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Les forces armées et de sécurité du Mali avait prévu de libérer la dernière ville du nord du pays avant la fin du mois de juillet. C’est en tout cas, ce que révèle, ce lundi 5 novembre 2012, la commission de la défense nationale, de la sécurité et de la protection civile de l’Assemblée nationale.

C’est à la faveur d’une conférence de presse que le président de ladite commission, Boureima Dicko, qui avait à ses côtés un conseiller technique du ministère de la défense et des anciens combattants, Kissima Gakou, a expliqué que le commandement militaire est conscient de la mission qui l’incombe. Il s’est «inscrit en faux, dit-il, contre les détracteurs de notre armée» qui l’accusent «d’immobilisme et d’incompétence». Depuis avril, explique l’élu de la nation, l’Etat major général des armées aurait remis au gouvernement une stratégie de reconquête du nord… par la force nationale. «Le commandement militaire a pris soin d’inclure dans ce dossier tous les besoins assortis d’une évaluation financière globale et intégrale que demande une telle opération», a expliqué l’honorable Dicko.

Mais qu’est-ce qui bloque la concrétisation de ce plan d’action ? Pour le député, si la doléance de l’Etat major général des armées «avait reçu un traitement diligent et favorable», on en aurait fini avec la rébellion depuis fin juillet 2012, «date que le commandement s’était donné pour libérer la dernière localité au nord du Mali», selon lui. En fait, la commission de la défense nationale, de la sécurité et de la protection civile de l’Assemblée nationale dit avoir recueilli ces informations auprès de l’armée à l’issue de missions parlementaires, les 25 et 27 septembre, au camp Soundiata Keïta de Kati à l’Etat major général des armées. En clair, les députés assurent que l’armée nationale est fin prête pour la reconquête des régions du nord aux mains de groupes islamistes liés à Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI). Malgré leur caractère cosmopolite, ces groupes ne sont pas invincibles, assurent-t-ils.

Mais, selon le conférencier, la règle des États modernes exige que l’armée obéisse au pouvoir politique. A en croire, cette commission, l’immobilisme sur le front est à voir du côté du pouvoir exécutif. La hiérarchie militaire et les autorités politiques n’auraient pas encore une identité de vue sur la question. Pour une opération militaire dans le nord, plusieurs combinaisons sont envisagées. Des experts africains viennent de finaliser, le 5 novembre, un plan d’intervention d’une force internationale dont l’appui financer serait sollicité aux Nations Unies. Mais cette opération «ne pourrait avoir lieu sans les militaires maliens. C’est pourquoi, il urge d’équiper nos forces armées nationales», a indiqué l’Assemblée nationale.

Seydou Coulibaly

06 Novembre 2012

©AFRIBONE