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Depuis trois ans, nous ne cessons d’attirer l’attention des Maliens sur l’insécurité qu’ATT compte installer dans le pays pour continuer à diriger le Mali. De l’Accord d’Alger signé en 2006 avec l’Alliance pour le changement au retour des militaires libyens d’origine avec des armes, en passant par la boucherie de Abeïbara, le Nord- Mali est abandonné aux mains des preneurs d’otages, des trafiquants de drogue et des séparatistes.

Avec la multiplication des attaques, les Maliens commencent à nous donner raison. Nous vous proposons un de nos articles sur cette question et qui reste collée à l’actualité nationale.

La Libye ne disposait pas d’une armée digne de ce nom. Mais une garde prétorienne, chargée uniquement de la protection du Guide libyen et sa famille. Elle était estimée à environ 30 000 éléments.

Au Mali, les autorités locales de Kidal ont sonné l’alerte. Le président de l’Assemblée régionale de cette localité du Mali, sur RFI, a exprimé ses inquiétudes. Surtout celle concernant le retour des déserteurs de l’armée libyenne avec des armes. Cette inquiétude de l’élu de Kidal était largement partagée par les Maliens dont la majorité n’excluait pas une nouvelle rébellion dans le Nord de notre pays.

Kadhafi tombé sous les balles des contestataires, le Nord- Mali est transformé en poudrière par les rebelles touaregs. Les mercenaires, qui ont eu la vie sauve, ont rejoint le Mali avec armes et bagages. Et on sait que la gestion des hommes armés est toujours une équation difficile à résoudre.

Par le passé, les autorités maliennes ont été confrontées au retour des hommes armés. Pour se faire entendre, ceux-ci ont animé des groupes de rébellion dans les années 1990 avec des revendications allant de l’autonomie à la sécession. Ces hommes avaient gagné leur galon dans la Légion verte, créée par Kadhafi dans les années 1970 avec comme ossature les Touaregs du Mali et du Niger. Ils étaient tous aguerris au combat pour avoir combattu dans la bande d’Aouzou au Tchad. Les combats entre les mouvements rebelles et les armées régulières aboutirent à la signature d’accords de paix qui marchent toujours avec des béquilles.

Après la chute de Mouammar Kadhafi, l’insertion de ses hommes armés posera de sérieux problèmes. Les Maliens savaient que le retour au bercail de leurs frères armés déboucherait sur un conflit. Et en cas d’instabilité à quelques mois des élections générales de cette année, ATT aura son troisième mandat sans passer par une reforme constitutionnelle. L’article 50 de notre loi fondamentale lui accorde ce privilège lorsque l’intégrité territoriale est menacée.

Colonel Gabriel Poudiougou Chef d’Etat major

Suite aux humiliations subies par l’armée le colonel Gabriel Poudiougou devient chef d’Etat major des Armées. Précédemment chef d’Etat major de l’armée de terre avant de se voir nommer en juin 2008 chef d’Etat major des Armées (promu quelques jours après au grade de général).
La nomination du général Gabriel Poudiougou chef d’Etat major général des armées est intervenue à un moment où une crise de confiance s’installait au sein de la grande muette suite aux humiliations subies par elle dans le Nord du pays et au comportement de certains officiers supérieurs.

Il est l’un des rares officiers supérieurs de notre armée dont la cote de popularité ne cesse de grimper. Cette popularité tient au fait qu’il est le seul chef d’Etat major à se rendre à Kidal depuis les évènements du 23 mai 2006.

A la tête d’un renfort en mai 2008, le colonel, dont la progression avait été ralentie par les menaces d’attaque de la bande Bahanga, a fait intervenir l’aviation pour briser les colonnes des bandits. Ainsi cette décision courageuse lui attire admiration et respect de la part des hommes de troupe.

Mais du côté de Koulouba, on voyait son action d’un mauvais œil. La présence de Poudiougou à Kidal a d’ailleurs remonté le moral des hommes en tenue, longtemps restés orphelins de sa hiérarchie.
La nomination du général Sadio Gassama au ministère de la Défense et des Anciens combattants ne présage rien de bons pour la fin des hostilités dans le nord du Mali. Gabriel est un homme de poigne et sa priorité est sûrement le Nord du Mali, une région qu’il connait bien.
Quant à Gassama, il serait un officier indécis, furtif, manipulable. Or le Nord Mali, c’est la Colombie. Il faut un ministre marionnette à la Défense.

Yoro SOW

Le 6 Février 2012