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Le commissariat de police du 10e arrondissement de Niamakoro en Commune VI mène depuis plus de cinq mois ses patrouilles à pied. Une corvée que les agents sont obligés d’endurer suite à une panne de leur unique véhicule de patrouille.

Profitant de sa cérémonie d’intronisation, il y a quelques semaines, le directeur général de la police, le contrôleur général Niamé Kéita, avait promis de s’investir pour le renouveau de la police malienne afin que celle-ci puisse assumer pleinement son rôle de sécurisation des hommes et de leurs biens.

A l’état actuel des choses, l’objectif est loin d’être atteint. En effet, en plus de l’indiscipline qui prévaut dans les rangs des hommes en uniforme, certains commissariats de police manquent cruellement de moyens logistiques pour mener à bien leurs activités quotidiennes. C’est le cas du commissariat du 10e arrondissement, à Niamakoro. Là-bas, les agents, à défaut d’un véhicule, font leurs patrouilles nocturnes à pied.


Le taxi pour les prévenus

« Depuis plus de cinq mois nous faisons les patrouilles à pied et nous sillonnons uniquement là où nos pieds peuvent nous amener », déplore un agent qui révèle qu’ils ont même de la peine à transporter les détenus. Il précise que « pour le transport des détenus au parquet, nous empruntons soit un taxi soit nous faisons usage de la voiture principale du commissaire ».

Le commissariat du 10e arrondissement qui est un poste stratégique couvrant plusieurs quartiers (Niamakoro, Sénou, Faladié, Cité Unicef…), dont certains sont considérés comme des nids de bandits de grand chemin, est plus jamais dans le besoin d’un moyen de locomotion.

Selon notre source, le véhicule de patrouille de son service qui se trouve à l’état d’épave à cause de la répétition des accidents qu’il a subis a été à maintes reprises réparé par la mairie de la Commune.

Lasse, cette dernière a finalement soutenu qu’elle n’est plus en mesure de prendre en charge les frais de réparation.
Amadou Waïgalo


Justice ?

La récente signature d’une charte de bonne conduite, qui lie dorénavant tous les acteurs de la justice, est la preuve si besoin est que notre 3e pouvoir est bel et bien une écurie d’Augias qui mérite d’être « nettoyée au Kärcher ». La justice malienne aujourd’hui rédemptrice de la justice malienne ? Hum ! Souffrez encore une fois que nous jugions que ce ne soit qu’une simple manifestation « du culte de la persévérance dans l’erreur ».

Dans une société primitive, les citoyens épris de paix et de justice allaient applaudir des deux mains. Ici, ils ont accueilli la nouvelle, la moue dubitative, car ils savent que nulle part au monde, l’on ne parviendra à faire du neuf avec de l’ancien ; que désormais, ici, il n’y aura qu’exceptionnellement justice quand des hommes qui doivent enfiler la tenue du bagnard porteront la toge du juge droit, loyal et impartial ?

« Qui a bu boira », dit l’adage. Alors, gardons-nous de croire au père Noël ! Un garde des Sceaux, qui voulait naguère faire le ménage, n’a-t-il pas été prié de prendre la porte ? Toutefois, l’accord intervenu entre les syndicats de magistrats et de greffiers, les ordres ou chambres d’avocats, de notaires, d’huissiers, de commissaires-priseurs et le ministère de la Justice a au moins le mérite de soulever des questionnements.

Est-ce donc à dire qu’avant le 26 juillet 2008, date de la signature de la charte, de nombreuses décisions de justice, rendues au nom du peuple souverain du Mali, ne l’ont pas été dans les règles de l’art ? Si oui, est-ce que les verdicts en cause seront annulés ?

Au demeurant, un juge, un avocat ou un notaire… ne prête-t-il pas serment avant d’entrer en fonction ? N’y a-t-il pas des règles et principes clairs qui régissent ces professions et qui s’appliquent aux contrevenants ? Or, ces derniers temps, aucun juge ou auxiliaire de justice à notre connaissance n’a fait l’objet même d’une simple mesure administrative.

Allons donc ! Ce n’est qu’une nouvelle opération de charme destinée à tromper le peuple qui doit pourtant se convaincre que « les jugements de cours et de tribunaux vous rendront noir ou blanc selon que vous soyez riche ou pauvre ». Il doit se convaincre qu’il risque d’en être longtemps ainsi dans ce Mali qu’on a délibérément égaré, et où la « réussite » ne se juge plus qu’à la seule aune du pouvoir d’achat.

Des juges et auxiliaires de justice ne sont certes pas les seuls coupables (des éducateurs, des apprenants, des médecins, des ingénieurs, des administrateurs maliens, de plus en plus, se moquent, comme de l’An 40, de leurs éthiques et déontologies pour ne se prosterner que devant le commandant Argent). Mais, les tares du 3e pouvoir, dernière soupape de sécurité, ont certainement le plus de répercussions négatives sur notre développement social et humain durable.


Et alors ?

A. M. T.

04 Aout 2008