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Visé par une plainte de certains de ses collaborateurs pour refus d’exécuter une décision de justice, le Vérificateur général, Sidy Sosso Diarra a été placé sous mandat de dépôt hier en fin de matinée par le juge d’instruction de la Commune IV.

La nouvelle de l’arrestation de celui que les Maliens considéraient jusque-là comme le « Monsieur propre » de la République, chargé de traquer les délinquants financiers, a fait un tollé hier à Bamako en fin de matinée. Sidy Sosso Diarra est en délicatesse avec la justice pour être sous le coup d’une plainte initiale pour « abus de biens sociaux », de la part de son adjoint, le contrôleur général de police, Modibo Diallo. C’est pourquoi, il a été entendu durant sept heures par le procureur de la République, Sombé Théra, le mercredi 25 mars 2009.

Arrivé hier en fin de matinée dans un cortège de quatre véhicules 4×4 de son service et suivi par une armée d’avocats, il a été entendu par le juge d’instruction du Tribunal de première instance de la Commune IV, Dramane Diarra, suite à une plainte de certains de ses anciens collaborateurs pour « rébellion, opposition à l’autorité légitime et forfaiture ».

Après audition, Sidy Sosso Diarra a fait l’objet d’un mandat de dépôt qui est l’autorisation délivrée par un juge d’instruction à un régisseur de prison de garder un inculpé. Mais arrivé à la Maison centrale d’arrêt aux environs de 13 h dans une Mercedes banalisée, le Végal est retourné aussitôt auprès du juge d’instruction de la Commune IV.

Des informations faisaient état de sa sortie incognito de prison. Ce qui est sûr, il est resté pendant des heures au secrétariat du Procureur de la République près le Tribunal de première instance de la Commune IV. Il a été renvoyé à la MCA aux environs de 16 heures.

Malgré les appels du pied

Ce qui justifie sa conduite en prison est ce bras de fer qui l’oppose depuis le mois de novembre 2008 à des cadres fonctionnaires de son service, qu’il a renvoyés à leur corps d’origine en demandant leur mise en disponibilité et non le détachement. Ces cadres, composés de magistrats, d’administrateurs civils, de policiers, entre autres, se sont vus dans leur droit d’ester en justice contre la volonté de Sidy Sosso Diarra de se débarrasser d’eux.

Le groupe de cadres concernés avec à sa tête le magistrat Daniel Amagoin Tessougué, a saisi de prime abord la section administrative de la Cour suprême en réclamant l’annulation de la décision les concernant pour « abus de pouvoir ». La Cour suprême, dans un premier temps, a ordonné le sursis à exécution de la décision dont elle n’avait pas reçu la mémoire en défense du Bureau du Végal avant de dire le droit en faveur des plaignants.

La goutte d’eau qui fera déborder le vase est le refus du Végal d’exécuter l’arrêt de la section administrative de la Cour suprême plaidant en faveur des fonctionnaires. Sidy Sosso Diarra qui venait ainsi de fouler au pied une décision de justice se défendait partout que le Bureau du Végal « a besoin d’agents en disponibilité et non de fonctionnaires en détachement » et qu’il ne se plierait devant qui que ce soit.

Dans son « blitzkrieg », il n’a pas daigné obtempérer à l’intervention de Me Abdoul Wahab Berthé, ministre du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, qui lui avait recommandé de reconsidérer sa position en acceptant de reprendre ses collaborateurs sous leur statut de fonctionnaires.


Abdrahamane Dicko

01 Avril 2009