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A la faveur de son 4è anniversaire, le Club Perspectives et Développement (CPD) a organisé un symposium international sur l’eau, les 28 et 29 Mars 2009 au Centre International de Conférence de Bamako (CICB). En plus des participants, ce symposium a réuni M. Ahmed Diané Séméga, Président du CPD et ministre de l’Equipement et des Tranports, M. Mamadou Igor Diarra, ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau, et M.S. Merzoug, ancien ministre mauritanien.

La rencontre a permis de relancer la réflexion sur les questions qui préoccupent davantage l’opinion et de mettre un accent particulier sur la gestion coopéré des ressources en eau en Afrique, pour un développement durable et intégré. C’est que le principe de solidarité implique un renoncement partiel au principe de souveraineté, de territorialité et d’intangibilité des frontières, pour une avancée significative dans le sens d’une intégration africaine progressive.

Au delà des risques de conflits liés à la question du partage des ressources en eau transfrontalières, les organismes de bassin constituent de formidables opportunités de coopération, de développement durable et d’intégration. Les fondements juridiques de la gestion des ressources en eau, l’architecture institutionnelle et le mode de gouvernance des organismes de bassin conditionnent l’efficacité et la performance des visions partagées en matière de développement socio- économique et d’intégration.

C’est ce qu’a compris le Club Perspectives et Développement. D’où l’organisant de ce symposium portant sur le thème de “la gestion des ressources en eau transfrontalières en Afrique : un cadre de solidarité, de coopération, de développement et d’intégration africaine“. Il s’agissait d’apporter une vision nouvelle pouvant aider les autorités et les communautés des pays partageant des ressources en eau transfrontalières dans la concrétisation des projets socio-économiques d’intégration.

M. Ahmed Diané Séméga a surtout insisté sur le besoin pressant du sens de responsabilité et d’engagement de l’humanité pour gérer et utiliser avec parcimonie ce bien absolument rare : l’eau. Il s’est dit convaincu de la pertinence de l’approche d’une intégration africaine par les bassins transfrontaliers. A cet effet, en dépit des vicissitudes des cadres de coopération inter-Etats, l’expérience de l’OMUS ouvre un champ d’espoir et de capacité d’évolution positive.

A en croire le ministre Mamadou Igor Diarra, l’eau, en tant que source indispensable de vie pour l’humanité, présente des enjeux majeurs et des problématiques complexes. Il a également fait référence au récent Forum International d’Istanbul sur l’Eau, au cours duquel le droit de l’eau a été abordé, mais n’a malheureusement pas fait l’objet d’un consensus. Quant à M.S. Merzoug, il a axé son exposé sur le cadre juridique international et régional de la gestion des eaux transfrontalières.

Rappelons que dans le monde, 10 000 enfants meurent chaque année à cause de l’insalubrité de l’eau. Les coûts engendrés par le manque d’eau salubre s’élèvent à 20 milliards de dollars par an ; 50% des pathologies souvent mortelles restent liées à l’eau, et 443 millions de jours de scolarité sont perdus dans de nombreux pays souffrant de cette pénurie.

L’Afrique, continent meurtri, siège d’instabilités socio-politiques (en Guinée Bissau, en RD Congo, au Soudan…) est un espace d’enjeux pour la maîtrise de la ressource en eau. Cependant, l’hydro-solidarité autour des eaux de surface et des eaux souterraines, vecteur de rapprochement des peuples, devrait permettre l’intégration par la solidarité agissante, le partage des bénéfices et l’utilisation raisonnable des ressources en eau transfrontalières.

Au terme des deux jours, les travaux du symposium ont abouti à des conclusions et recommandations, dont une recommandation spéciale portant sur la création d’une Fondation de l’Eau ouverte aux cadres et citoyens africains. Cela, pour le suivi du symposium international de Bamako et pour prolonger le plaidoyer sur le débat de cette question fondamentale.

Il a été également convenu de promouvoir le renforcement de la coopération entre les organismes de bassin, et d’engager une réflexion sur le statut des ouvrages réalisés dans le cadre de la coopération transfrontalière. Sans oublier les mesures d’accompagnement de la formation et du renforcement des capacités, l’implication des populations, de la société civile et du genre, pour la réussite et la pérennisation des programmes de développement autour des bassins fluviaux.

Bakoroba COULIBALY

01 Avril 2009