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Il voulait faire d’une pierre deux coups, célébrer le baptême de sa fille et fêter son retour au village après deux ans d’absence, Belle initiative pour laquelle Opéli Camille n’a pas les moyens. Une idée traverse alors son esprit : voler un mouton pour faire le show. Il préfère le mouton de Ouragahio à celui de Gnaliépa, son village natal. C’est la stratégie du voleur professionnel qui opère hors de sa base. La distance Gnaliépa- Ouragahio est parcourue en un rien de temps, Camille prend pour cible Bamogo Alaye, un éleveur – mécanicien.

Celui- ci, victime d’actes de vols de ses moutons, depuis quelque temps, a décidé de redoubler de vigilance autour de ses bêtes, parce qu’il en a déjà perdu quatre. Mais au cinquième mouton, le voleur est pris sur les faits par les jeunes de Ouragahio.  » Les jeunes sont venus me chercher dans mon garage au motif que quelqu’un vient d’être arrêté avec un mouton m’appartenant « , informe la victime. Bamogo arrive précipitamment sur les lieux et reconnaît sa bête.

Camille également dit en être le propriétaire. Cependant, il refuse de se rendre à la gendarmerie où l’invite bamogo pour la manifestation de la vérité. Sous haute escorte, on l’y conduit de force pour finalement se retrouver à la barre.

Ses explications: « à l’occasion du baptême de ma fille et de mon retour au village, je me suis rendu à Sinfra pour acheter un mouton et fêter les deux évènements. A mon retour, je décide de faire en même temps une escale à Ouragahio pour saluer ma tante. C’est là que le mouton m’a échappé pour disparaître entre les cases du village « ,prétend Camille. Il demande service auprès des jeunes pour l’aider à rattraper son animal. « Le premier mouton qu’on m’a présenté, n’était pas le mien, je l’ai relâché, Le second mouton non plus ne m’appartenait, Le temps de le relâcher Bamogo arrive à grands pas m’accusant d’être l’auteur du vol de ses animaux. Je ne reconnais pas les faits « , se défend le prévenu.

Pourtant il n’arrive pas à justifier pourquoi il voyage jusqu’à Sinfra pour un mouton, alors qu’on en trouve dans tous les villages. « N’y a- t- il pas de moutons dans les villages que tu traverses au point d’aller jusqu’à Sinfra? La visite à la tante ne pouvait- elle pas attendre un autre jour quand on sait que le transport d’un mouton est plus ou moins délicat? « 

Le prévenu n’est pas convaincant dans ses réponses, preuve de sa culpabilité. Mais bénéficiant de larges circonstances atténuantes, il s’en sort avec un mois d’emprisonnement ferme, 50 mille francs d’amende. Même montant à payer au titre des dommages et intérêts.

Alain Kpapo à Gagnoa

Source abidjan.net.