se sont réveillés dans le milieu universitaire suite à l’organisation des examens à la FSEG. Le 7 septembre 2008, une protestation d’étudiants de cette Faculté contre l’organisation des épreuves d’examen a conduit à une violence sans précédent avec les forces de l’ordre.

Dans sa tentative de restaurer l’ordre, le ministre Amadou Touré a, au cours d’une rencontre avec les professeurs et étudiants de la FSEG, lundi dernier au rectorat de l’Université, déploré l’attitude des étudiants qui, d’après lui, n’ont pas à s’ingérer dans l’organisation des examens.

Aux termes de cette rencontre, il a invité des étudiants à faire leur mea-culpa au corps professoral. Ils se sont aussitôt exécutés.

Gageons que les professeurs acceptent l’excuse pour un retour définitif de la quiétude.

Amadou Waïgalo

18 Septembre 2008