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Depuis quelques mois, la classe politique malienne est en train de s’agiter et cogiter ferme, en vue de se positionner pour les futures batailles électorales. Pourtant, la plupart de ces grands partis (à travers les 44 partis de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) avaient soutenu le candidat ATT et même promis de l’aider au cours de son second mandat de cinq ans. Mais hélas, il s’avère aujourd’hui qu’il n’en est rien, car ATT semble laissé seul avec la gestion du pouvoir.

En effet, après la réélection du candidat Amadou Toumani Touré en Avril 2007, et sachant que l’homme est à son dernier mandat (selon la Constitution actuelle), les différents responsables des partis politiques (surtout les plus en vue) sont en train de mettre en place les voies, moyens et stratégies susceptibles de leur faire gagner le pouvoir en 2012.

Du coup, ce sont les intérêts du peuple qui sont tombés en disgrâce. Au lieu de s’occuper des vrais problèmes de la population durant le mandat d’ATT, à travers des actions concrètes pour le développement et l’épanouissement du peuple, les différents responsables politiques ne pensent plutôt qu’aux échéances électorales.

Aussi, il ne se passe pas un seul jour sans qu’on entende des déclarations tapageuses du genre : “Nous allons tout mettre en oeuvre pour remporter le plus grand nombre de députés, de Maires, de Conseillers…” ; “A l’allure où vont les choses, rien ne pourra nous empêcher d’accéder à Koulouba en 2012“. Est-ce pour ces raisons que de nos jours, tout est mis en œuvre par certains partis pour organiser des cérémonies grandioses agrémentées de discours et ponctuées de promesses en vue de faire ramener à eux des responsables et militants d’autres partis, regroupements ou associations politiques?

Pourtant, l’apport des différents partis politiques doit être aussi nécessaire qu’incontournable, dans le processus du développement économique, social et culturel des populations grâce auxquelles les élus de ces partis ont pu accéder à des postes de décision : Mairie, Assemblée nationale, Présidence de la République…

Certes, l’Etat est là qui s’investit pour le bien-être de tous. Mais les partis politiques se doivent d’accompagner les actions de l’Etat. Par conséquent, ils se doivent d’initier et de mener, en faveur des dites populations, bien d’autres projets de développement. Entre autres, des ONG et des coopératives dans les domaines sensibles, tels que l’Agriculture, l’Elevage, l’Edication, la santé…

Mêm à travers leurs relations personnelles à l’extérieur, beaucoup de responsables politiques peuvent financer différents projets montés par les jeunes, femmes et hommes qui sont fortement implantés dans ces partis. Malheureusement, ce n’est guère le cas aujourd’hui, hier encore moins.

On a plutôt l’impression que ces responsables politiques ne croient pouvoir se rendre utiles aux populations qu’en accéder aux postes de Conseillers municipaux, de Maires, d’élus à l’Assemblée nationale, ou de cadres à la Présidence de la République. ET même là encore…

C’est à la population de prendre conscience et de ne plus être dupe et naïve. Ces responsables politiques n’ont seulement besoin de nous que lorsque les élections approchent. Avec des billets de 2000, 5000 et 10 000 FCFA, ils se servent de nous pour accéder au pouvoir. C’est donc normal qu’ils ne se soucient plus de nous, une fois arrivés au pouvoir” , a déclaré sans ambages un observateur de la scène politique.

Il est donc temps que le peuple malien se ressaisisse afin de faire la différence entre le vrai et l’ivraie, en élisant de vrais responsables soucieux du développement harmonieux du peuple malien. Aussi, force est de reconnaître qu’aujourd’hui, la plupart des Maliens commencent à prendre conscience de la réalité.

Ce qui explique peut-être le recul, sinon la décadence de certains partis politiques qui, quelques années auparavant, étaient pourtant considérés (et se considéraient) comme “incontournables”. C’est le cas (entre autres, pour ne pas faire de “jaloux“) du Rassemblement Pour le Mali (RPM) qui, de 2002 à 2007, s’est vu relégué au troisième rang, surtout du fait de sa déconfiture politique subie lors des législatives de 2007 : de 44 députés, le parti a dégringolé jusqu’à… 11. C’est tout dire…

Et depuis ces élections de 2007, plusieurs groupuscules de partis se sont littéralement “effacés” de la scène politiques : à croire qu’ils n’ont jamais existé. Ce qui a poussé certains partis, soit pour ne pas mourrir, soit pour survivre, à se fondre dans des partis jugés “grands”, notamment l’Adéma-PASJ, l’URD, voire le CNID…

Bref, l’attitude des partis politiques confirme aujourd’hui tout le mal que populations et électeurs pensent d’eux. En effet, la plupart des responsables politiques ne pensent qu’à leurs intérêts personnels, et non aux électeurs, encore moins aux populations.

Aussi, un autre observateur averti de la scène politique, de fustiger : “Au Mali, il exite plus de 100 partis politiques qui sont, en réalité, des GIE. Sinon, tout le monde sait pertinemment qu’au Mali, il n’ya pas 100 projets de société. Le ridicule dans tout cela, c’est que certains prétendus partis politiques n’ont aucun programme, à plus forte raison un projet de société pour le pays. Il faut qu’ arrivent des élections majeures pour qu’on entende différents noms de partis politiques. Une fois ces élections achevées, c’est la disparition temporaire de ces partis. Ce qui dénote que leurs responsables ne luttent que pour eux seuls” .

En tout cas, à part les actions et réalisations de l’Etat et de quelques bonnes volontés de la diaspora, on ne voit rien de réellement concret dans l’implication des partis politiques pour le développement et le bien-être des populations. Mais lorsqu’il s’agit d’organiser des manifestations d’adhésions de responsables ou de militants, bien des partis politiques sont des maîtres en la matière.

Sadou BOCOUM

23 Décembre 2008