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Le processus d’élaboration de la Loi d’orientation agricole (Loa) lancé par le président de la République en février 2005 est presque achevé. Elle doit être, en principe, adoptée par les députés le 14 août prochain. Et pour l’occasion, la Cnop va faire venir près de 600 délégués de l’intérieur du pays, une manière de faire pression sur les élus de la nation.

« Notre souhait est que le texte soit adopté, car non seulement il a été élaboré par les paysans à travers un processus transparent et démocratique, mais également il place le paysan et le milieu rural au centre de la problématique agricole du Mali », a souligné le président de la Cnop Ibrahima Coulibaly, qui a salué l’initiative du président de la République d’associer les paysans à l’élaboration de cette loi sur l’avenir de l’agriculture.

La Cnop, a-t-il poursuivi, a adopté une démarche qui a permis de capitaliser le point de vue des paysans maliens à la base : 24 concertations locales, 30 concertations régionales, 8 ateliers thématiques et un atelier de synthèse qui a abouti à la rédaction d’un Mémorandum paysan sur la Loa.

Selon les conférenciers (les membres du conseil d’administration du Cnop), l’adoption et la mise en œuvre de cette Loa vont révolutionner notre agriculture. « Auparavant, dira René Alphonse le 2e vice-président de la Cnop, notre pays ne disposait que des projets et programmes sur l’agriculture mais avec l’adoption de la Loa, le gouvernement sera obligé d’appliquer à la lettre les clauses de cette loi. Ce texte a force de loi, nul ne peut le violer ».

La souveraineté alimentaire, la protection de la production agricole, l’autonomisation des moyens de production, la dotation des paysans, exploitants, pêcheurs, éleveurs d’un statut autonome et la protection du marché contre les velléités extérieures sont des avantages que la Loa est susceptible d’apporter aux paysans.

La Cnop, en tant qu’actrice autonome et porte-parole du monde rural, n’a cependant pas manqué de déplorer la non prise en compte de certaines de ses préoccupations en l’occurrence l’allocation de 20 % du budget national à l’agriculture et la réglementation des questions foncières. Les producteurs constituent environ 75 % de la population et ils produisent plus de 50 % de la richesse nationale, a affirmé M. Coulibaly.

La Cnop a été créée en 1996. Avec ses 11 structures membres, elle se donne comme objectif de contribuer à la définition d’une vision claire de l’agriculture malienne et d’une politique agricole cohérente centrée sur les exploitations familiales agricoles avec des organisations paysannes renforcées.

Sidiki Y. Dembélé

10 août 2006.