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Les coups de la vie : “Pour me venger de mon mari ingrat et infidèle, je l’ai fait virer de son boulot…”

« J’ai posé un acte que vous trouverez peut être ignoble, mais je n’ai aucun regret malgré les dégâts que cela a pu causer. Je suis mariée depuis dix ans avec Denis que j’avais rencontré chez une amie.

A l’époque, il donnait des cours à domicile pour arrondir ses fins de mois. IL avait beaucoup de problèmes financiers et malgré son désir de poursuivre ses études, il avait dû les arrêter. Lorsque je l’ai aperçu pour la première fois, j’ai demandé à mes parents de l’engager comme répétiteur pour moi. Ils n’ont pas hésité car pour tout ce qui concernait l’école, mes parents ne lésinaient pas sur les moyens. Au fil du temps, nous sommes tombés amoureux l’un et l’autre. Au début, mes parents n’ont pas accepté cette relation avec mon répétiteur, mais j’ai réussie à les convaincre par la suite que Denis était un bon garçon. Quand ils ont appris à mieux le connaitre, ils l’ont beaucoup apprécié.

Ils le trouvaient poli et consciencieux, même s’il n’avait pas de grands moyens. Ils l’ont même aidé à poursuivre ses études jusqu’à l’obtention de son BTS. Il voulait poursuivre encore un peu plus loin ses études, mais le cycle ingénieur coûtait excessivement cher. Il s’est donc résolu à chercher du travail. Et toute ma famille s’attelait à lui trouver un boulot décent.

J’aimais Denis de toute mon âme. Je réglais le loyer de son studio et lui donnais de l’argent de poche car les cours à domicile ne rapportaient pas grand-chose. Denis m’avait promis le mariage dès que sa situation s’améliorerait. Dans l’attente d’un boulot qui serait mieux rémunéré, je suis tombé enceinte. Mes parents nous ont soutenus jusqu’à ce que j’accouche de notre première fille, Ange Maurelle.

Un jour, Denis m’a montré une annonce dans un journal. Il s’agissait d’une entreprise très sérieuse qui recherchait un ingénieur spécialisé en informatique pour trois mois d’essai. Denis était spécialisé en informatique, mais il n’était pas ingénieur.

IL avait toujours rêvé de travailler dans cette entreprise car ses employés étaient bien rémunérés. Mon frère Alain qui avait suivi la même formation que Denis, avait lui, obtenu le diplôme d’ingénieur en informatique. Mais il vivait en France et son diplôme trainait dans un ensemble, nous avons décidé de tricher un peu pour tenter notre chance. Nous avons scanné la photo de Denis et le diplôme d’Alain à l’ordinateur.

Nous avons falsifié les données comme s’il s’agissait du diplôme de Denis. Et comme la chance était de notre côté, Denis a été retenu pour l’essai. Par la suite, il a été embauché avec tous les avantages dignes d’un ingénieur. La voiture de service, les assurances, les missions, enfin tout. Il faut dire que Denis était assez intelligent, car malgré la combine, il s’est montré à la hauteur du poste qu’on lui avait confié. Nous avons jalousement gardé notre petit secret. Denis et moi, nous sommes mariés. Mes parents étaient fiers de lui.

Deux années après son embauche, nous avons eu Olga, notre deuxième fille, puis Cyril notre troisième enfant. Denis m’a ouvert une librairie qui me rapportait beaucoup d’argents. Mon mari n’arrêtait pas de gravir les échelons au niveau professionnel. Son patron avait beaucoup d’estime pour lui au point qu’il lui confiait les plus gros contrats de l’entreprise.

Après la naissance de notre deuxième fille Olga, je sentais mon mari se détacher de moi et le soupçonnais de me tromper. Il sortait beaucoup, prétextant des dîners d’affaires, des missions. Je ne me plaignais pas malgré la douleur qui était mienne. J’ai même vu des messages enflammés dans son portable, mais je feignais de ne pas m’en rendre compte. Aujourd’hui, je me dis que je n’aurais jamais dû le laisser faire. En effet, Denis s’était attaché à Barakissa, une commerçante ambulante à qui il avait offert une voiture et deux magasins.

Les échos m’en sont parvenus et lorsque j’ai posé la question à mon mari de savoir s’il me trompait, il m’a avoué sa liaison en me regardant droit dans les yeux. Je ne l’avais jamais vu comme ça. Il m’a dit qu’il était amoureux d’elle et qu’elle attendait un enfant de lui. Je n’ai pas pu placer un mot. Je me suis surprise à pleurer. Mon mari m’a laissé planter dans notre chambre et il est parti pour ne revenir que deux jours plus tard. Il ne m’adressait plus la parole. Lorsqu’il revenait, c’était pour récupérer des affaires et répartir aussitôt.

Il ne cachait plus sa liaison avec Barakissa et tout le monde les voyait en ville. Lorsque je l’appelais pour discuter, il refusait d’en parler. Je ne savais plus quoi faire pour sauver mon foyer. Mes parents ont essayé de le raisonner, sans succès. Denis était devenu un autre homme, vulgaire et arrogant. Il avait subitement oublié tous les sacrifices que j’avais consentis pour notre bonheur. Je souffrais, mais mon mari ne se préoccupait plus de moi, ni de nos enfants. Nos témoins de mariage sont également intervenus, mais Denis semblait sourd à toutes leurs supplications. Il ne vivait plus que pour Barakissa.

Une nuit, après avoir passé une semaine chez Barakissa, Denis est rentré à la maison. Il était environ minuit. Je ne dormais pas. Lorsque j’ai entendu ses pas, j’étais soulagée. Je me disais qu’il dormirait près de moi cette nuit- là, qu’il regrettait peut-être ses actes et qu’il était venu s’excuser. Toutes ces idées me traversaient l’esprit et je feignais d’être endormie. A ma grande surprise, j’ai senti qu’il sortait toutes ses affaires du placard. Je lui ai demandé où il allait. Sans état d’âme, Denis m’a dit qu’il allait vivre chez Barakissa et qu’il voulait qu’on divorce. J’ai pleuré toute la nuit.

Malgré mes larmes, Denis est parti me laissant seule avec nos trois enfants. Ce qui m’a fait le plus mal, c’est lorsqu’il m’a sorti, avant de s’en aller, qu’il ne voulait jamais que je l’appelle. Dorénavant, je devrais m’adresser à sa secrétaire pour lui faire passer mes messages, quelle qu’en soit la teneur ou l’urgence. J’ai trouvé ces propos injurieux et méchants. Comment Denis pouvait-il ignorer les dix sept années que nous avions vécues ensemble et me traiter de la sorte ? Je ne lui avais fait rien de mal, au contraire. Que me reprochait-il donc ? Pour une autre, avait-il le droit de faire une croix sur moi et mes enfants au point de m’interdire de l’appeler ? J’avais envie qu’il paye pour son insolence et qu’il comprenne que la vie ne s’arrête pas là ou il est arrivé.

J’ai pris rendez-vous avec son patron à qui j’ai raconté tout ce qu’il nous faisait subir à moi et aux enfants sans oublier l’épisode du faux diplôme, qui en réalité était celui de mon frère. J’étais prête à tout car Denis ne méritait pas tous mes sacrifices. Quel ingrat ! Son patron est tombé des nues. J’ai même apporté l’original du diplôme de mon frère pour confirmer mes dires. Et une lettre de l’établissement qui confirmait l’année où le diplôme avait été établi. Il n’était pas inscrit chez eux. J’y suis peut-être allée fort, mais il le fallait. Denis a été purement et simplement renvoyé, sans indemnité. Ils lui ont tout arraché : voiture, maison, enfin…tout. J’aurais dû penser à nos trois enfants avant d’agir ? Peut-être ! Mais lui non plus n’avait pas pensé à eux avant d’agir. Maintenant qu’il n’avait plus de boulot, il allait pouvoir bien vivre avec Barakissa, son grand amour… ».

Une histoire réelle inspirée de l’ouvrage d’Anzata Ouattara

Le Flambeau du 14 Mars 2012