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La satisfaction très rapide des préoccupations des travailleurs des trois régions Nord du Mali (Kidal, Gao, Tombouctou) sera l’une des doléances que l’Union nationale des travailleurs du Mali entend déposer sur la table du gouvernement dirigé par Cheick Modibo Diarra.

jpg_une-660.jpgLe calvaire des travailleurs des trois régions du Nord du Mali était au centre de la conférence de presse animé par le secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité, hier, à la Bourse du travail. Comme chaque veille de Journée internationale du travail (1er mai), l’UNTM a échangé avec la presse sur les préoccupations syndicales de l’heure.

Actualité oblige, la centrale syndicale a consacré la rencontre de cette année à la situation que les travailleurs des trois régions occupée par les bandits armés. Depuis la prise des Kidal, Gao et Tombouctou par des groupes armés, les travailleurs émargeant au budget de l’Etat, souffrent le martyre. Des services étatiques ont été pillés. L’administration est absente. Des travailleurs sont menacés de mort par Ançar Eddine.

Conséquences : ils sont en « chômage technique » et n’ont pas touché la paie du mois de mars pour la plupart. Aujourd’hui, selon les témoignages des secrétaires généraux de l’UNTM dans ses trois régions c’est le sauve-qui-peut. Si d’aucuns ont décidé de rester sur place malgré les pillages de leurs biens, d’autres ont plié bagages et se sont réfugiés dans les régions du Sud dans des conditions misérables.

L’UNTM, profitant de la conférence de presse, a exprimé son soutien et son accompagnement à ces travailleurs. M. Diakité, dans une déclaration liminaire, a décrit le positionnement et la position de son organisation sur le calvaire des populations du Nord bien avant le coup de force du 22 mars.

A ses dires, l’UNTM n’a pas attendu le déclenchement des événements pour attirer l’attention des autorités sur la situation au nord. Le 22 janvier 2011, dans une correspondance adressée au président de la République, avec ampliation au Premier ministre, la centrale avait interpellé les autorités sur la « gravité des événements sur le terrain ». « Nous avions dit aux autorités qu’ils ne peut y avoir d’élections sans l’intégrité du territoire ».

Coup de force perturbateur

Pour M. Diakité, le coup de force a précipité la chute des trois régions. Et de regretter qu’après plus d’un mois, rien n’est encore mis en œuvre par les nouvelles autorités pour les travailleurs des trois régions. « Aucun plan d’action ni de reconquête du territoire ne se dessine ».

En tant que groupe de pression, l’UNTM, souligne le président du FDR (groupement de partis politiques qui exigeaient le retour à l’ordre constitutionnel), a, au lendemain du coup d’Etat, exigé le retour à l’ordre constitutionnel normal dont il reste l’initiateur.

« Nous voulons avoir des institutions en place et avoir des gens avec qui l’on peut discuter sur les préoccupations des travailleurs de Kidal, Gao, Tombouctou. Pour qu’il y ait revendication des salaires, il faut des gens avec qui discuter. C’est le sens de notre démarche au sein du FDR. Nous ne voulons pas des postes ministériels, ni autres postes. Notre seul souci, c’est l’intérêt des travailleurs », a-t-il laissé entendre.

Se félicitant de la nomination d’un Premier ministre et d’un président de la République par intérim, il a dit qu’ils ont désormais des interlocuteurs avec qui ils peuvent discuter des problèmes des travailleurs des régions du Nord.

D’ores et déjà Siaka Diakité a tenu à avertir le futur gouvernement de sa volonté de revendiquer. Quel est le plan de bataille de l’UNTM dans un contexte de crise ? L’orateur avouera qu’ils vont très rapidement avoir des échanges avec les nouvelles autorités officiellement reconnues. « Il est urgent pour le Premier ministre et son équipe de prendre à bras le corps la situation des travailleurs et retrouver l’intégrité territoriale du pays ».

Contrairement aux années précédemment où l’UNTM fête le 1er mai, Journée internationale du travail, la centrale syndicale entend célébrer l’événement à travers un meeting à la Bourse du travail. « Revendiquer est notre droit d’existence », a-t-il terminé.

Amadou Sidibé

Le 25 Avril 2012