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Décidé à combattre l’Agence européenne des frontières, (Frontex), l’Association malienne des expulsés, depuis Bamako, entend participer ce vendredi à la journée européenne d’action pour la suppression de Frontex. « Frontex n’est ni plus ni moins qu’une politique d’extermination des immigrés », dit-elle.

Le vendredi 6 juin 2008, plusieurs organisations chargées des questions d’immigration se donneront rendez-vous à Varsovie (Pologne, siège de Frontex) pour dire non au régime des frontières européennes et son externalisation à l’est et au sud, dans le cadre de la chaîne d’actions relative aux migrations prônée par l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (Frontex).

L’Association malienne des expulsés (L’AME) et son collectif s’associent à cette journée européenne d’action pour la suppression de Frontex. Mardi dernier, le président de l’AME, Ousmane Diarra, et son secrétaire général, Mamadou Kéita, accompagnés de Nouhoun Kéita et Alassane Dicko étaient face à la presse pour expliquer cette nouvelle politique que l’UE a mise en place en vue de barrer la route aux Africains.

Selon le président de l’AME, Ousmane Diarra, alors que le nombre de migrants et de réfugiés est partout en progression, l’Union européenne met en place un régime des frontières de plus en plus restrictif pour limiter, contrôler et « gérer » l’immigration suivant ses propres intérêts.

« Le résultat en est l’exclusion violente des migrants et des réfugiés, conduisant chaque année à la mort de milliers de personnes, à l’extérieur des murs de la forteresse Europe, dans le désert, sur la méditerranée comme sur l’océan Atlantique, à l’organisation des expulsions de masse, générant des millions de sans papiers et de demandeurs d’asile, privés des droits fondamentaux et du droit au travail », a accusé M. Diarra.


Politique raciste

Depuis sa création en 2005, Frontex a réussi, aux dires du président de l’AME, une croissance rapide en importance, en budget et en moyens logistiques (avions, bateaux) pour coordonner la coopération opérationnelle entre les Etats membres de l’UE en matière de gestion des frontières extérieures, les assister dans la formation des garde frontières nationaux, y compris dans l’établissement de normes communes de formation, effectuer des analyses de risques…

« Afin de mieux harmoniser cette politique inhumaine et raciste à l’échelle européenne, l’UE a créé Frontex, véritable tour de contrôle de la forteresse Europe, doté d’une grande autonomie d’action, d’un pouvoir étendu et sans aucune obligation de transparence ni de contrôle parlementaire », affirme l’AME.

Pour les conférenciers les chavirements de bateaux, les noyades dans la méditerranée ne sont pas seulement occasionnés par la vague. « Dans les faits, ces mesures et ces opérations de contrôle aux frontières sont responsables de la mort de plus en plus de migrants », ajoute M. Dicko.

Alors que le nombre de migrants et de réfugiés est partout en progression, l’UE met en place un régime des frontières de plus en plus restrictif pour limiter, contrôler et « gérer » l’immigration suivant ses propres intérêts.

Doté d’un grand degré d’autonomie, Frontex exerce son pouvoir grandissant sans aucune obligation de transparence ni de contrôle parlementaire. En 2006, Frontex, expliquent les conférenciers, a mené des opérations en dehors du territoire de l’UE pour empêcher les migrants africains d’atteindre par bateau Lampedusa, Malta et les îles Canaries.

Pour accomplir cette tâche, Frontex légitime l’usage d’équipements aéronavals et d’hélicoptères en reproduisant l’image d’une guerre contre la menace d’une « immigration illégale ».

Comme première phase pour rendre plus hermétiques les frontières maritimes du Sud de l’UE, il vient de relier les Etats européens de la région en un « réseau de patrouilles européennes ». Aujourd’hui, l’AME est décidé de mettre tout en œuvre afin que cette politique raciste de l’EU soit un échec total.


Amadou Sidibé

05 Juin 2008