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Depuis le 4 octobre 2016 la crise du football malien connait un nouveau rebondissement avec la sentence du tribunal arbitral du sport(TAS). Face à cette évidence, le gouvernement malien, en commun accord avec le président de la république, a envoyé le ministre chargé des sports, Housseini Amion Guindo à la FIFA. C’était le 1er novembre dernier en compagnie des deux protagonistes en conflit à savoir le Comité exécutif de la fédération malienne de football dirigé par Boubacar Baba Diarra et le Collectif des ligues et clubs majoritaires dirigé par Mamadou Dipa Fané. Un compromis n’ayant pas été trouvé, il revient à l’Etat malien de tirer les conséquences de la non application de la sentence du TAS qui s’applique à la FIFA et à l’Etat malien.

Déclenchée le 10 janvier 2015 suite au clash de l’assemblée générale ordinaire de la fédération malienne de football, la crise qui secoue le sport roi malien tend inexorablement désormais vers sa fin. En effet depuis la sentence du TAS prononcée le 4 octobre dernier, le gouvernement malien, en commun accord avec le président de la république, a envoyé le ministre chargé des sports, Housseini Amion Guindo à la FIFA pour voir avec elle les dispositions à prendre après la forclusion constatée de la convocation d’une assemblée générale ordinaire. Aussitôt des correspondances datées du 27 octobre 2016 ont été envoyées par les soins du ministère des sports aux deux protagonistes pour se retrouver à Zurich(Suisse) le 1er novembre 2016. Une fois à Zurich et après le refus catégorique de Boubacar Baba Diarra de parler en présence de l’envoyé du Collectif, Yéli Sissoko dans la salle, il a été demandé à ce dernier de se retirer. Ainsi après plus de deux heures d’audience et en présence du ministre des sports avec Primo Carvalho, chef du département des associations qui recevait les protagonistes. Ensuite ce fut au tour de Yéli Sissoko d’être entendu toujours par le fameux Carvalho et en présence du ministre des Sports qui avait à ses côtés A noter Amadou Diarra Yalcoué, Ibrahim Fomba tous deux conseillers du ministre, du directeur national de l’éducation physique, M. Sidibé, du représentant de l’Ambassade du Mali en Suisse, M. Thiam. Après avoir compris que son sort est désormais scellé, le président de la fédération malienne de football, Boubacar Baba Diarra n’avait d’autre choix que de demander à son parrain Primo Carvalho et le ministre des sports, Housseini Amion Guindo de supplier l’émissaire du Collectif, Yéli Sissoko d’accepter l’organisation d’une assemblée générale extraordinaire le 29 novembre 2016. Mais hélas pour le natif de Koniakari, sa proposition pardon son piège sera rejeté. Face à ce constat d’échec, la balle est désormais dans le camp du ministre des sports pour finir définitivement avec la crise qui n’a que trop duré.

Voilà ce qui s’est passé dans les locaux de la FIFA
Au cours de son audience, Boubacar Baba Diarra n’avait que ses yeux et sa bouche pour pleurer en priant Primo Carvalho (son complice de la prétendue assemblée générale ordinaire du 31 octobre 2015 dont les décisions ont été annulées par la sentence du TAS du 4 octobre 2015) de peser tout son poids pour convaincre le représentant du Collectif de lui laisser terminer son mandat. Pour cela Baba Diarra propose la tenue d’une assemblée générale extraordinaire avec les autres points mentionnés dans la sentence de la cour suprême du football mondial excepté le point de sa révocation. Mais c’était sans compter sur l’envoyé du Collectif qui ne demande que l’application de la sentence du TAS prononcée le 4 octobre 2016. « Tout ce que nous demandons c’est que vous nous disiez quelles sont les dispositions que la FIFA doit prendre après la forclusion constatée et avérée de Boubacar Baba Diarra de convoquer une assemblée générale ordinaire. Nous ne sommes pas dupes pour accepter la tenue d’une assemblée générale extraordinaire qui serait une violation de la sentence du tribunal arbitral du sport et susceptible d’être attaquée par le même Baba Diarra. On veut nous pousser à la faute que Baba a commise » a fait savoir Yéli à Carvalho. Contrairement à ce qu’on veut faire croire à l’opinion nationale, la FIFA n’est pas au dessus du TAS. L’exemple le plus récent c’est le cas du Maroc qui a été suspendu de toute participation aux éliminatoires des CAN 2017 ET 2019 et des CM 2018 et 2022 par la CAF et la FIFA pour son refus d’organiser la CAN 2015 pour cause d’Ebola. Et c’est le TAS qui a annulé ces sanctions qui se sont imposées à la CAF et à la FIFA. Conséquence le Maroc est qualifié pour la CAN 2017 et participe aux éliminatoires de la coupe du monde 2018. Le cas des suspensions de six ans de Sepp Blater(qui est plus âgé que Baba Diarra), de Jérome Valcke et de Michel Platini chacun est la parfaite illustration que la FIFA n’est pas au dessus du TAS. Et l’article 59 des statuts de la FIFA est sans équivoque : « La FIFA reconnait la juridiction du tribunal arbitral du sport(TAS) en matière de litiges internationaux » Même la FEMAFOOT reconnait la juridiction suprême du football mondial dans son article 123.1 : « La FEMAFOOT reconnait le TAS en matière de litiges internationaux ,se soumet et s’assure de la soumission de ses membres, joueurs, officiels, agents de matches et de joueurs à toutes les décisions définitives prises par un organe de la FIFA ou le TAS ». Pour ceux qui ne le savent pas il faut noter que le code de Règlement procédural du TAS, en son Article R46 sentence stipule : « La sentence est rendue à la majorité ou, à défaut de majorité, par le/la Président(e) de la Formation seul(e). La sentence est écrite, datée et signée. Elle est sommairement motivée, sauf si les parties en conviennent autrement. La seule signature du/de la Président(e) de la Formation ou celles des deux co-arbitres, si le/la Président(e) ne signe pas, sont suffisantes. Avant la signature de la sentence, celle-ci doit être transmise au/à la Secrétaire général(e) du TAS qui peut procéder à des rectifications de pure forme et attirer l’attention de la Formation sur des questions de principe fondamentales. Les éventuelles opinions dissidentes ne sont pas reconnues par le TAS et ne sont pas notifiées. La Formation peut décider de communiquer aux parties le dispositif de la sentence avant la motivation. La sentence est exécutoire dès communication écrite du dispositif par courrier, télécopie et/ou courrier électronique. La sentence notifiée par le Greffe du TAS est définitive et exécutoire, sous réserve de recours selon les circonstances, conformément au droit suisse, dans un délai de 30 jours à compter de la notification de la sentence originale. Elle n’est susceptible d’aucun recours dans la mesure où les parties n’ont ni domicile, ni résidence habituelle, ni établissement en Suisse et ont expressément renoncé au recours dans la convention d’arbitrage ou dans un accord conclu ultérieurement, notamment en début de procédure ».
La triste fin de l’ère d’un mythomane hors-pair et d’un manipulateur pervers
Face à l’échec de la pression de la FIFA à travers son complice Primo Carvalho sur l’envoyé du Collectif en la personne de Yéli Sissoko, au lieu de jeter l’éponge, Boubacar Baba Diarra tente de faire croire à l’opinion nationale que la FIFA ne jure que par lui même si l’état malien décide de le débarquer de la présidence comme si la FEMAFOOT est le fruit de son héritage familial. Pour forcer l’Etat et les maliens à le croire, le Général pleurnichard dit à qui veut l’entendre que s’il est débarqué lors de l’assemblée générale prochaine, le Mali sera suspendu de toutes les compétitions internationales. Mieux il tente un dernier baroud ‘honneur en jouant à la victimisation en accusant le ministre des sports d’être la source de ses malheurs. Or le natif de Koniakari a eu quatre occasions pour rentrer dans l’histoire en mettant fin à cette crise. Il s’agit de la première plainte du TAS rejetée, de la suspension de la 2e plainte avant qu’elle ne soit relancée (qui a conduit à la sentence du TAS du 4 octobre 2016), de l’opportunité de la médiation du président de l’Assemblée Nationale et enfin du non respect du délai de convocation de l’assemblée générale ordinaire de la sentence du 4octobre 2016.Pour Yéli Sissoko, Baba Diarra tente de tuer le temps car il doit justifier la gestion de plus de 3 milliards et mieux il sait pertinemment que Primo Carvalho ne peut plus le sortir de ce pétrin. Du coup le président de la fédération malienne de football n’a d’autres moyens que de tomber honteusement dans des mensonges grossiers, dans la délation, dans des chantages contre l’Etat.

Plainte déposée contre Primo Carvalho devant la Commission d’éthique et de discipline de la FIFA depuis hier lundi 7 novembre
Il a fallu attendre la sentence du TAS pour démasquer l’origine des malheurs du football malien depuis le 10 janvier 2015. Il s’agit du chef du département des associations de la FIFA, Primo Carvalho tout simplement il est mouillé jusqu’au cou. On se rappelle que c’est ce dernier qui est venu ‘’légitimer’’ le comité exécutif illégal de la fédération malienne de football et s’est réjouie de la tenue et des décisions prises lors de la prétendue assemblée générale du 31 octobre 2015. Et dans une interview publiée dans un journal de la place en 2015, il avait affirmé haut et fort et qui voulait l’entendre que la FEMAFOOT n’a reçu que 250 000 dollars alors que la FEMAFOOT a reçu 1 .350.000 dollars de la part de la FIFA. On comprend aujourd’hui pourquoi il a mis plus de quatre heures à supplier l’émissaire du Collectif, Yéli Sissoko à accepter la proposition de son ami. On comprend maintenant pourquoi ce lèche-cul est banni au Togo et au Bénin. D’ailleurs une plainte a été déposée depuis hier lundi 7 novembre contre Primo Carvalho à la commission éthique et de discipline de la FIFA pour avoir couvert Baba Diarra sur les violations flagrantes et détournements de fonds de la FEMAFOOT. En attendant Boubacar Baba Diarra doit justifier environ 6 milliards sans oublier les ristournes issues de la participation des Cadets et des Juniors à la coupe du monde et celles du CHAN dernier.

Le ministre des sports, victime de son impartialité
S’il y a un protagoniste de la crise qui a bénéficié du soutien de l’Etat malien c’est bel et bien Boubacar Baba Diarra et ses soutiens. En effet pendant les deux saisons écoulées (2014-2015 et 2015-2016), la fédération a bénéficié de l’accompagnement financier et matériel à travers les salaires, les primes, les billets d’avion des joueurs , du staff technique et des responsables fédéraux lors des compétitions internationales des différentes équipes nationales et des clubs pour les compétitions africaines, la location des stades pour l’ensemble de tous ces matches, la protection de la sécurité des officiels maliens et étrangers. Personne n’a la mémoire courte lorsque le ministre déclarait lors de son interpellation à l’Assemblée Nationale ainsi qu’à la Maison de la Presse que l’Etat ne reconnait que Boubacar Baba Diarra en tant que président de la fédération. Ce qui a attiré la foudre des responsables du Collectif et qui n’ont pas hésité à accuser le ministre des sports de partialité. Malgré les multiples médiations menées mais sans succès du CNOSM, des leaders religieux, de la société civile, de Dioncounda Traoré, ancien président de la transition, d’Issiaka Sidibé, président de l’assemblée nationale, l’Etat a fermé les yeux en laissant Boubacar Baba Diarra semer le chaos et la désolation dans le football malien à travers ses mensonges grotesques et ubuesques allant jusqu’à donner l’impression d’être le président de la république du Mali en traitant le ministre Guindo d’incompétent. Mais face à la sentence du TAS du 4 octobre dernier, l’Etat a obligation d’agir pour sauver le football malien en prenant toutes ses responsabilités. Ce qui ne plait pas à Boubacar Baba Diarra et ses ouailles qui ont aussitôt déclenché une campagne haineuse et de dénigrement en son encontre. « J’ai accepté de faire le déplacement parce que tout simplement c’est un ministre de la république du Mali. Je ne voudrais pas qu’il soit humilié devant la FIFA. C’est tout sinon je n’étais pas obligé de me rendre à Zurich » a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse tenue le 4 novembre dernier. Mais tous les maliens ne sont dupes et naïfs car Housseini Amion Guindo est parti à Zurich parce qu’il est un ministre de la république. Une chose est claire et nette, face au désaccord constaté à l’issue des audiences des protagonistes de la crise en présence du ministre des sports le 1er novembre dernier, le football malien ne sera pas suspendu par la FIFA même si c’est le souhait de Boubacar Baba Diarra et de son secrétaire général. Les exemples de la Guinée, du Togo, du Benin et de la Siéra-Léone sont là pour attester cela. Mais les diatribes orchestrées par Boubacar Baba Diarra et ses ouailles contre le ministre des sports ces derniers temps démontrent à suffisance leur panique et leur désarroi. Et leurs mensonges grotesques et ubuesques ne sont que le reflet de leur statut social. Mais le ministre des sports ne les répondra pas comme eux qui ne pensent uniquement à défendre leurs intérêts personnels et s’attèlera uniquement à défendre les intérêts de l’Etat malien. Et c’est qu’il fait depuis qu’il a eu la lourde et exaltante tâche de diriger ce ministère très stratégique dans la recherche de la paix et de la réconciliation nationale du pays entamée depuis le 15 mai 2015.

Rassemblées par Saïd

08 Novembre 2016