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Pour la restitution des travaux de la conférence diplomatique de Dublin, le Réseau des Journalistes pour la Sécurité et le Développement de l’Afrique Occidentale (RJSDAO), en partenariat avec la coalition mondiale contre les Bombes à Sous-Munition (BASM) et HANDICAP INTERNATIONAL, a organisé une rencontre à la Maison de la Presse, le mardi 10 Juin 2008.

En plus du représentant résidant du RJSDAO et non moins représentant de la coalition mondiale contre les armes à sous-munition, M. Amadou Maïga, la conférence a regroupé le Secrétaire Général dudit réseau, M. Idrissa Sacko, le chargé de la question des armes légères à Amnesty International-Mali, M. Abba Touré, le directeur de programme de HANDICAP INTERNATIONAL, M. Nicolas Charpentier, etmembre national de lutte contre la prolifération des armes légères, M. Abdallah Mahmoudou.

Qu’est-ce que les sous-munitions?

Les sous-munitions sont des mini-bombes regroupées par dizaines ou par centaines dans des containeurs. Disséminées au hasard de leur largage sur des surfaces très larges pouvant atteindre plusieurs certaines d’hectares, elles sont susceptibles d’atteindre des zones civiles.

5 à 40% d’entre elles n’explosant pas au premier impact, ces petites bombes se transforment de fait en véritables mines anti-personnelles. Au moindre contact, elles mutilent, brûlent grièvement ou tuent. Plusieurs millions de sous-munitions ont ainsi été déversées, lors des derniers conflits, sur l’Irak, l’Afghanistan, le Kosovo, faisant des milliers de victimes…

Les sous-munitions non explosées, gisant sur le sol, dans les arbres ou sur le toit des maisons, représentent une menace permanente pour les civils. Parmi les victimes des mines anti-personnelles et engins non explosés au premier impact dont les sous-munitions, 85% sont des civils, et 23%, des enfants.

Pour les victimes de ces armes, comme pour ceux qui luttent contre elles, il n’y a aucune différence entre une mine et une sous-munition non explosée : elle sont capables des mêmes atrocités, et bafouent les règles du droit international humanitaire, qui imposent, aux belligerants, de faire la distinction entre civils et cibles militaires, et cela, en toute circonstance.

Pourquoi la rencontre de Dublin?

C’est dans le cadre de la recherche d’une solution aux conséquences désastreuses des sous-munitions, que 111 pays du monde -dont le Mali représenté parle président du RJSDAO, M. Amadou Maïga, et M. Abdallah Mahmoudu- se sont réunis à Dublin du 16 au 30 Mai 2008. A l’issue de leurs travaux, les pays présents à cette conférence ont adopté le texte d’un traité international d’interdiction des bombes à sous-munitions (BASM).

Selon les conférenciers, les pays africains, particulièrement le Mali, ont joué un rôle de premier plan pour l’adoption de ce traité. Soulignons que ledit traité sera ouvert à la signature, le 3 Décembre prochain à Oslo, et entrera en vigueur dès que 30 pays l’auront ratifié. Ainsi, tous les types de BASM ayant été utilisés jusqu’ici seront bannis, aussi bien que les bombes non discriminantes, peu fiables, suceptibles de menacer les populations civile,s après la fin des conflits.

Ce texte constitue donc une avancée majeure obtenue grâce à la mobilisation de l’opinion publique et des organisations de la coalition contre les sous-munitions, dont HANDICAP INTERNATIONAL est membre fondateur. Pour la ratification du traité, M. Amadou Maïga s’est dit rassuré quant à la position du Mali, avant d’inviter les autorités maliennes à être présentes à Oslo, le 3 Décembre prochain.

Moussa TOURE

12 Juin 2008