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Une délégation du Bureau Politique National (BPN) du RPM, dirigée par le président Ibrahim Boubacar Kéïta et comprenant Mme Kéïta Rokiatou N’Diaye, première vice-présidente, Nancouma Kéïta, vice-président, Toumani Djimé Diallo, Secrétaire aux relations extérieures, a rencontré, à sa demande, le mardi 17 février dans l’après-midi le Premier ministre, Modibo Sidibé, à la Primature.

Les émissaires du BPN-RPM ont fait part au chef du gouvernement des vives préoccupations de leur parti relatives à la conduite du processus électoral en cours.

«La dernière révision des listes électorales, le fichier électoral, la CENI et la question de ses moyens, la non disponibilité à ce jour du chronogramme arrêté, la nécessaire et rigoureuse information des partis politiques, singulièrement de l’opposition, dans une démocratie représentative digne de ce nom, l’animation plus régulière du cadre de concertation conformément à sa vocation, etc.». Tels sont les points que IBK et ses camarades ont discutés avec le chef du gouvernement Modibo Sidibé, à en croire un communiqué du RPM, signé de son Secrétaire à la Communication et envoyé dans notre boîte e-mail.

En outre, selon le même communiqué, la délégation a également souhaité que les efforts consentis dans le cadre de l’initiative riz qui «bien conçue et bien conduite, pourrait effectivement être facteur de sécurité et de souveraineté alimentaire, ne soient pas annihilés par les difficultés de commercialisation auxquelles elle se heurte actuellement».

Enfin, le communiqué du RPM précise que «les échanges, utiles et approfondis, se sont déroulés dans un esprit républicain dont le RPM souhaite qu’il inspire les autres démembrements de l’Etat».

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le parti d’IBK a su poser le débat là où il le faut. Maintenant, reste à savoir si le Premier ministre prendra en compte les préoccupations du RPM. Du côté de la Primature, il nous a été dit que l’échange que Modibo Sidibé a eu avec son «frère aîné» IBK a été très fructueux. Aussi, compte t-il améliorer la gestion du processus électoral au regard des inquiétudes formulées par le RPM.

Commentant cette rencontre, un responsable du RPM estime qu’elle témoigne de la civilité et de l’esprit républicain qui anime les Tisserands. Pour avoir dirigé le pays durant six longues années à la Primature, Ibrahim Boubacar Kéïta se pose en opposant averti, responsable, soucieux du devenir du pays.

En effet, récemment, la jeunesse RPM a voulu organiser un meeting à Sébénincoro pour surchauffer l’atmosphère déjà délétère avec la cherté de la vie, la rareté de l’argent et la problématique de l’emploi, IBK, depuis Washington où il se trouvait pour l’investiture de Barack Obama, a fait annuler ce rassemblement des jeunes. Il semblerait que l’argument qu’il a avancé était que le moment n’est pas opportun.
En homme d’Etat, IBK a toujours su faire éviter à son parti les positions extrémistes de certains opposants.

Son parti, le RPM, troisième force politique après l’ADEMA et l’URD, pourra t-il se maintenir au même rang ou bousculera t-il l’une de ces deux formations politiques aux prochaines communales ?

En tout cas, les Tisserands sont en train d’oeuvrer pour que dans le pire des cas, ils gardent leur position actuelle et dans le meilleur des cas, se classer devant le parti de Soumaïla Cissé. Ce qui est sûr, c’est que l’heure de vérité sonnera le 26 avril prochain. A suivre.


Chahana TAKIOU

23 Février 2009