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Le mercredi 16 Juillet 2008, au Centre International de Conférences de Bamako, le ministre sénégalais de la Culture, Mame Birame Diouf, a procédé à l’ouverture des travaux de l’atelier international de préparation du colloque du 3ème Festival Mondial des Arts Nègres (FESMAN 3) qui se déroulera à Dakar, du 1er au 21 Décembre 2009.


A cette cérémonie, on notait, entre autres, la présence du ministre malien de la Culture, M. Mohamed El Moctar, du Coordinateur général, M. Alioune Badara Bèye, et du président du comité international d’organisation dudit festival. Cet atelier, dont l’objectif principal est de finaliser les orientations scientifiques du colloque et des pré-colloques et dresser le chronogramme précis de leur réalisation, regroupe d’éminents universitaires, écrivains, artistes et communicateurs, en provenance de toute l’Afrique et sa diaspora, d’Europe et des Amériques.

Entre autres participants (ministres, historiens, écrivains…), on peut citer l’ancien de la Culture, M. Cheick Oumar Sissoko, le Pr Bakary Kamian, le Dr Adama Samassékou, le Pr Iba Der Thiam, Djibril Tamsir Niane, et le Pr Elikia Mbokolo.


Pourquoi le choix du Mali ?

La tenue de cet atelier à Bamako ne relève nullement du hasard. En effet, le Mali et le Sénégal sont une seule et même nation, deux pays unis par une fraternité de sang et de culture que le temps et l’histoire ont fortifiée et rendue indestructible. Les deux pays ont toujours été à la pointe du combat contre la balkanisation de l’Afrique.

Et même si les vicissitudes de l’histoire n’ont pas permis la survie de la Fédération du Mali, celle-ci a été consacrée par l’histoire comme un choix lucide et prophétique que l’Afrique doit méditer, avec le recul et la sérénité nécessaire, pour s’en inspirer en l’affinant”, a martélé le ministre sénégalais de la Culture.

Et le Coordinateur général du FESMAN 3, M. Alioune Badara Bèye, d’ajouter : “Si le troisième Festival Mondial des Arts Nègres cherchait un lieu emblématique où impulser une réflexion grave et essentielle sur sa pertinence et son devenir, il l’a, assurément trouvé ici au Mali, terre de germination, d’amour, de fraternité et d’héroïsme“.

Et de renchérir : “Je le dirai avec simplicité et respect : nous sommes venus nous abreuver à la source inspiratrice des figures de proue du panafricanisme. Qu’il s’agisse de leaders politiques comme Modibo Keïta, premier Président du Mali, ou d’hommes de culture comme le sage Ahmadou Hampaté Bâ, d’illustres écrivains comme Massa Makan Diabaté ou Alpha Mandé Diarra, ou encore, de cinéastes qui font notre fierté comme Souleymane Cissé et Cheick Oumar Sissoko…”.

FESMAN 3 : pour la renaissance africaine

L’objectif est ambitieux, mais d’une impérieuse nécessité. Il consistera à projet des arguments en vue “de trouver, dans les valeurs fondamentales et les ressources de l’Afrique, les moyens de la construction de la modernité africaine”.

Ainsi, après les colloques du premier festival consacré, en 1966, aux “Significations de l’art nègre dans la vie du peuple et pour le peuple”, et du second festival portant sur “Civilisation noire et éducation”, celui du 3ème FESMAN poursuivra une réflexion pour l’action qui “devra assumer la pluralité de l’Afrique et en faire l’humus fécondant sur lequel émergeront un nouvel esprit du développement et un nouvel humanisme respectant et harmonisant les différences géographiques, linguistiques, culturelles et physiques”.

Cependant, cette rencontre à Bamako (Mali) permettra, à travers le colloque du FESMAN, de jeter les bases d’une réflexion qui “incitera l’Afrique à prendre en mains son destin, afin de se dresser comme un acteur à part entière de la construction du monde”, selon le Président Wade.

En appelant à situer le thème “Renaissance africaine, diversité culturelle et unité africaine” au centre de cette réflexion, le Président sénégalais donne en partage sa conviction que l’une des conditions de l’Unité Africaine, si essentielle à son développement, sera une gouvernance africaine respectueuse des diversités. Une Afrique faisant, de la mise en synergie des identités et des talents, son arme pour des conquêtes sociales, économiques et scientifiques les plus avancées et pérennes.


Moussa TOURE

18 Juillet 2008