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C’est par ses propos que le Président béninois s’est prononcé le vendredi dernier sur la situation du Mali : « Pour nous faciliter la tâche, il faut absolument que les militaires retournent dans leurs casernes et surtout, qu’ils cessent leur interférence dans la vie politique malienne pour que nous puissions obtenir l’appui de nos partenaires qui ont font des préalables… ».

Et Thomas Boni Yayi, d’enfoncer le clou : « Et c’est pourquoi franchement parlant, nous voulons demander au Capitaine Sanogo de se retirer de l’animation de la vie politique du Mali. Pour nous simplifier la tâche, Il peut prendre la retraite et redevenir civil…». C’est en tout cas une solution de sortie sociopolitique honorable pour le Capitaine. Mais l’acceptera-t-il ? L’homme fort de Kati doit comprendre qu’il est devenu « une arrête dans la gorge » des Chefs d’Etat du bloc sous-régional. Son entêtement à vouloir coûte que coûte s’immiscer, voire s’impliquer dans la vie politique malienne pourrait lui coûter très cher car si l’on se réfère à plusieurs exemples sur le continent africain, on peut en déduire qu’Amadou Haya Sanogo est en train de jouer avec le feu, surtout que l’avenir immédiat risque d’être pour lui une équation à double inconnu. Aurait-il oublié le cas du Général-Président ATT. Bien que ce dernier ait démissionné de l’armée malienne, son passé a fini par le rattraper car ATT est avant tout un putschiste qui avait mis fin au régime du

Général Moussa Traoré. Mais où se trouve-t-il actuellement ?…
C’est pourquoi le Capitaine Sanogo doit également savoir que même s’il démissionnait de l’armée pour revenir à la vie civile et que son ambition de devenir un jour Président de la République lui taraude l’esprit, qu’il sache que ce même peuple qui l’acclame aujourd’hui le rejettera demain, comme ce fut le cas de l’ex-Président ATT. Que le Capitaine Sanogo sache surtout qu’il est un putschiste et qu’il se rappelle par conséquent que « celui qui règne par l’épée périra par l’épée ». Qu’il réfléchisse donc mûrement avant de se décider.

Dans le cas contraire, demain, il aura à tirer toutes les conséquences de son acte. Il sera également bon pour lui de réfléchir sur le discours « musclé » du président en exercice de l’Union africaine, Thomas Boni Yayi, surtout quand on sait que « quelle que soit la durée de la nuit, le jour se lèvera » et qu’on ne lui souhaite pas de finir sa carrière confiné dans une prison d’être exilé comme son frère d’arme guinéen Moussa Daddis Camara. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Alors, s’il est vraiment Malien et qu’il pense réellement à la souffrance du peuple malien, que le Capitaine laisse la communauté internationale apporter le plus tôt possible son aide au mali pour que le pays en finisse une fois pour toutes avec ses rebelles qui occupent les deux tiers du territoire.

Paul N’Guessan

Le Combat du 17 Décembre 2012