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A la suite d’une série de concertations, l’ADPS de Soumana Sako et le FDR ont adopté un mémorandum de sortie de crise. Celui-ci fait une batterie de recommandations dont le départ du gouvernement CMD au profit d’un gouvernement inclusif.

Le mémorandum présenté au cours d’une conférence de presse le samedi 23 juin à la Maison de la presse est le fruit de concertations qui ont eu lieu entre l’Alliance des démocrates et patriotes pour la sortie de crise (ADPS) de Soumana Sako et le Front pour la République et la démocratie de Siaka Diakité les 13, 16 et 17 juin 2012.

Les concertations entre les deux parties, objet du mémorandum ont abouti aux conclusions suivantes : opposition à toute forme de prise de pouvoir par la force des armes, soumission de l’autorité militaire à l’autorité civile, préservation de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale, sauvegarde et renforcement de la laïcité de l’Etat, préservation et approfondissement du processus démocratique et consolidation de l’ordre politique et constitutionnel issu de la révolution du 26 mars 1991, appropriation nationale et démocratique de toutes solutions de sortie de crise conformes à, ou compatibles avec, la Constitution de 1992 comme seul cadre de référence et de légitimation.

Les deux parties ont par la suite adopté des propositions de sortie de crise. Celles-ci portent sur : la durée de la transition est de 12 mois à partir de la fin de la présidence de l’intérim ; le président de la transition est le chef de l’Etat. Il est le chef suprême des armées ; la prorogation du mandat de l’Assemblée nationale jusqu’aux prochaines élections législatives sous réserve de la mise en place auprès du président de la transition d’un Conseil de la République comprenant les représentants de la classe politique et de la société civile.

Le Conseil de la République aura pour mandat : la consultation obligatoire sur les projets de lois ; la participation à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation de la feuille de route de la transition ; la consultation obligatoire sur les grandes questions engageant la nation comme la gestion de la crise du Nord, les élections, etc.

Le Conseil de la République est créé, sans préjudice des attributions des autres institutions, à l’initiative et sous la présidence du président de la transition, chef de l’Etat, chef suprême des armées ; l’élaboration d’une feuille de route ; l’organisation d’un congrès extraordinaire du peuple malien qui sera préparé par une commission nationale de réflexion préparatoire et convoqué par le président de la transition, Dioncounda Traoré ; la mise en place d’un gouvernement inclusif et plus représentatif bénéficiant de la caution politique et sociale la plus large possible lui permettant de relever les défis existentiels auxquels le pays est confronté.

Les tâches principales du gouvernement inclusif seront les suivantes : récupérer les régions occupées, recouvrer l’intégrité du territoire national, organiser le retour des populations déplacées et des réfugiés, apporter des réponses appropriées aux familles des victimes civiles et militaires ; organiser des élections démocratiques, libres, crédibles et transparente ; réformer, remobiliser et renforcer les forces armées et de sécurité, assurer le respect de l’Etat de droit et des libertés individuelles et collectives

Il s’agira aussi d’apporter des réponses appropriées aux crises (cherté de la vie, santé, école, emploi des jeunes, etc.) ainsi qu’à la relance de l’économie et à la restauration de l’autorité de l’Etat, re-légitimer l’Etat par des actions majeures de lutte contre la corruption, l’insécurité alimentaire, la spéculation foncière et l’accaparement des terres agricoles ainsi que d’amélioration des services publics et de transparence dans la gestion des ressources publiques.

Pour Mme Fatoumata Siré Diakité du FDR, le gouvernement dirigé par Cheick Modibo Diarra (CMD) n’a pas de feuille de route et est en train de faire une gestion partisane du pouvoir. « Des arrestations arbitraires continuent de se faire, Ançar Eddine enfonce les populations dans le jihad et les traumatise sans que le gouvernement ne lève le petit doigt. Le sort du Mali se joue à Ouagadougou avec des rencontres entre les forces rebelles et le médiateur de la crise malienne sans nos autorités », a-t-elle dénoncé. Mme Diakité a demandé un audit du cabinet du Premier ministre qu’elle a qualifié « de cabinet composé des membres de sa famille, de ses copains et intimes ».

Son collègue secrétaire politique du FDR, Amadou Koïta a ajouté que le mandat confié au gouvernement CMD est l’organisation des élections et la reconquête du Nord. « Rien ne bouge, ce gouvernement a atteint son seuil d’incompétence. Il faut un gouvernement d’union nationale comme cela avait été recommandé par l’accord-cadre », a affirmé M. Koïta. Toujours selon ce dernier, « le Premier ministre n’a rien envisagé pour la reconquête du Nord ».

Pour le représentant de l’ADPS et secrétaire général du Cnas/Faso-Hérè, Soumana Tangara, la mise en place du gouvernement inclusif a été demandée par le groupe de soutien et de suivi de la crise malienne lors de sa réunion du 7 juin 2012 pour faire face aux défis qui s’imposent. Selon lui, » le gouvernement inclusif n’est donc pas un constat posé par l’ADPS et le FDR. La crise du Nord dépasse le Mali et la Cédéao. Plus le temps passe, plus il faut agir vite. Un exécutif ne peut pas aller sans les forces vives (politiques et société civile) », a-t-il dit.

Dans une lettre adressée au Premier ministre Cheick Modibo Diarra dont copie nous a été remise, le FDR se plaint que sa demande de création de cadre de concertation n’ait été accompagnée d’aucun terme de référence pour ce qui est de sa vision sur un tel organe, sa taille, sa composition, sa modalité de mise en œuvre, ses attributions, son ancrage institutionnel, etc. Il lui a notifié qu’un cadre de concertation entre partis politiques, société civile et syndicat existe déjà dans notre pays avant de lui faire connaître la substance du présent mémorandum.

Abdrahamane Dicko

25 Juin 2012