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Lors de la création de la Cour pénale internationale (CPI), « l’objectif était d’éviter toute sorte d’impunité, mais désormais le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale », a déclaré devant la presse le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, président en exercice de l’Union africaine (UA), assurant que « les dirigeants africains ne comprennent pas les poursuites contre » le président kényan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto, inculpés depuis janvier 2012 de crimes contre l’humanité par la CPI. MM. Kenyatta et Ruto, élus respectivement en mars président et vice-président du Kenya sur un ticket commun, sont poursuivis par la CPI pour leur rôle présumé dans l’organisation des terribles violences ayant suivi le précédent scrutin présidentiel de décembre 2007. Le procès de M. Kenyatta doit s’ouvrir le 9 juillet. Celui de Ruto a été reportée sine die début mai. L’UA a adopté « par consensus » une résolution demandant la clôture de la procédure kényane devant la CPI. « Maintenant que le Kenya a réformé sa justice (…) les choses devraient être laissées aux tribunaux » kényans, a estimé la présidente de la Commission, Nkosazana Dlamini-Zuma. La Cour a fait savoir à l’AFP qu’elle « ne réagirait pas aux résolutions de l’UA ». L’UA n’a aucune force contraignante sur la CPI. Seul le Conseil de sécurité de l’ONU, auquel elle est liée par un accord de coopération, peut simplement réclamer une « suspension » des procédures. AFP