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L’association des jeunes volontaires de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (APEJ) que dirige Andina Karembé avait prévu d’aller, et pour la deuxième fois, à une grève de la faim, le mardi 24 février dernier. Au motif que le protocole d’accord, signé le 23 octobre, entre l’APEJ, l’AMUPI, le CNJ-Mali, l’Eglise catholique, les familles fondatrices de Bamako et le groupe des grévistes au sortir de la première grève de la faim menée par ces derniers, n’a pas été respecté.

A l’annonce du préavis de grève, les pourparlers, comme à l’accoutumée, ont repris et les jeunes, par la suite, ont décidé de suspendre leur opération de chantage en attendant des propositions « concrètes » de la part du gouvernement.

Le protocole d’accord dont il est question aujourd’hui indique que le ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle, à travers l’APEJ, s’engage à, premièrement, activer la mobilisation des ressources pour le financement des projets déjà approuvés par le Fonds national pour l’emploi des jeunes (FNEJ) et initiés par les anciens volontaires de l’APEJ. Deuxièmement à poursuivre les actions pour l’insertion professionnelle des jeunes diplômés en général dont les anciens volontaires.

C’est en échange de ces engagements que la suspension de la première grève de la faim a été obtenue à l’issue des pourparlers. A analyser la situation actuelle force est de reconnaître que l’APEJ, à travers son ministère de tutelle, celui de l’Emploi et de la formation professionnelle, est en train de poser des actes concrets dans le cadre du financement des projets et de l’insertion professionnelle des jeunes.

La preuve : le financement de plusieurs projets de jeunes à coût de millions de FCFA sont actuellement en cours. Et parmi ces projets qui sont en passent d’être financiés, il y a celui du leader des grévistes, Abdina Karembé. Celui-là même qui a refusé d’aller servir à l’intérieur du pays au compte des collectivités territoriales au profit de l’argent frais du Fonds national pour l’emploi des jeunes mais dans quel but ? Auparavant, d’autres projets ont été également financés.


L’APEJ, une vache laitière pour les jeunes

C’est la question que l’on peut se poser au regard du comportement de ces jeunes face à l’APEJ. Ils se débrouillent par tous les moyens en versant dans le trafic d’influence, le clientélisme et l’affairisme, pour que leurs projets soient financés mais ne veulent pas rembourser l’argent mis à leur disposition.

Cet argent sert moins, en réalité, pour le financement des projets présentés. Beaucoup parmi ces jeunes ayant bénéficié de prêts ont utilisé les sous à d’autres fins (mariage, achat de voiture et autres).

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que l’argent prêté n’est pas en train d’être remboursé. Le phénomène a été souligné et déploré lors de la neuvième session ordinaire du conseil d’administration de l’agence par son tout nouveau président du conseil d’administration, Soumeylou Boubèye Maïga, qui a soutenu que « l’APEJ connaît de sérieux problèmes de recouvrement des créances auprès des jeunes ayant bénéficié des prêts. Le taux de recouvrement des projets financés est de 3% ».

Face à cette situation déplorable de la part de jeunes qui sont appelés demain à gérer le pays, Soumeylou Boubèye Maïga en a appelé à l’imagination des membres du conseil d’administration afin de renverser la tendance pour permettre à l’APEJ de faire face à ses défis qui sont d’assister le maximum de jeunes à se faire une carrière digne de ce nom.

Ainsi, cela ne sera jamais, au grand jamais, possible tant que ces jeunes ne sont pas contraints de rembourser l’argent du contribuable. En effet, que tous ceux qui doivent à l’APEJ soient recensés, leurs noms publiés dans les journaux avant de transmettre les dossiers à la justice.

Aujourd’hui, les autorités de l’Etat doivent un devoir de vérité aux jeunes. Sans quoi, l’APEJ risque d’aller à la faillite. A court terme.

Alassane DIARRA

26 Février 2009