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Quatre partis politiques de la mouvance présidentielle ont signé, le jeudi 23 août, un protocole d’accord pour, à la fois, contrôler le Perchoir, le Bureau de l’Assemblée nationale et réaffirmer leur soutien au chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré. Il s’agit de l’ADEMA de Dioncounda Traoré (51 élus), de l’URD de Younoussi Touré (34), du MPR de Choguel Maïga (8) et de l’UDD de Me Hassane Barry (3). Une manière pour le duo ADEMA – URD de conforter sa majorité absolue et de faire échec à Me Tall qui refuse de rejoindre les rangs et de cautionner le partage du gâteau opéré à son absence.

Au jour « J » moins cinq, la tension est perceptible au sein du camp présidentiel regroupé au sein de l’ADP. Les supporters de ATT sont loin de parvenir à un consensus autour de l’élection du président de l’Assemblée nationale et du Bureau de cette institution. En effet, deux camps s’affrontent au sein de la mouvance présidentielle pour le contrôle du Perchoir et la formation du Bureau.

Il s’agit, d’un côté, du duo ADEMA-URD et, de l’autre, du CNID. Le parti de Dioncounda Traoré et celui de Younoussi Touré, avec 85 sièges à l’Hémicycle possède la majorité absolue des 147 élus. Ils viennent d’être renforcés par le MPR de Choguel Maïga qui compte 8 députés et par l’UDD de Me Hassane Barry qui en a trois. Ce qui fait un total de 96 députés.

Forts de ce nombre, l’ADEMA, l’URD, le MPR et l’UDD ont convenu d’un protocole d’accord signé le jeudi 23 août. L’objectif est d’unir leurs efforts afin de former une majorité plus que confortable pour diriger l’Assemblée nationale et soutenir «aujourd’hui plus qu’hier le président Amadou Toumani Touré».

Aussi, ce quatuor s’est-il attribué les postes-clés de l’Hémicycle et la part du lion dans les institutions parlementaires de la CEDEAO, de l’UEMOA et de l’Union africaine. Ce n’est pas tout. Les membres de la Haute Cour de justice et ceux de la Commission de contrôle sont également concernés par ce partage de gâteau.

Mais le camp adverse, piloté par le premier vice-président sortant de l’Assemblée nationale, Me Mountaga Tall, qui compte beaucoup sur les Indépendants, réputés être à la dévotion du Chef de l’Etat, entend renverser la situation d’ici au jour « J ». Ses partisans laissent entendre que 80 députés, toutes obédiences confondues, sont disposés à le soutenir.

Le CNID, avec ses sept élus, a lancé une offensive de charme en direction des autres partis de l’ADP comme le MIRIA, le PSP, le BDIA, l’US-RDA, le PCR et le RND quand bien même l’unique élu de cette dernière formation politique, Me Kassoum Tapo, veut également briguer la présidence de l’Assemblée nationale. Les responsables ADEMA soutiennent que Me Tall fait du bluff et qu’il n’a même pas une bonne dizaine de députés avec lui.

«Les Indépendants sur lesquels Me Tall compte ne le suivront pas. Déjà, plusieurs d’entre eux sont venus nous réitérer leur soutien. Encore que même si tous les Indépendants lui accordent leur soutien – ce qui est impossible – il ne pourra pas nous battre dans la mesure où l’ADEMA, l’URD, le MPR et l’UDD constituent une majorité imbattable.

Nous savons également qu’il parle à ses interlocuteurs comme s’il était le candidat du président de la République au Perchoir. Celui-ci est un démocrate et n’acceptera pas que la minorité puisse imposer à la majorité sa volonté», nous a expliqué un membre influent de la direction de l’ADEMA.

En tout cas, le torchon brûle en sein de l’ADP. Une réunion de clarification est convoquée, cet après-midi, par le président Dioncounda Traoré, au siège de cette organisation à l’Hippodrome.

Parviendront-ils à un consensus ? Me Tall acceptera t-il de s’effacer au profit du Chef des abeilles ? A quelles conditions ?

A suivre.

Chahana TAKIOU

28 août 2007.